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7 Septembre 2023
Jean Allain est ravi d’avoir parcouru le long chemin de Compostelle
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Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
C’est à Saint-Édouard-de-Kent qu’a grandi Jean, fils de Michel Allain. Il se dit choyé d’avoir vécu sa jeunesse dans cette paisible localité rurale qui longe le détroit de Northumberland. Parmi ses premiers emplois, Jean a travaillé pendant cinq ans à titre d’infirmier auxiliaire à l’Hôpital de Moncton. En 1980, alors âgé de 25 ans, le jeune acadien prend la décision bien réfléchie de monter à Montréal en quête d’un nouvel emploi, voire d’une nouvelle aventure. “Deux semaines après mon arrivée dans la grande ville, je travaillais déjà dans le domaine hospitalier”, se rappelle le retraité de 73 ans.
Toujours en bonne forme physique, M. Allain est un adepte de la marche, et ce depuis son jeune âge. “Je n’avais qu’environ neuf ans quand mon frère Roméo et moi avons marché de Saint-Édouard à Bouctouche, une douzaine de kilomètres. Ça nous a pris la journée, aller-retour, et la famille était donc très inquiète”, se souvient M. Allain. Or, dès leur retour à la maison, l’accueil des parents était plutôt froid et sévère et les deux frères avaient vite deviné qu’ils allaient être punis. “Pendant deux semaines on devait être au lit aussitôt après le souper. Et le souper était à 16 heures!”, dit-t-il en se pâmant de rire.

(Pendant leurs vacances à Saint-Édouard, Jean Allain, à gauche, et Serge Côté en profitent pour marcher quotidiennement plusieurs kilomètres, notamment à la dune de Bouctouche. Photo : Evérard Maillet)
À Montréal, Jean n’avait pas pour habitude de prendre les transports en commun pour se rendre à son travail. “J’ai toujours préféré la marche. Même qu’à l’âge de 60 ans j’ai pris part à mon premier marathon de 42 km dans la ville”, nous fait part ce grand marcheur. En 2018, Jean et son conjoint Serge Côté ont entamé des démarches en vue de parcourir le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. “Du Puy-en-Velay, en France, nous avons marché jusqu’à Santiago, parcourant a1 pieds une distance de 1500 km. Mais sur 55 jours de marche, on a eu 35 jours de pluie!”, indique Jean Allain.
Abonné au Moniteur
De retour à Montréal, la tentation était grande pour Jean et Serge de refaire éventuellement le célèbre chemin de Compostelle. “En 2022, nous y sommes retournés et avons marché 400 km. Nous avons dû nous arrêter à Moissac (France) puisque que j’étais déjà atteint de trois coups de chaleur. Alors cette année, en avril, nous avons recommencé à Moissac pour ensuite retourner à Santiago, jusqu’à Finisterre (près de l’océan Atlantique), soit un total de 1200 km et, en moyenne, 25 km de marche par jour. Par la suite, nous avons pris l’autobus pour retourner à Santiago et ensuite au Portugal”, explique-t-il.
Pourquoi ont-ils choisi de parcourir le chemin de Compostelle? Lors d’un précédent voyage touristique en Espagne, plusieurs années passées, Jean et Serge ont rencontré une dame ayant effectué un pèlerinage sur le chemin de Compostelle. “Cela nous avait donné le goût de le faire aussi et nous ne le regrettons surtout pas. D’abord, ce chemin est spécial, surtout que nous avons rencontré des gens provenant d’au moins 25 pays. Comme exemple, le soir dans les gîtes nous sommes parfois plusieurs à la table, des étrangers deviennent des amis, et on parle de notre journée et de bien d’autres sujets. C’est tellement intéressant et, en marchant dans ce pays, les paysages sont très spectaculaires!”, nous relate Jean Allain. Compte tenu que le parcours est très long et exigeant, chaque marcheur n’amène que le stricte nécessaire dans son sac à dos. “Le moins possible. On dit qu’il ne faut pas avoir plus de dix pour cent de ton poids sur le dos”, déclare M. Côté.
Pour la plupart des pèlerins, faire la marche du chemin de Compostelle a pour objectif principal d’arriver jusqu’à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en une étape ou plus.
D’autre part, même s’il demeure à Montréal depuis des années, Jean Allain n’oublie pas son patelin acadien qu’il visite chaque été dans le cadre de ses vacances estivales. “En passant, au mois de mars dernier, je me suis abonné au Moniteur Acadien afin d’être au courant de ce qui se passe dans le Sud-Est, particulièrement dans le comté de Kent”, proclame fièrement M. Allain.
