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12 Avril 2023
René Girouard a le bonheur de ne plus avoir les mains tremblantes
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Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
René Girouard célèbre aujourd’hui, le 12 avril, son 79e anniversaire de naissance, De nature optimiste et en assez bonne forme physique, ce résident de Sainte-Marie-de-Kent jouit pleinement d’une retraite épanouie.
Or, pendant des années, il a pourtant dû composer avec un malaise qui limitait considérablement ses moyens d’effectuer certaines tâches relativement simples. Écrire ou gratter la terre de son jardin de fleurs, voire même lever un verre d’eau duquel il buvait au moyen d’une paille lui était difficile. En bref, il souffrait du syndrome du tremblement essentiel, soit une maladie qui se définit comme un trouble du mouvement généralement incontrôlable des mains tremblantes mais qui peut toucher également la tête, la voix et même les jambes. Rappelons que le tremblement essentiel est souvent confondu avec la maladie de Parkinson.
Cet enseignant à la retraite nous résume cet épisode difficile de sa vie qu’il a néanmoins surmonté grâce à son courage et à sa détermination, mais qui aura particulièrement nécessité une intervention médicale lui ayant d’ailleurs procurée une nouvelle vision salutaire de la vie.
René est issu d’une famille de cinq garçons. Après ses études au Collège Saint-Joseph, à Memramcook, il a obtenu un baccalauréat de l’Université de Moncton. Durant sa carrière, il a enseigné pendant une année au Québec, trois ans à l’école de Cocagne et enfin 29 ans à l’école Clément-Cormier, de 1970 à 1999.
René anticipait et planifiait une retraite pleine de projets. Cependant, quelques années avant sa dernière journée d’enseignement en classe, il a constaté que ses mains tremblaient de façon non maîtrisable.
“Je n’avais aucune idée de quoi il s’agissait. Au début des années 2000, j’ai finalement consulté mon médecin de famille et je lui ai dit que je tremble et que j’ai même de la misère à écrire mon nom”, se rappelle-t-il. René est donc référé à un spécialiste. “Je suis allé le voir plusieurs fois mais à chaque rendez-vous on me demandait si j’avais trouvé quelqu’un dans la famille qui tremble comme moi? Souvent, je me posais cette question. Or, j’ai finalement découvert que le tremblement essentiel peut être héréditaire et qu’un oncle à mon père avait tout l’temps tremblé, et même que sa voix tremblait”, de dire le septuagénaire.
À un moment donné, son neurologue lui avoue qu’au point de vue médical sa maladie est véritablement compliquée, possiblement intraitable. “On m’a dit: There’s nothing I can do for you! Sur ce, ma condition de tremblement empirait tout le temps”, se désolait-il. Or, cinq ans passés, René obtenait un rendez-vous, cette fois à Saint-Jean, afin de subir une autre évaluation. Parmi les tests à passer, on lui demande de tenir un verre d’eau. “J’ai répondu: S’il faut que je tienne un verre d’eau dans ma main je devrai donc m’asseoir dans une baignoire parce que l’eau va voler partout!”, dit-il en riant, ajoutant que les résultats de l’évaluation furent envoyés par la suite à un neurologue, à Halifax.
En 2018, au mois de mai, René Girouard reçut un appel téléphonique l’informant qu’il était qualifié comme candidat en vue de subir un traitement de stimulation cérébrale par un neurochirurgien, et ce, dans le but de corriger ses tremblements pour enfin regagner de l’autonomie. Le 18 décembre de cette même année, des électrodes furent implantées dans son cerveau pour les relier à une batterie sous la clavicule. Cette chirurgie était d’une durée de huit heures et demie.

(Parmi les activités déjà planifiées pour cet été, René Girouard et son épouse Yvette ont particulièrement hâte de faire du kayak. Crédit : Evérard Maillet)
Aujourd’hui, René se porte bien et a retrouvé ses moyens de fonctionner au même rythme qu’il a connu avant d’être frappé par la maladie. Son épouse Yvette est soulagée, après avoir épaulé, soutenu et encouragé chèrement son mari pendant toutes ces années de maladie, et ce, dans des circonstances exigeantes. En raison de ses tremblements, René pouvait difficilement accomplir des tâches manuelles dans sa demeure. À titre d’exemple, il ne pouvait même pas planter des clous et Yvette devait donc lui prêter main forte.
Aujourd’hui, René ne tremble plus mais, selon Yvette, il plante encore des clous croches! “Mais sérieusement, René a toujours gardé un bon moral pendant qu’il était atteint du tremblement essentiel. Il est un exemple de persévérance et de grand courage”, précise fièrement sa douce moitié.
René Girouard est également un artiste peintre bien connu qui a produit environ 150 peintures de toutes grandeurs au fil des années.
(René Girouard est un artiste peintre de renommée. Il a signé cette fabuleuse peinture mesurant 8 par 12 pieds (2,4 par 3,6 mètres) qui représente la vie d’antan à Sainte-Marie. Cette toile géante est exposée au sous-sol de l’église paroissiale. Crédit : Evérard Maillet)
