Communauté
23 Octobre 2023
Reconnaissance de 5 anciens à Moncton
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Normand A. Léger
Le Moniteur Acadien
La Fondation des anciens du Collège Saint-Joseph a honoré cinq autres de ses anciens de renom lors de sa 5e cérémonie de reconnaissance tenue samedi en la salle Richelieu du Pavillon Léopold-Taillon sur le campus de Moncton de l’Université de Moncton.
Le docteur Rodolphe F. LeBlanc et l’ancien ministre de l’Éducation Clarence Cormier ont été honorés de façon posthume tandis que maitre Michel Bastarache, l’ancien lieutenant-gouverneur et artiste Herménégilde Chiasson et le haut fonctionnaire Bernard Poirier étaient présents pour recevoir leur plaque d’honneur.
(La Fondation des anciens du Collège Saint-Joseph a honoré cinq autres de ses anciens de renom lors de sa 5e cérémonie de reconnaissance tenue samedi. Ils sont, de gauche à droite : Bernard Poirier, Herménégilde Chiasson, Michel Bastarache, Clarence Cormier (sa fille Monette), Rodolphe LeBlanc (son fils Daniel) et Jean Gaudet, président de la fondation. (Photo Normand A. Léger)
Yvon Lapierre, ancien voisin, a présenté Clarence Cormier, ancien conseiller et maire de Dieppe, député provincial et le premier ministre acadien de l’éducation dans l’histoire de la province. Né le 14 juillet 1930 à Saint-Antoine-de-Kent, il a étudié au Collège Saint-Joseph. Il a longuement travaillé dans le secteur de la lutte contre l’alcoolisme. Il a aussi œuvré pour l’ouverture du Club garçons et filles de Dieppe; pour l’implantation du Collège communautaire à Dieppe et de terminer les 18 trous au terrain de golf de la Vallée de Memramcook. Il est décédé en avril 2022. La fille de son épouse Bernette, Monette, a tenu à remercier la Fondation pour cet honneur à celui qui était son oncle et qui est devenu son père par mariage. Bernette avait 4 enfants de son premier mariage. « Lorsque j’ai reçu mon diplôme de Mathieu-Martin en 1983, Clarence était le ministre de l’Éducation et c’est lui qui m’a remis mon diplôme, » a-t-elle déclaré avec fierté.
Le docteur Rodolphe LeBlanc a été un grand pionnier et un défenseur de la langue française au Canada. Né à Memramcook en 1922, il a fréquenté le Collège Saint-Joseph en 8e année, à 12 ans. Sa nièce Odette Snow l’a présenté. Il a œuvré au Sanatorium Notre-Dame-de-Lourdes à Bathurst et a entrepris des études spécialisées en maladies pulmonaires. Il est devenu le premier acadien surintendant médical du Jordan Memorial Sanatorium à Riverglade. Il a été un grand bénévole dans plusieurs associations acadiennes/francophones et est devenu le directeur provincial des Services hospitaliers du Nouveau-Brunswick. Il a pris la direction de l’Hôpital Hôtel-Dieu de Moncton en 1967. Certains le considère comme le fondateur du Centre hospitalier universitaire Dr.-Georges-L.-Dumont. Il avait refusé de voir construire une aile francophone à l’hôpital Moncton et voulait voir un hôpital régional francophone distinct. Il a aussi oeuvré au Québec pendant plusieurs années. Son fils Daniel a remercié la fondation pour cet honneur. Il a rappelé que certains politiciens ont voulu dissuader le docteur à construire un hôpital régional francophone en lui offrant le poste de directeur d’une aile francophone à l’hôpital Moncton. Il a bien refusé cette offre. La construction de Dumont a quand même été retardée de 2 ans en raison des manigances des politiciens et les gens ont vu un trou de 2 millions $ tout ce temps parce que la construction avait débuté et des gens avaient coupé les fonds pour poursuivre sa construction.
Raoul Boudreau a présenté l’artiste Herménégilde Chiasson, né en 1946 à Saint-Simon dans la Péninsule acadienne. Il est considéré comme l’un des principaux artisans de la modernité Acadienne. Il a été réalisateur à la radio de Radio-Canada, au cinéma et professeur à l’Université de Moncton. Il a publié plus de 50 livres depuis 1974, dont Mourir à Scoudouc et aussi Conversations qui a obtenu le Prix du Gouverneur-général en 1999. Il a travaillé comme scénographe et graphiste pour le théâtre l’Escaouette. Il est membre de l’Ordre du Nouveau-Brunswick et officier de l’Ordre du Canada. Il a été le 27e lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick de 2003 à 2009. En réponse, Herménégilde Chiasson a fait remarquer qu’il est le seul artiste jusqu’à présent à avoir été reconnu par la Fondation. Il a souligné sa passion pour les livres, les peintures, les chansons, les films et les arts à l’école et à l’université. « Un artiste, c’est un travail aussi important que d’être plombier ou électricien ou avocat, qu’il faut de tout pour faire un monde à notre image et que la beauté est la chose qui nous garde en vie, parce que nous vivons tous pour voir ce qu’il y aura dans nos vies, dans celle des autres et dans celle du monde qui nous entoure. »
Bernard Poirier est un ancien journaliste, éditorialiste et rédacteur-en-chef du journal l’Évangéline et fonctionnaire du gouvernement provincial. Il a grandement contribué à l’épanouissement des communautés francophones du Nouveau-Brunswick dans les domaines sociaux, culturels, économiques et de l’éducation. Sa fille Nadine Poirier l’a présenté. Natif de Grande-Digue, il a travaillé 23 ans à Fredericton comme haut fonctionnaire et pionnier des services en français dans la fonction publique provinciale et dans la ville capitale. Il a été président-fondateur du Centre communautaire Sainte-Anne, un premier concept d’institution scolaire/communautaire au Canada. Ce centre est devenu un lieu central de rencontres, une école, une bibliothèque, une caisse populaire, locaux communautaires, maternelle et garderie d’enfants, magasin et secteur d’activités communautaires. Il aussi été président-fondateur de la paroisse Sainte-Anne-des-Pays-Bas. Il a été directeur général du Programme des langues officielles du gouvernement du N.-B. et auteur avec l’avocat Michel Bastarache du Rapport Poirier-Bastarache sur l’égalité des langues officielles. Il a été secrétaire de plusieurs organismes et commissions et membre du chœur Neil Michaud. Il vient de célébrer ses 90 ans. Bernard Poirier, membre de la Fondation des anciens du Collège Saint-Joseph, a tenu à remercier celle-ci pour cet honneur. Il s’est prononcé heureux de son parcours et du soutien des membres de sa famille. Il avait le cœur au bon endroit dans ses nombreuses luttes pour les droits des francophones, ce qui n’a pas toujours bien accepté dans la ville capitale.
Maitre Michel Bastarache a connu une carrière illustre dans le droit et l’administration en Acadie et au Canada. Il a longuement lutté dans les domaines des langues officielles, de l’égalité des peuples et de la promotion du bilinguisme. Il a présidé de nombreux organismes acadiens et était professeur et doyen de la faculté de droit de l’Université de Moncton. La Société l’Assomption a bénéficié de ses connaissances en tant que président. Il a été nommé juge à la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick et à la Cour suprême du Canada. Il a été le premier acadien à siéger au plus haut tribunal du pays. Il a été reconnu pour ses jugements et décisions à la cour et sa participation dans de nombreuses commissions et enquêtes qu’il a présidées. Son frère Marc Bastarache l’a présenté comme un frère différent qui tenait des conversations intéressantes et qui aimait débattre. Michel Bastarache a souligné avoir l’impression de regarder un film en noir et blanc dans lequel il est un personnage au sujet de son temps passé à Saint-Joseph. « Je n’ai pas un souvenir clair de ma jeunesse, a-t-il rappelé. Des membres de la famille me rappellent très souvent des événements qui m’échappent totalement. J’ai beaucoup aimé mes années à Saint-Joseph. J’y ai fait des amis de toujours, des amis que je revois avec bonheur même après être éloignés de 50 ans. Merci à ceux qui nous ont permis de vivre une belle expérience pour nous préparer à poursuivre notre formation avec succès. »
La cérémonie faisait partie du Retour annuel des anciens au campus de Moncton.
