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29 Mars 2023
Plus de 13 000 Canadiens, dont Yvonne McDonald, dépassent l’âge de 100 ans
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Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
Les citoyens canadiens jouissent d’une meilleure santé et d’une durée de vie plus longue que par les années passées. Selon Statistiques Canada, la proportion des aînés au sein de la population canadienne augmente très rapidement.
En fait, le nombre de personnes de 65 ans et plus au Canada, au 1er juillet 2022, était de 7.330.605. Toujours en 2022, les centenaires d’un bout à l’autre du pays sont devenus de plus en plus nombreux, soit presque 13 500. Au Nouveau-Brunswick, plus précisément à Rogersville, on peut penser à Flora Thibodeau (1901-2014) qui s’est éteinte à l’âge vénérable de 112 ans. Parfois à l’aide de sa marchette, elle se promenait tous les jours d’une pièce à l’autre de sa maison "pour ne pas rouiller” disait-elle aux médias. À noter que Mme Thibodeau a connu Mgr Marcel-François Richard (1847-1915), ce militant acadien de Saint-Louis-de-Kent qui a fait adopter le tricolore étoilé comme drapeau national de l’Acadie, en 1884.

(La doyenne de Rogersville, Flora Thibodeau, s’est éteinte en 2014 à l’âge de 112 ans. Photo : Archives)
Or, on sait que l’exercice physique, particulièrement chez les aînés, permet de conserver sa force musculaire, sa souplesse et son équilibre, ce qui peut réduire considérablement le risque de chutes et de blessures. Et ce n’est donc pas en raison d’une chevelure grise ou qu’on est avancé en âge qu’il faut nécessairement marcher à la dune de Bouctouche, dans des sentiers pédestres à Cap-Pelé, à Memramcook ou ailleurs en Acadie pour se dégourdir les jambes et les bras. Des exercices exécutés à la maison ou en plein air, et ce, à son propre rythme, contribuent à se tenir en bonne forme et à réduire le stress.
C’est pourquoi les foyers de soins pour personnes âgées veillent à ce que leurs résidents pratiquent, dans la mesure du possible, des activités physiques adaptées à leurs besoins et à leur état de santé pour ainsi les encourager à profiter pleinement de la vie et de savourer les petits bonheurs du quotidien. À titre d’exemple, malgré ses 100 ans, Florine Cormier, de Cormierville (voir notre édition du 1er mars), s’adonne régulièrement à des exercices chez elle pour maintenir une santé agréable et une attitude positive.
Au Bénaise, à Saint-Antoine, les préposés encouragent effectivement les aînés à participer aux séances de mouvements physiques relativement faciles dans le but ultime d’améliorer et de promouvoir leur mieux-être physique et cognitif. Par ailleurs, l’auteur de ces lignes a rencontré, au cours des derniers mois, trois résidents âgés du Bénaise, tous lucides et alertes, qui avaient d’ailleurs accepté d’accorder une entrevue au Moniteur: Patricia Léger, 92 ans, Aurèle Babineau, 97 ans, et, pour l’édition de cette semaine, Yvonne McDonald.

(Yvonne McDonald a célébré le 21 février son 100e anniversaire de naissance à l’occasion d’une cérémonie spéciale qui avait lieu au Bénaise. La centenaire a également eu le plaisir d’accueillir plusieurs membres de sa parenté qu’on voit dans la photo. Crédit : Résidence Au Bénaise)
Cette dame accueillante ayant récemment célébré ses 100 ans est bel et bien une participante active et exemplaire aux yeux des autres résidents. Lors de sa journée d’anniversaire, le 21 février dernier, la centenaire McDonald a même exécuté quelques pas de danse devant ses amis et plusieurs membres de sa parenté. D’autre part, il n’est pas rare de voir Yvonne, derrière sa marchette, enfiler les couloirs d’un pas pressé. En rapport à sa feuille de route, Yvonne est issue d’une famille de quatre enfants, à Sainte-Marie-de-Kent. Toujours bien lucide et joviale, elle se souvient d’avoir décroché son premier emploi à l’âge de 15 ans, à Moncton, où elle gagnait un salaire mensuel de cinq dollars. Quelques années plus tard, en quête de nouvelles opportunités sur le marché du travail, Yvonne et son mari Yvon déménagèrent à Waltham, aux États-Unis. “Là-bas, je faisais du ménage dans les maisons et mon mari travaillait dans la construction”, dit-elle avec son beau sourire contagieux. Quelques années plus tard, le couple McDonald revint en Acadie pour de bon, dans leur patelin à Sainte-Marie.
Par ailleurs, la directrice de la Résidence Au Bénaise a beaucoup d’estime pour la centenaire Yvonne McDonald qui demeure là depuis les sept dernières années. “Nous l’aimons bien, d’abord parce qu’elle est toujours contente”, nous résume Linda LeBlanc.
