Chroniques

Cultiver le courage


Marie O’Brien
mbo28@icloud.com


Pendant notre jeunesse, nous entendions souvent nos parents et nos aînés nous dire qu'il faut avoir du courage dans la vie. Nombre d'entre nous ont reçu ces paroles de sagesse de nos proches. Cependant, il semble qu'aujourd'hui, ces mots qui résonnaient en nous pendant notre croissance ne sont plus prononcés avec la même intensité et signification. Je vais expliquer pourquoi.

Je constate que de nombreuses personnes, pour diverses raisons valables à leurs yeux, hésitent à appliquer cette sage notion dans leur vie. Notre société nous offre désormais une multitude de choix pour faire face à une situation donnée, ce qui peut rendre difficile le maintien de la même détermination. Nous assistons à de nombreux abandons : par exemple, nous abandonnons une relation parce que cela semble trop difficile, ou bien un projet (ou une activité) faute de ressources, ou encore une sortie à cause de la timidité. Nous pouvons même abandonner notre travail parce que nous ne nous sentons plus valorisés, ou négliger notre spiritualité et arrêter notre méditation.

Dans l’ensemble, à mon avis, nous sommes de plus en plus enclins à la résignation plutôt qu'à la persévérance dans notre voyage de vie. Bien sûr, il y a des situations où l'abandon est nécessaire pour préserver notre santé physique et mentale, notamment dans les cas d'abus physique ou psychologique. Parfois, lorsque nous vivons des relations malsaines, l’abandon est également nécessaire. Cependant, il semble que le courage nous fasse souvent défaut lorsque nous nous lançons dans des projets liés à notre carrière ou à notre vie quotidienne. Parfois, notre routine déjà remplie de défis nous décourage et nous perdons espoir dans nos efforts pour résoudre nos problèmes.

En écrivant ces mots, j'entends ma mère me rappeler : "Marie, il faut avoir du courage dans la vie." Vous pourriez dire que, souvent, c'est la procrastination plutôt qu'un manque de courage qui nous affecte. Je crois sincèrement que ces deux notions jouent un rôle dans notre détermination. De plus, les paroles pesées de ma mère incluaient la notion de "sacrifice" de son époque, et elle nous enseignait que parfois, il fallait faire des sacrifices pour atteindre nos objectifs. C'est un terme peu utilisé dans nos conversations actuelles car il évoque une forme de privation que nous n'apprécions pas.

Peut-être que notre dialogue intérieur pourrait utiliser le mot "effort", qui a une connotation plus positive et acceptable. Nous devons consacrer tout l'effort nécessaire pour atteindre notre objectif de bien-être, prendre la décision de persévérer dans notre parcours de vie. Pour poursuivre cette discussion, j'ose dire que pour cultiver le courage face à nos défis, il faut oser regarder à l'intérieur de notre cœur pour y découvrir notre vérité propre. L'effort est nécessaire pour effectuer cette introspection intérieure.

Alors, pourquoi hésitons-nous ? La réponse réside dans nos peurs, en particulier la peur de faire face à nos limites, mais surtout la peur de découvrir notre potentiel. Il faut du courage pour entreprendre une vie plus épanouie, passionnée et authentique, en accord avec notre personnalité. Nous avons du mal à tolérer l'inconfort. Lorsque nous sortons de notre zone de confort, nous nous sentons souvent anxieux et effrayés. Bien que je ne sois pas une experte en neurologie, mon expérience de vie m'a montré que pour vivre avec sérénité et paix dans notre cœur, nous devons cultiver le courage pour poursuivre notre quête de bien-être.

Dans mon livre "L'Écriture en Cadeau", j'ai dû puiser du courage pour raconter mon expérience face aux maladies chroniques de mon mari. Croire que nous méritons le meilleur tout en respectant nos défis et nos forces est essentiel. Avoir le courage de consulter un thérapeute, un psychologue, un coach ou d'autres personnes de confiance pour ne pas entraver notre progression sur l'échelle de la vie. Apprendre à être courageux dans toutes les sphères de nos vies lorsque nous sommes confrontés à des difficultés, quel que soit notre âge, est sans aucun doute la leçon de vie la plus précieuse pour mener une vie plus saine. À l'image des athlètes et des champions sportifs qui font preuve de courage face aux défis, nous pouvons nous aussi nous armer de courage pour poursuivre nos objectifs. Alors, pourquoi ne pas inculquer à nos jeunes la culture du courage, comme nos parents et nos sages l'ont fait dans notre enfance ?

C’est une question que nous devrions nous poser dans le monde d'aujourd'hui, afin d'améliorer notre santé émotionnelle et celle de nos enfants. Souvent, lorsque nous sommes dans l'obscurité et que nous ajoutons un peu de soleil, d'espoir et de courage à notre univers, notre perception des événements de notre vie peut changer. Nos yeux voient alors davantage de possibilités, jusqu'alors inconnues, car le courage est devenu, grâce à nos efforts, notre boussole pour mener une vie moins empreinte de douleurs émotionnelles. C'est pourquoi l'instauration d'une culture du courage dans notre société, à l'image de celle que préconisait la génération précédente, pourrait être une manière de prendre en main notre destinée face aux défis.

Nous devons d’abord adopter cette culture dans notre vie quotidienne en tant qu'individus, puis l'appliquer aux défis de notre vie et à nos précieux projets. En tant qu'adultes, nos comportements serviront de modèle à nos jeunes. C'est ainsi que le courage redeviendra un principe fondamental, à l'instar de nos ancêtres. J'ai lu quelque part : "Le courage, c'est agir malgré la peur."

Bonne réflexion, et ayez le courage d’affronter la vie avec détermination !