Culture

Les échos de la jeunesse aventureuse de l’artiste-peintre Denise Cormier-Mahoney


Jeannita Thériault
Le Moniteur Acadien


Née au sud de la frontière canadienne, Denise Cormier-Mahoney a été élevée à Memramcook par des parents qui étaient Acadiens. «Dans les années 50, mes parents ont déménagé aux États-Unis pour trouver de meilleurs emplois, et c’est là que je suis née».

La famille est revenue dans la région au bout de quelques années. Les circonstances de la petite enfance de Denise ont développé ses compétences linguistiques.

«Lorsque mes parents sont retournés à Memramcook, ils nous ont placées à l’école française. Étant un si jeune enfant à l’âge de six ans, j’étais bilingue lors du Noël de ma première année».

Jeune fille aventureuse qui grimpait aux arbres, Denise attrapait des grenouilles et collectionnait des têtards dans des bocaux. Elle allait souvent dans la forêt derrière sa maison, ou à la grange d’à côté où elle passait des heures en laissant couler son imagination.

Entre sa 11e et sa 12e année à l’école secondaire, elle a passé l’été à Louisbourg, au Cap Breton, avec son oncle Yvon LeBlanc. Ce grand architecte acadien était le frère de sa mère. Il avait épousé une parisienne prénommée Denise.

« J’avais un lien particulier avec eux et j’ai beaucoup appris de leur approche aventureuse de la vie. Mon oncle Yvon était l’architecte en chef chargé de reconstruire la forteresse de Louisbourg. J’ai donc vécu de nombreuses aventures lors des visites aux chandelles quand nous portions des costumes, tous les trois, et que nous jouons des rôles en tant qu’habitants du XVIIIe siècle».

Lorsqu’il a pris sa retraite, son oncle et son épouse sont retournés en France dans le petit village de Bourron-Marlotte, près de Fontainebleau. « Ils ont eu une grande influence sur mon art et m’ont ouvert l’esprit à de nombreux artistes grâce à nos visites dans les musées de Paris », confie Denise.

Par la suite, Denise a étudié les beaux-arts au Nova Scotia College of Art & Design à Halifax. Durant sa dernière année, elle a rencontré son futur mari qui travaillait à bord d’un sous-marin américain. «Nous nous sommes mariés en 1984 et nous avons vécu dans de nombreux États ainsi qu’en Sardaigne, en Italie».

Après leur dernière tournée à Seattle et la retraite, ils ont décidé de retourner sur la côte Est. Ils se sont acheté une maison à Memramcook en 2011. «Depuis que j’enseignais les arts au niveau secondaire, je retournais chaque été et je profitais de ma famille et de mes amis. En 2020, nous avons déménagé dans notre belle petite maison dans la Vallée».

Gustav Klimt et les impressionnistes ont exercé une grande influence sur Denise lorsqu’elle était étudiante. «Dès mes études de maîtrise, j’ai découvert une grande influence dans Hollis Sigler qui créait d’incroyables histoires visuelles. Elle racontait les histoires de sa propre vie auxquelles d’autres personnes pouvaient s’identifier».

C’est à partir de cette influence que Denise a décidé de regarder sa vie et de développer son travail le plus honnêtement possible dans une série intitulée ECHOES. Dans celle-ci, elle plonge dans ses souvenirs d’enfance et les échos de sons oubliés depuis longtemps.

En tant qu’artiste multimédia, elle utilise une fusion dynamique de peinture acrylique, de feuille d’or et de papier fait main pour donner vie à ses concepts contemporains. Le résultat est une tapisserie intime et complexe d’éléments visuels, invitant les spectateurs à explorer la myriade des couches de détails et de formes.

Jusqu’à présent, Denise a surtout exposé ses œuvres aux États-Unis. Elle se dit très honorée de finalement pouvoir montrer son travail de cœur d’Acadienne « à mon peuple acadien ».

Huit tableaux de la série ECHOES sont exposés au Centre des arts et de la culture de Dieppe, et ce, jusqu’au 3 octobre prochain.