Communauté
1 Novembre 2023
Alphonse Gionet célèbre aujourd’hui son 105e anniversaire de naissance
- Partager
Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
ROGERSVILLE – Issu d’une famille de huit enfants, Aphonse Gionet est né le 1er novembre 1918 dans la petite communauté paisible de Collette, à proximité de Rogersville. Il a ouvert ses yeux sur le monde alors que la Grande Guerre était sur le point de se conclure sur un armistice, onze jours plus tard. Le centenaire célèbre aujourd’hui même son 105e anniversaire de naissance.
(Alphonse Gionet a fêté ses 105 ans le 1er novembre 2023. Sa fille Barbara Gionet Gallant et le nouveau directeur général du Foyer Assomption, Marcel Doiron, sont à ses côtés, Photo : Evérard Maillet)
Joviale, lucide et affichant un joli sourire contagieux, cet homme d’une grande gentillesse a accepté de rencontrer le Moniteur Acadien. Lorsque nous lui avons rendu visite, il a tenu d’abord à souligner que douze personnes de son petit village de Collette sont décédées de la grippe espagnole en 1918, et ce, en l’espace d’une seule semaine.
Suite à cette révélation liminaire, il nous a notamment parlé de ses années d’enfance, de sa vie d’adulte, des emplois qu’il a occupés et de quelques anecdotes qui ont marqué le cours de sa longue vie.
Après avoir complété sa huitième année à la petite école de Collette, Alphonse a dû aider ses parents en effectuant diverses tâches agricoles sur la ferme familiale. Encore jeune adolescent, c’est à l’âge de 15 ans qu’il a décidé de plier bagages et de se diriger vers Saint-Jean où il a décroché un emploi au port de mer de cette grande ville au bord de la Baie de Fundy.
“C’était surtout un ouvrage d’automne et une partie de l’hiver. J’avais une ‘job’ pas mal physique parce qu’avec des chariots on s’occupait à charger les gros bateaux qui venaient d’outre-mer. J’ai fait ce travail pour environ cinq ans et ça payait 35 cennes l’heure”, se souvient M. Gionet.
Au fil des années, Alphonse Gionet s’est bâti une solide réputation à titre d’ouvrier vaillant et laborieux, notamment chez la compagnie Burchill qui exploitait un moulin à bois, à Miramichi. “J’étais encore un jeune homme mais en ce temps-là les salaires étaient quand même un peu mieux que dans le temps que je travaillais à Saint-Jean, parce que chez Burchill je gagnais 75 cennes l’heure”, a-t-il dit avec un sourire en coin.
Coup de chance à la loterie
C’est enfin à Rogersville qu’Alphonse s’est trouvé un nouvel emploi qu’il a occupé jusqu’à sa retraite bien méritée, à l’âge de 64 ans. “J’avais à peu près 50 ans quand j’ai ‘pogné’ce bon travail à la Coop”, explique ce bon vivant. Quelques années plus tard, Alphonse, employé modèle qui s’acquittait bien de ses tâches, fut promu au poste de gérant adjoint de cet important magasin d’alimentation.
Par une bonne journée, Alphonse et treize autres employés du magasin Coop de Rogersville apprirent soudainement qu’ils étaient devenus riches. “En groupe, on avait gagné le gros lot d’un million de dollars de la Loto Atlantique. Un million! J’avais 63 ans et ce prix, divisé entre quatorze employés, nous donnait 78 000$ chacun. Je me suis acheté une Chrysler ‘brand new’ pas longtemps après”, re remémore Alphonse Gionet en se pâmant de rire, ajoutant du même souffle qu’il a tiré sa révérence l’année suivante.
Aujourd’hui, ce doyen de Collette est un résident du Foyer Assomption, à Rogersville, depuis l’âge de 101 ans. Doté d’une assez bonne santé en dépit de son âge avancé, il apprécie l’excellent service qui lui est prodigué de la part de tout le personnel. À savoir s’il a un secret de longévité, ce fier partisan des Maple Leafs de Toronto et des Blue Jays estime qu’il est important et essentiel de boire beaucoup d’eau et de marcher tous les jours. “Mais surtout de ne pas se tracasser des choses dans la vie qu’on ne peut pas changer”, nous partage l’Acadien supercentenaire sur un ton de sagesse et d’humilité.
Sa fille Barbara Gionet Gallant soutient que son père a toujours été une personne respectueuse envers les autres et qu’il est de caractère amical. “C’est pourquoi il se dit confortable au Foyer Assomption, où il aime converser avec les autres résidents”, nous informe Mme Gionet Gallant.
Alphonse et son épouse Simonne (décédée en 2002) ont fondé une famille de quatre enfants. M. Gionet est également l’heureux grand-papa de neuf petits-enfants et de huit arrière-petits-enfants, Le Moniteur Acadien saisit cette occasion spéciale pour souhaiter bonne santé à M. Gionet ainsi qu’une très joyeuse journée de fête.
