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21 Mars 2023
Denis A. Maillet a le plaisir de produire son propre sirop d’érable
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Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
C’est déjà la saison des sucres qui se déroule généralement entre la fin de l’hiver et le début du printemps. Évidemment, c’est surtout le moment tant attendu de se rendre à une cabane à sucre afin de déguster des bonnes crêpes arrosées d’un sirop d’érable frais et délicieux, préférablement servies avec des fèves au lard! Rien de meilleur! Pour les convives voulant par après se sucrer le bec, la plupart des acériculteurs qui exploitent des érablières un peu partout dans le Sud-Est offrent un petit dessert qui colle aux dents, bien sûr de la tire! Mais c’est si bon, si doux!
Alors que plusieurs acériculteurs chevronnés ont cumulé plusieurs années à parfaire leurs connaissances dans le domaine acéricole, d’autres personnes ne se sont initiées que tout dernièrement à cette activité excitante en forêt. Denis A. Maillet, de Grand Bouctouche, est l’un de ces amateurs n’ayant que très peu d’expérience dans l’art de produire du sirop d’érable de façon artisanale. Cependant, en étant à sa première saison dans l’exploitation de l’or liquide, il a désormais la ferme intention de se mettre bien au courant de toutes les étapes et les astuces qui lui permettront de bien recueillir l’eau sucrée des arbres et d’en discuter plus tard avec expertise, voire donner des conseils aux débutants.
En fait, depuis quelque temps, Denis chérissait cette idée d’entailler des érables se trouvant à seulement quelques pas de la maison. Avec une perceuse, l’apprenti a dû d’abord faire une cavité dans des érables et dans lesquels il a martelé des chalumeaux à sève (petit tuyau en plastique) dans le creux de chaque arbre entaillé pour ainsi faciliter l’écoulement de l’eau d’érable, goutte à goutte, dans des seaux attachés aux arbres. La collecte de cette précieuse sève devra être bouillie pendant plusieurs heures dans un chaudron ou une marmite afin d’éliminer l’excès d’eau par la méthode de l’évaporation. Il faut d’ailleurs de 30 à 40 litres de sève pour produire un seul litre de sirop d’érable pur.
(Denis Maillet doit faire bouillir l’eau d’érable pendant des heures pour enfin la transformer en sirop. Crédit : Evérard Maillet)
Par la suite, Denis doit vider dans des bocaux refermables les petites quantités de sirop qui restent au fond des chaudrons, et ce pour sa consommation personnelle. Par ailleurs, l’acériculteur aura le grand plaisir de préparer ses futurs petits déjeuners aux crêpes couvertes d’un sirop d’érable qui découle de sa propre production. Sa conjointe Carole a bien hâte!
Dans le passé, Denis Maillet avait observé un acériculteur qui produisait du sirop d’érable et cela le fascinait. Il est donc allé au magasin de quincaillerie pour se procurer une trousse de démarrage pour la collecte d’eau d’érable.
«Ça comprend cinq seaux et autant de chalumeaux. Quelques jours plus tard je suis retourné à ce même magasin pour acheter un autre ‘kit’ de cinq pièces, soit un total de dix seaux. C’est vraiment plaisant de voir l’eau couler des érables, directement dans les seaux», explique M. Maillet, ajoutant d’un seul élan que c’est avant tout un retour à la terre et d’autant plus un passe-temps divertissant, même valorisant.

(Dans la forêt près de sa demeure, Denis Maillet explique à son jeune ami Justin Babineau la façon de produire du bon sirop d’érable. Crédit : Evérard Maillet)
Depuis cette première expérience à produire du sirop d’érable, Denis Maillet envisage déjà la possibilité d’entailler d’autres arbres dès l’an prochain. «Ce n’est qu’un début et j’ai découvert plusieurs autres érables en marchant plus loin dans le bois. C’est mon intention d’augmenter ma production et peut-être que je bâtirai ma propre petite cabane à sucre!», de noter l’acériculteur Maillet en affichant un sourire.
Le sirop d’érable, non seulement a-t-il bon goût, mais il regorge d’antioxydants et contient plusieurs éléments nutritifs.
