Culture
27 Août 2025
SE RENOUVELER OU DISPARAÎTRE : UN DÉFI POUR LE CONCOURS ACCROS DE LA CHANSON
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L’émotion est palpable dans le milieu culturel acadien après l’annonce, par la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB), de la suspension du concours Accros de la chanson. La 22e édition n’aura pas lieu en 2025-2026.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Les temps sont durs pour tout le monde, y compris pour les organismes qui bénéficient de l’argent public. L’inflation a un impact sur tous les secteurs, et celui des arts et de la culture n’y échappe pas.

L’équipe de la FJFNB à l’issue de la conférence de presse annonçant la mise sur pause du concours Accros de la chanson. (Photo : Damien Dauphin)
En conférence de presse mercredi dernier, le président de la FJFNB, Antoine Chiasson, a révélé que cela fait déjà plusieurs années que la Fédération puise dans ses fonds de fonctionnement pour financer correctement Accro de la Chanson. Et ce, même avec l’aide de ses plus grands partenaires: le gouvernement du Canada, le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le présentateur officiel du concours, UNI Opération Financière.
«Cette façon de fonctionner n'est tout simplement plus viable pour l'organisme et pour sa pérennité. Cette décision difficile, mais nécessaire, a été prise à la suite de plusieurs discussions et après avoir pris en considération plusieurs facteurs.»
Lara Boudreau n’a pas dissimulé sa tristesse. En participant à Accros de la chanson, elle a développé un sens de la discipline et de la rigueur qui lui a ouvert de nouveaux horizons.
«Le rôle d'Accros dans l'affirmation identitaire francophone est immense. Ça permet aux jeunes de chanter dans leur langue et à en être fiers de qui ils sont», a-t-elle relaté.
Ancienne lauréate du concours et ancienne présidente de la FJFNB, Clémence Langlois est du même avis. Accros de la chanson a permis à son groupe, Écarlate, de percer sur la scène musicale francophone néo-brunswickoise.
Une campagne de financement
C’est à Mme Langlois qu’est revenu l’honneur d’annoncer une campagne de financement intitulée «J’ai Accros à cœur».
La levée de fonds a deux volets. Outre la récolte de dons, des marchandises vont être mises en vente sur le site web de la FJFNB. Celles et ceux qui ont des moyens limités peuvent également apporter leur pierre à l’édifice.
«Pour les jeunes ou les personnes qui ont moins les moyens mais qui veulent quand même participer, on invite les gens à faire des témoignages sur les réseaux sociaux, soit en vidéo ou en photo, des anecdotes de pourquoi le concours est important pour eux et pourquoi ils souhaitent que ça reste dans la communauté», précise Clémence Langlois.
Repenser le modèle et innover
L’année de pause ouvre une période de réflexion sur l’avenir du concours, comme l’explique Lara Boudreau.
«Il faut se serrer les coudes pour que la prochaine génération d'artistes continue d'avoir du soutien. Cette pause, bien qu'inattendue, est nécessaire afin de grandir un Accros qui perdure dans le temps, tant pour nos jeunes artistes que pour l'industrie musicale de notre province.»
Selon Antoine Chiasson, l’année qui s’ouvre est une opportunité pour repenser la formule d'Accros et faire preuve d’innovation en la matière. La Fédération explore notamment les moyens d’étendre la formule du concours pour rejoindre d'autres formats de discipline artistique.
«Nous voulons que les jeunes guident ces réflexions afin qu'Accros de la chanson reste au goût du jour pour eux. Nous souhaitons également que toute la communauté ait son mot à dire dans cette discussion, parce qu'Accros appartient avant tout à la culture et à la communauté francophone et acadienne de notre province», a-t-il indiqué.
Réactions d’anciens partenaires
Anthony Azard n’est pas chanteur, mais il a un talent d’animateur qui l’a conduit à présenter le concours. Il fut également secrétaire-trésorier de la FJFNB. L’annonce lui a «fendu le cœur». Selon lui, Accros de la chanson permet aux jeunes francophones de prendre confiance en leurs capacités.
«C'est vrai pour les artistes en herbe qui ont fait une carrière exceptionnelle ou qui ont transmis leur passion le temps de quelques performances. C'est vrai pour les jeunes qui ont pris confiance à écouter et consommer du contenu en français. C'est vrai pour les familles acadiennes et les francophiles, des quatre coins du Nouveau-Brunswick qui ont découvert que la francophonie peut rayonner ici et ailleurs», explique-t-il.
Il invite les parties prenantes à la discussion qui s’engage autour de l’avenir du concours. À son avis, il conviendrait que la réflexion s’étende plus largement au financement des organismes acadiens.
«Je crois que le financement des organismes doit se baser d'abord sur l'impact tangible que ceux-ci ont dans nos régions. Quand un concours provincial a un impact aussi majeur sur le développement de la culture au Nouveau-Brunswick, la question ne devrait jamais se poser.»
Directrice générale du Pays de la Sagouine, Monique Poirier a été formatrice, juge, et porte-parole du concours dont elle a accueilli des lauréats à Bouctouche.
«J’ai vu les retombées, les résultats, les carrières, les chansons, les grands moments de réalisation. Je vois mal une relève musicale francophone acadienne sans Accros de la chanson», assure-t-elle.
À la une : Clémence Langlois (Photo : Damien Dauphin)
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Les temps sont durs pour tout le monde, y compris pour les organismes qui bénéficient de l’argent public. L’inflation a un impact sur tous les secteurs, et celui des arts et de la culture n’y échappe pas.

L’équipe de la FJFNB à l’issue de la conférence de presse annonçant la mise sur pause du concours Accros de la chanson. (Photo : Damien Dauphin)
En conférence de presse mercredi dernier, le président de la FJFNB, Antoine Chiasson, a révélé que cela fait déjà plusieurs années que la Fédération puise dans ses fonds de fonctionnement pour financer correctement Accro de la Chanson. Et ce, même avec l’aide de ses plus grands partenaires: le gouvernement du Canada, le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le présentateur officiel du concours, UNI Opération Financière.
«Cette façon de fonctionner n'est tout simplement plus viable pour l'organisme et pour sa pérennité. Cette décision difficile, mais nécessaire, a été prise à la suite de plusieurs discussions et après avoir pris en considération plusieurs facteurs.»
Lara Boudreau n’a pas dissimulé sa tristesse. En participant à Accros de la chanson, elle a développé un sens de la discipline et de la rigueur qui lui a ouvert de nouveaux horizons.
«Le rôle d'Accros dans l'affirmation identitaire francophone est immense. Ça permet aux jeunes de chanter dans leur langue et à en être fiers de qui ils sont», a-t-elle relaté.
Ancienne lauréate du concours et ancienne présidente de la FJFNB, Clémence Langlois est du même avis. Accros de la chanson a permis à son groupe, Écarlate, de percer sur la scène musicale francophone néo-brunswickoise.
Une campagne de financement
C’est à Mme Langlois qu’est revenu l’honneur d’annoncer une campagne de financement intitulée «J’ai Accros à cœur».
La levée de fonds a deux volets. Outre la récolte de dons, des marchandises vont être mises en vente sur le site web de la FJFNB. Celles et ceux qui ont des moyens limités peuvent également apporter leur pierre à l’édifice.
«Pour les jeunes ou les personnes qui ont moins les moyens mais qui veulent quand même participer, on invite les gens à faire des témoignages sur les réseaux sociaux, soit en vidéo ou en photo, des anecdotes de pourquoi le concours est important pour eux et pourquoi ils souhaitent que ça reste dans la communauté», précise Clémence Langlois.
Repenser le modèle et innover
L’année de pause ouvre une période de réflexion sur l’avenir du concours, comme l’explique Lara Boudreau.
«Il faut se serrer les coudes pour que la prochaine génération d'artistes continue d'avoir du soutien. Cette pause, bien qu'inattendue, est nécessaire afin de grandir un Accros qui perdure dans le temps, tant pour nos jeunes artistes que pour l'industrie musicale de notre province.»
Selon Antoine Chiasson, l’année qui s’ouvre est une opportunité pour repenser la formule d'Accros et faire preuve d’innovation en la matière. La Fédération explore notamment les moyens d’étendre la formule du concours pour rejoindre d'autres formats de discipline artistique.
«Nous voulons que les jeunes guident ces réflexions afin qu'Accros de la chanson reste au goût du jour pour eux. Nous souhaitons également que toute la communauté ait son mot à dire dans cette discussion, parce qu'Accros appartient avant tout à la culture et à la communauté francophone et acadienne de notre province», a-t-il indiqué.
Réactions d’anciens partenaires
Anthony Azard n’est pas chanteur, mais il a un talent d’animateur qui l’a conduit à présenter le concours. Il fut également secrétaire-trésorier de la FJFNB. L’annonce lui a «fendu le cœur». Selon lui, Accros de la chanson permet aux jeunes francophones de prendre confiance en leurs capacités.
«C'est vrai pour les artistes en herbe qui ont fait une carrière exceptionnelle ou qui ont transmis leur passion le temps de quelques performances. C'est vrai pour les jeunes qui ont pris confiance à écouter et consommer du contenu en français. C'est vrai pour les familles acadiennes et les francophiles, des quatre coins du Nouveau-Brunswick qui ont découvert que la francophonie peut rayonner ici et ailleurs», explique-t-il.
Il invite les parties prenantes à la discussion qui s’engage autour de l’avenir du concours. À son avis, il conviendrait que la réflexion s’étende plus largement au financement des organismes acadiens.
«Je crois que le financement des organismes doit se baser d'abord sur l'impact tangible que ceux-ci ont dans nos régions. Quand un concours provincial a un impact aussi majeur sur le développement de la culture au Nouveau-Brunswick, la question ne devrait jamais se poser.»
Directrice générale du Pays de la Sagouine, Monique Poirier a été formatrice, juge, et porte-parole du concours dont elle a accueilli des lauréats à Bouctouche.
«J’ai vu les retombées, les résultats, les carrières, les chansons, les grands moments de réalisation. Je vois mal une relève musicale francophone acadienne sans Accros de la chanson», assure-t-elle.
À la une : Clémence Langlois (Photo : Damien Dauphin)
