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10 Mai 2023
Paraplégique, Damien ‘Tibas’ Duplessis garde le moral et continue de foncer dans la vie
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Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
Plus connu depuis toujours sous le sobriquet Tibas, Damien Duplessis n’avait que 16 ans lorsqu’il décrocha un emploi à titre de couvreur (roofer). S’il était déjà assuré d’une longue carrière dans le domaine de la pose de toiture, Tibas comprenait que ce métier comportait cependant un certain nombre de risques, principalement en raison du travail en hauteur. Or, même sous une chaleur accablante en été, combinée à de longues heures de travail, ce résidant de Bouctouche n’était pas le type à se plaindre et ce d’autant plus qu’il appréciait son salaire.
Mais en 1998, alors âgé de 36 ans, le malheur frappa à sa porte. Une très mauvaise chute de quatre mètres lui cauda une blessure très grave au dos. Il fut transporté d’urgence à l’hôpital, où les médecins lui ont annoncé cette nouvelle dévastatrice qui se résume à ces quelques mots: “Tu es désormais paraplégique et plus jamais tu ne marcheras.”
Cet accident fâcheux, remontant à 25 ans passés, a donc nécessairement changé ses habitudes de vie.
“Mon dos était cassé à deux places et j’avais en plus huit côtes de cassées. J’ai essayé de me lever : pas possible. Je suis resté deux semaines dans un hôpital à Saint-Jean et ensuite à l’Hôpital de Moncton pour quatre mois et demi”, explique M. Duplessis.
Pour soulager sa douleur généralement persistante, ses médecins devaient lui injecter des doses de cortisone ou de morphine. Suite à son congé de l’hôpital, Damien Tibas Duplessis était enfin de retour chez-lui. En traversant une période de bouleversements et de défis, c’est avec un moral à toute épreuve, une attitude positive et de la résilience que Tibas a refusé de baisser les bras et d’abdiquer, et ce, tout en étant parvenu à accepter courageusement sa paraplégie.
“Pour me déplacer, j’avais un fauteuil roulant à bras. Je l’ai poussé pendant cinq ans, en hiver comme en été, parce que je ne voulais pas encore m’habituer à utiliser une chaise électrique”, admet M. Duplessis. Doté d’un caractère déterminé, Tibas s’encourageait, malgré les circonstances difficiles. “J’ai maintenant 60 ans et je me suis toujours dit qu’on doit foncer dans la vie, une journée à la fois, surtout qu’après l’accident j’avais une femme et deux enfants à la maison et il fallait que je demeure confiant et courageux devant eux autres”, dit-il, notant d’un seul élan que son épouse bien-aimée lui apportait par ailleurs une aide précieuse et réconfortante, ainsi qu’un support inconditionnel.
(Tous les jours de la semaine, Tibas Duplessis fait du vélo de physiothérapie pour renforcer ses bras. Crédit: Evérard Maillet)
Plusieurs fois, au fil des années, Damien a dû être admis à l’hôpital en raison de problèmes médicaux reliés à sa paraplégie. Malgré tout, il ne s’est jamais laissé abattre pour autant. Aujourd’hui, sans l’usage de ses jambes, Tibas demeure néanmoins en bonne condition physique. Cinq jours par semaine, il se rend d’ailleurs à la clinique de physiothérapie, à Bouctouche, où il peut notamment lever des poids et utiliser un mini vélo pour un exercice de remise en forme des bras. Qui plus est, il se promène régulièrement en fauteuil roulant manuel, que ce soit dans les rues de Bouctouche ou dans le chemin.

(Le physiothérapeute Philippe Michaud donne des instructions d’entraînement physique à Damien Tibas Duplessis. Crédit: Evérard Maillet)
“Deux ans après mon accident, j’ai décidé de rouler une quinzaine de kilomètres tous les jours sur les routes de la région, et même parfois sous une chaleur de 30 à 40 degrés Celsius!”, nous confie M. Duplessis. En fait, ce farouche partisan des Canadiens de Montréal a aussi pris part à plusieurs activités sportives en fauteuil roulant, et ce, un peu partout dans la province.
D’autre part, Tibas Duplessis se montre très charitable et dévoué lorsqu’il s’agit d’aider quelqu’un dans la misère. En effet, Damien Duplessis a organisé d’innombrables soirées-bénéfices pour récolter des fonds visant à soutenir des personnes moins nanties ou encore pour défrayer certaines dépenses de ceux et celles souffrant d’une maladie sérieuse.
Pêcher le bar et le maquereau en saison figure parmi ses passe-temps préférés. Tibas est également un chasseur sachant chasser: “Comme des ours, chevreuils, orignaux et outardes”.
“En passant, tous les jours, soit le matin et l’après-midi, je m’occupe d’amener du café Tims aux employés de la pharmacie au centre commercial Place LeBourg, à Bouctouche. Y sont gâtés!”, déclare M. Duplessis en riant.
