Opinion
1 Novembre 2022
Pour le serment au roi
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C’est un sacré charivari qui s’est passé la semaine à la Chambre des communes avec la motion déposée par le Bloc Québécois pour abolir la monarchie. Ce parti qui ne représente que ma province au niveau fédéral porte bien son nom : il est là pour faire du blocage. La tirade d’Yves-François Blanchet et de ses troupes n'a pas d’autre but que d’inciter le reste du Canada à accorder aux séparatistes québécois l’indépendance qui est leur fonds de commerce.
Le député Denis Trudel a fait un beau numéro de cirque en éructant en faisant de grands gestes et presque en hurlant que les députés qui prêtent serment au roi se livrent à une comédie. Il doit savoir de quoi il parle puisque sa biographie mentionne qu’il est acteur de métier. Apparence qu’il y a comme une pandémie de comédiens dans le monde politique international. Même Donald Trump, qui a eu son émission de télévision, a fait des caméos à Hollywood!
Parlons justement du bonhomme Trump. Veut-on d’un tel épouvantail comme chef d’État au Canada ? Ou d’un Poutine, ou d’un Kim-Jong-Un. Voilà ce qui risque de nous arriver si nous suivions la logique des députés bloquistes et que nous mettions fin à la monarchie pour avoir un chef d’État élu. Un populiste, puis un autocrate et enfin un dictateur. Nos voisins du sud ne sont pas à l’abri. Ça brasse là-bas, et les partis se dirigent de plus en plus vers les extrêmes de droite et de gauche.
Le système de Westminster n’est pas parfait, aucun ne l’est, mais c’est le moins pire. C’est l’arbitre qui met la balle au centre. Charles III, et après lui William V, seront les meilleurs remparts symboliques contre un basculement vers le totalitarisme. Prêter serment au roi, c’est prêter serment à notre démocratie parlementaire et jurer sur son honneur qu’on maintiendra l’État de droit et les libertés individuelles au Canada.
Armand Lafrance
Montréal (QC)
