Opinion
18 Octobre 2022
Les voyages forment aussi la vieillesse
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Un vieil adage dit que les voyages forment la jeunesse. Par la présente chronique je vais essayer de démontrer et de valider que les voyages forment aussi les plus vieux.
J’arrive d’un merveilleux voyage de trois semaines en France et en République Tchèque. Quel enchantement, quel bonheur! Ce qui m’a aidé à apprécier autant ce voyage, c’est que j’y ai de la famille héritée de mon épouse Béatrice, décédée en 2010, et des amis. J’y ai été accueilli avec beaucoup d’amour et d’attention.
L’avantage d’y avoir de la famille et des amis est que cela permet de s’introduire dans des foyers français. Ce faisant, ça permet de mieux comprendre comment les Français vivent au quotidien. Ça permet de sortir des circuits touristiques comme tels. Ce n’est pas donné à tous les touristes d'avoir cette chance. Mais on peut aussi voyager sans famille ni amis, comme le démontre mon petit séjour à Prague.
On m’avait dit que Prague était la plus belle ville du monde. C’est ce que je voulais voir. Je n’y connaissais personne. C’est en effet une ville magnifique, remplie d’histoire et de musique. C’était spécial de se retrouver dans un pays dont on ne connaît pas la langue, et même l’histoire. Les transports en commun sont gratuits pour les plus de 65 ans, ce qui est merveilleux. Mais ceci étant dit, je continue à croire malgré tout que Paris reste la plus belle ville du monde.
Paris reste la plus belle ville du monde tant par son histoire aux volets multiples, que par la culture omniprésente. Je suis allé au jazz, voir cinq films, assister à une comédie musicale et à un spectacle Vivaldi. Il est fascinant d’y retrouver des restaurants et des bars-terrasses presque à tous les coins de rue. Mon sport préféré à Paris est justement de m'asseoir à une terrasse, consommer une boisson, et regarder les gens passer. En deux heures, j’y vois plus de monde que je ne le vois à Moncton pendant un an. Le système de transport en commun est hors pair. Je le confirme : les Parisiens sont devenus gentils.
Il faut être prêt à toutes les éventualités quand on voyage: il n’y a pas que du bon. On rate parfois son avion. On se fait voler son cellulaire. Les bagages ne nous suivent pas toujours. Il faut vivre avec le décalage horaire. Mais ce sont des désagréments qui ne peuvent entacher l’ensemble de l'œuvre du voyage comme tel.
Il serait peut-être sage quand on voyage d’éviter les plus grands aéroports de ce monde comme Paris, Londres ou New York. Il faut beaucoup marcher dans ces aéroports, et il y a beaucoup d’attente en ligne pour s’enregistrer et passer la douane: ça rend souvent les correspondances difficiles. On peut rentrer en France par Lyon, Marseille, Nice.
Lors de la dernière étape de mon voyage à partir de Toronto (ayant raté mon vol par Montréal), j’ai été fasciné de constater qu’à peu près 75% des voyageurs pour Moncton étaient des Acadiens et Acadiennes. Ça venait de Seattle, Hawaï, du Mexique, d’Italie, de l’ouest canadien… et de Paris comme moi. Il semble que nous voyageons de plus en plus, et c’est bon pour le moral de notre peuple.
Le continent européen est excessivement beau et bon. Il est à se demander parfois pourquoi on a décidé d’émigrer au Canada et en Acadie. La politique y est plus qu’intéressante. Ça bascule de la gauche à la droite, et vice-versa. Ça respire la liberté, l'égalité et la fraternité. Il me semble que l'intégration intercommunautaire est réussie. L’histoire, la gastronomie et la culture sont omniprésentes. Je disais aux Français que j’avais encore cette fierté de provenir de la France, et celle que mes ancêtres avaient contribué à leur bâtir un si beau pays de par ses magnifiques bâtiments et monuments. De fait, ce beau pays nous appartient encore! Il faut toutes et tous y aller un jour, si possible. Envoyez vos jeunes y faire un tour.
Donc, voyager, ça forme aussi la vieillesse, et c’est la grâce que je vous souhaite! Mais, qu'il est bon de revenir chez soi malgré tout, avec les batteries suffisamment rechargées pour passer l'hiver qui s'en vient.
