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4 Mai 2023
Ancien mécanicien doué, Emery Léger, 105 ans, toujours vigoureux et accueillant
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Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
Le 29 avril, à Caissie Cape, Emery Léger a soufflé ses 105 chandelles en compagnie de ses cinq enfants et descendants, d’autres membres de sa parenté ainsi que des amis de la région et de plus loin. Doté d’un caractère agréable et d’une bonne humeur contagieuse, ce bon vivant très alerte et lucide demeure dans sa maison avec son fils, Jean. Né à Cap de Cocagne, Emery est issu d’une famille de huit enfants.

(Emery Léger et ses cinq enfants: Cécile, papa et Jean. En arrière: Bernard, Rhéal et Lucille. Crédit : Evérard Maillet)
«À l’âge de 19 ans, je suis entré dans les forces canadiennes mais ça ne me déplaisait pas parce qu’on était un groupe ensemble et on ressemblait quasiment à une ‘bunch’ de brebis», se souvient M. Léger en se pâmant de rire. Emery ne fut pas assujetti au service outre-mer au cours de la Deuxième Guerre mondiale.
En tant que soldat canadien sur une base militaire au Québec, ce jeune Acadien occupait le métier de mécanicien, ce qui lui aura permis de parfaire ses compétences dans ce domaine qui le passionnait. «Je suis resté dans l’armée pendant cinq ans de demi. Après ça, j’ai continué à travailler comme mécanicien à Moncton».
En 1950, Emery Léger prit pour épouse Laudia Downing. «Pour notre voyage de noces, j’avais déjà une automobile Ford de l’année 1931 que j’avais achetée d’un couple âgé, au prix de 450 piastres», se souvient-il. Les jeunes mariés ont d’abord demeuré pendant quelque temps chez les parents de à Laudia. «Après ça, j’ai fait haller une maison ici à Caissie Cape, qui coûtait 500 piastres en ce temps-là», de dire M. Léger.
(Les petits-enfants: Christine, grand-papa Léger et Noëlla. En arrière: Brian, Jean-Bernard, Wayne, Serge et Martin. Carole était absente au moment de la photo. Crédit : Evérard Maillet)
À l’époque, ce mécanicien chevronné et doué dans la réparation de véhicules à moteur gagnait d’abord un dollar à l’heure. «C’est moi qui ai installé la première transmission automatique à Moncton, chez Ford. Je pouvais faire pas mal n’importe quoi dans la mécanique», avoue-t-il d’un ton humble.
C’est à l’âge de 64 ans que le mécanicien Léger entama sa retraite... si on peut véritablement dire une retraite! «Lorsque c’était la saison de pêche au homard, j’avais des appels presque tous les jours pour des problèmes d’engin. Et je me suis levé plusieurs fois très tôt le matin pour aller dépanner», mentionne-t-il.
À savoir s’il était bien rémunéré par les pêcheurs, Emery déclare aussitôt: «Je n’ai jamais chargé une seule cenne. C’était pour rendre service seulement». Néanmoins, en guise de remerciement, pas moins d’un pêcheur donnait en cadeau une bonne quantité de homards à la famille Léger.
«J’arrangeais aussi des engins d’autos pendant ma retraite, comme changer les ‘spark plugs’ (bougies), les pointes et tout le reste. Je suis enfin retourné à la retraite une autre fois vers l’âge de 80 ans», précise cet expert en mécanique qui a fait preuve maintes fois de bonne volonté et de grande générosité. À noter que sa chère épouse Laudia a rendu l’âme au mois de décembre 2021, suite à une longue maladie.
Le mécanicien Léger a conduit sa voiture jusqu’à l’âge de 94 ans. «Je ne conduis plus mais je pourrais!», a-t-il noté avec un brin d’humour.
(Les arrière-petits-enfants: Jacob, grand-père Emery, Mia et Ariel. En arrière: Mélodie, Mathis, Lucas, Gabrielle et Tiago. Absent: Ryan. Crédit : Evérard Maillet)
Emery Léger jouit d’une assez bonne santé. A-t-il un secret de longévité? «Non, mais je mange n’importe quoi et j’aime bien les tartes de toutes sortes», dit-il avec un sourire en coin.
En utilisant une marchette comme moyen de support, Emery Léger peut effectivement se déplacer d’une pièce à l’autre sans trop de difficultés. «Il n’en a pas vraiment besoin mais c’est surtout pour assurer sa sécurité», nous informe son fils Jean.
Emery Léger est le père de cinq enfants et l’heureux grand-père de plusieurs petits-enfants et d’arrière-petits-enfants.
