Opinion
11 Octobre 2022
« Bonjour… » « English! »
- Partager
Le Canada est fier d’accueillir les gens venant d’ailleurs. Avec raison, plusieurs personnes avec lesquelles je suis en contact soutiennent que, sans la présence des gens venant en dehors de notre pays, notre fragile économie ne se porterait pas si bien. Sans eux, maints commerces seraient obligés de fermer leurs portes faute de pouvoir combler les postes vacants.
Toutefois, sans vouloir exprimer la moindre opposition à la venue d’étrangers dans notre province, je remarque qu’il est devenu de plus en plus ardu de se faire servir dans notre propre langue. En effet, si vous demandez en français un petit café avec lait et sucre, dans certains restaurants, attendez qu’on exige de vous que vous soyez bilingues! En revanche, cela arrive assez souvent avec les employés qui sont nés dans notre propre province. Ils sont incapables de comprendre 5 ou 6 mots de la langue de Molière.
Quelques semaines passées, dans un village où les gens sont particulièrement fiers de leur langue, je suis entré dans un magasin. J’ai tout simplement dit : « Bonjour! » en français. Dès ce bonjour prononcé, j’ai demandé si on vendait du bois dans ce magasin. La personne m’a répondu en anglais : « English! ». J’ai tout bonnement continué ma marche vers un autre employé et j’ai goûté à la même situation : « English! » Ce mot a été prononcé comme si l’employé exigeait que je lui parle en anglais.
Il me semble que les employés devraient être mieux entraînés à accueillir les clients avec plus de politesse et de considération. Ils pourraient tout simplement répondre : « I do not understand French » au lieu d’ordonner aux clients à parler la langue de Shakespeare!
Dans tous les cas, depuis un certain temps, j’ai la nette impression que notre langue est de moins en moins respectée et perd auprès de nos écoliers et de la population le prestige et la fierté qu’elle mérite. Vous seriez surpris si je vous disais combien de nos jeunes et nos adultes communiquent de plus en plus anglais sur les réseaux sociaux, ou encore qu’ils achètent et lisent davantage les journaux anglais au lieu des nôtres, et même qui privilégient la télévision, les livres et les radios de nos compatriotes anglophones.
Est-ce vrai que nos étudiants à l’université de Moncton éprouvent des difficultés en français ? Ne pensez-vous pas que ce même problème existe aussi au niveau scolaire?
Acide F. LeBlanc
Moncton
