Culture

« La vallée des possibles » enchante le public à Memramcook


Une soirée magique et cinématographique s’est déroulée mardi 8 août 2023 au Monument-Lefebvre à Memramcook. Le très attendu film « La vallée des possibles » a été projeté devant un public enthousiaste.

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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien



«La vallée des possibles nous a encore fait vivre de belles émotions. Ce court-métrage est un petit bijou pour Memramcook et l'Acadie», témoigne un spectateur, Paul Auffrey, pour Le Moniteur Acadien. En effet, lorsque l’histoire se raconte en musique au cinéma, la rencontre de différentes formes d’art fait jaillir la beauté et suscite des sensations plus vastes que les sept notes de la gamme.


(Julie Aubé, narratrice et conteuse, devant la chapelle de Beaumont. Photo : Paul Auffrey)

Dans le cadre des Causeries du mardi au Monument-Lefebvre, le compositeur Jean-François Mallet a présenté le contexte de l’oratorio «La vallée des possibles» dont il assure la direction musicale. Créée à Memramcook en 2014, cette pièce de théâtre, qui relate l’histoire de la fondation du Collège Saint-Joseph dans le contexte de la renaissance acadienne au dix-neuvième siècle, a pris un virage numérique sous la forme d’un court-métrage de 23 minutes. Le moins que l’on puisse dire est que celui-ci n’a laissé personne indifférent.

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(Le compositeur Jean-François Mallet. Photo : Paul Auffrey)

À la fin de la projection, les applaudissements ont retenti et les spectateurs étaient ravis de partager leurs réactions et leurs impressions à chaud. Aux dires de certains parmi les quelque 175 personnes présentes, il s’agit d’un chef-d’œuvre qui gagnerait à devenir un long métrage. Plusieurs se plaisent à penser que ce film pourrait faire le tour du monde et valoir à ses auteurs, dans différents festivals, autant de prix que ceux que remportent les réalisations du cinéaste Phil Comeau.

«C’était absolument fantastique! Dès la première note, j’en avais des frissons», déclare Ulric tout en indiquant qu’il avait passé la journée à attendre la projection avec impatience.

«Excellent court-métrage, j’ai adoré», renchérit Raymond Gaudet qui s’est dit «ému aux larmes». «Quel beau titre! Je suis touchée et émue de voir que tout est possible à Memramcook», ajoute Odette LeBlanc, une ancienne présidente de la Société culturelle de Memramcook, qui estime que cette œuvre puissante et inspirante devrait être projetée aux élèves et à leurs familles.

«La magie qui opérait lors de la création originale de cette œuvre opère toujours, proclame pour sa part Paul-Eugène LeBlanc. Le court-métrage présenté, qui se veut un premier pas dans l'espoir de recréer sur film l'ensemble de cette œuvre magistrale, faisait justice à l'œuvre originale et démontrait la nécessité et l'urgence de compléter ce projet!»

M. LeBlanc mentionne ce qui, à ses yeux, est vraiment remarquable et reflète la magie opérante. Même si le projet initial est né à Memramcook dans l'imagination de quelques membres de la Société culturelle de la Vallée de Memramcook, bien des membres de l'équipe de création et des artistes ne sont pas originaires de la vallée.

Les possibles sont infinis

Carole Chouinard, directrice générale du Monument-Lefebvre, visionnera le film lorsque son emploi du temps très chargé le lui permettra. D’ores et déjà, elle a des projets plein la tête.

«J’aimerais bien le présenter à nouveau durant le Festival du film de Memramcook, confie-t-elle au Moniteur Acadien. À suivre!»

Emporté par un enthousiasme militant, Paul-Eugène LeBlanc ne résiste pas à lancer un appel propre à faire vibrer la corde sensible de ses concitoyens. Le bâtiment qui abritait le collège fondé par le père Camille Lefebvre, devenu par la suite l’Institut de Memramcook, est fermé depuis une dizaine d’années. Après une succession de rebondissements avec les autorités à Fredericton, l’avenir de cet édifice patrimonial est toujours incertain.

«Pourrions-nous oser croire que le récit du courage et de la conviction de nos ancêtres qui, en 1864, ont réussi l'impossible, pourrait inspirer leurs descendants à reprendre courage et sauver le monument historique qui croupit actuellement sous la botte des descendants de nos bourreaux? Serons-nous à la hauteur des possibles que nos ancêtres nous ont légués?»

Et pourquoi pas? De façon quelque peu apocryphe, on attribue à Mark Twain et à d’autres la citation suivante : «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors, ils l’ont fait.» Plus certainement, comme le dit Antonine Maillet dont la phrase accueille les touristes au Pays de la Sagouine à l’entrée du parcours nocturne Akadi Lumina : «Les possibles sont infinis.» Les gens de la belle vallée de Memramcook n’ont pas encore dit leur dernier mot.