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12 Novembre 2024
Léonard Boucher, 99 ans, nous transporte dans le passé
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Ancien militaire, Léonard Boucher a célébré la semaine dernière son 99e anniversaire de naissance en compagnie de son enfant unique, George, ainsi que des membres de sa parenté et amis.
Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
Originaire de Saint-Paul-de-Kent et demeurant à Bouctouche Cove depuis presque quatre décennies, Léonard Boucher est toujours vigoureux, lucide et accueillant. Le fringant nonagénaire s’adonne chaque jour à une longue marche en plein air pour se maintenir en bonne forme physique.
“J’ai été à la petite école jusqu’à la huitième année, et en ce temps-là, il n’y avait pas de plus hauts grades pour continuer. Et pourtant, j’aimais les études! Après ça, j’ai travaillé à la ferme avec mon père”, évoque-t-il.
À l’âge de 18 ans, lors de la Deuxième Guerre mondiale, le jeune Léonard reçut un avis par la poste pour l’informer qu’il devait s’enrôler dans l’armée du pays. “J’ai appris la nouvelle par une lettre enregistrée et je n’avais pas le choix d’y aller. J’ai fait mon premier ‘training’ à Edmundston et ensuite à Tokyo”, raconte le presque centenaire.
Par la suite, il fut transféré à Debert, en Nouvelle-Écosse, où il s’attendait à ce que les soldats de son régiment fussent éventuellement obligés de traverser l’Atlantique en vue d’aller sur les champs de bataille, en Europe et en Russie. Or, il n’en fut rien.
“On a même fait un autre ‘training’ d’un mois de temps aux États-Unis, mais à la fin de ce même mois, on nous annonçait que la guerre était finie et qu’ils n’avaient plus besoin de nous autres”, précise-t-il.
Issu d’une famille de sept garçons et une fille, M. Boucher fait remarquer que deux de ses frères ont aussi servi dans l’armée canadienne mais, comme lui, ils ne sont pas allés outre-mer durant ce conflit mondial qui a pris fin en 1945. Avant même cette heureuse annonce de paix, environ 9000 soldats canadiens étaient toujours sur le qui-vive, ne sachant pas encore s’ils allaient embarquer prochainement sur un bateau de guerre.
“C’était vraiment difficile dans l’armée. Notre commandant était mauvais envers nous autres, surtout qu’on devait parfois coucher dehors en hiver, et même en pleine tempête de neige. Aussi, on nous servait seulement de la soupe au dîner”, a souligné l’ancien soldat acadien.
Parmi ses décorations de guerre, Léonard Boucher s’est vu décerné quelques certificats d’honneur en reconnaissance officielle de son service militaire, ainsi qu’une médaille de la reine Élizabeth II qu’il porte fièrement sur sa veste d’ancien combattant.
De retour à Saint-Paul après avoir accompli son devoir militaire, Léonard travailla dans le domaine de la foresterie pendant une paire d’années. “Ça payait deux piastres par jour tandis que dans l’armée je gagnais 1,60$ par jour. Après ça je suis allé à Toronto où j’ai travaillé pour 36 ans dans un moulin à papier, à 89 cennes l’heure pour commencer. C’est aussi à Toronto que j’ai rencontré Géralda Frigault, autrefois de Saint-Louis, et plus tard nous nous sommes mariés quand j’avais 29 ans. Mon épouse est décédée quatre ans passés, à l’âge de 83 ans”, explique ce bon vivant qui soufflera ses 100 bougies l’an prochain.
Toujours actif et doté d’une personnalité agréable, Léonard prend plaisir à conduire sa voiture pour se rendre à divers endroits de la région, notamment à l’église, au magasin et ailleurs.
Il est à signaler que les paroissiens de Saint-Paul-de-Kent vont célébrer en 2025 le centième anniversaire de la construction de leur église catholique. “C’est l’année de ma naissance. Je vais sûrement participer aux activités de cette fête. En plus, je suis le seul vétéran de la région de Saint-Paul qui est encore vivant”, déclare le sympathique Léonard Boucher.
Ce fervent partisan des Canadiens de Montréal a entamé sa retraite bien méritée à l’âge de 62 ans. À savoir s’il a un secret de longévité, M. Boucher estime que les exercices et une bonne diète s’avèrent des facteurs essentiels à sa bonne santé.
