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Lutter contre le roseau commun pour préserver nos milieux humides


Des partenaires en protection de la nature ont montré au public comment lutter contre une espèce envahissante qui menace la biodiversité de nos régions.

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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien




Des organisations s’allient pour sensibiliser la population au roseau commun, également appelé phragmite. Il s’agit d’une espèce envahissante qui se propage au Nouveau-Brunswick. Effort concerté de la part du Conseil des espèces envahissantes du Nouveau-Brunswick, de Conservation de la nature Canada, de la Région de biosphère de Fundy et de l’Alliance du bassin versant Petitcodiac, une démonstration sur la façon de l’éliminer a eu lieu le 27 juillet à TransAqua Moncton. Cette initiative est financée par Environnement et Changement climatique Canada et le Fonds en fiducie pour la faune du Nouveau-Brunswick.

Phragmites photo Nature Conservancy of Canada Small

« Conservation de la nature Canada (CNC) et ses partenaires ont investi beaucoup de temps et d’argent dans la lutte contre cette graminée très envahissante en Ontario et au Québec. Nous pouvons encore agir et prévenir les impacts sur la faune et les zones humides côtières dans les Maritimes, mais il faut faire vite », déclare Paula Noël, directrice des programmes du Nouveau-Brunswick à CNC.

Espèce envahissante en Amérique du Nord, le roseau commun est un type de roseau vivace originaire d’Eurasie. Il peut atteindre une hauteur de cinq mètres avec une densité de plus de 200 plantes par mètre carré. Présente principalement dans les zones humides et le long des routes, cette plante imposante envahit les milieux humides et étouffe toute autre forme de vie. Elle évince la flore indigène, privant la faune de son habitat vital et faisant obstruction à la vue du rivage et à son accès. Ses racines denses et ses tiges souterraines, qui peuvent courir sur plusieurs mètres dans le sol, lui permettent de trouver des nutriments plus facilement que de nombreuses espèces indigènes et entravent les tentatives d’élimination.

Kristin Elton, directrice de programme au Conseil des espèces envahissantes du Nouveau-Brunswick, mentionne que les dégâts provoqués par cette plante dans d’autres régions d’Amérique du Nord sont impressionnants et que les Provinces Maritimes les subissent de plus en plus. Elle indique que la plante a pris le dessus sur les autres en Ontario et dans le sud du Québec et que, si nous ne voulons pas nous résigner à subir le même sort, il faut agir dès maintenant pour gérer cette espèce car nous atteignons un point critique.

« Le roseau commun envahissant se propage à une vitesse ahurissante qui supplante nos espèces végétales indigènes et menace la biodiversité. Cette espèce est de plus en plus répandue dans notre bassin hydrographique, d’où l’importance de comprendre les pratiques exemplaires de gestion qui permettent de la contrôler », ajoute Kelcey McLean, cheffe de projet à l’Alliance du bassin versant Petitcodiac.

Le roseau commun envahissant a été reconnu en 2005 comme la plante la plus envahissante du Canada par les scientifiques d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. À titre d’exemple, le coût annuel en 2019 de la lutte contre cette espèce nuisible était estimé à plus de 2,8 millions de dollars pour les administrations municipales de l’Ontario.

« La lutte contre le roseau commun dans la région de Fundy est menée conjointement par de nombreux partenaires, souligne la Dre Jennifer Dingman, directrice générale de la Région de biosphère de Fundy désignée par l’UNESCO. L’objectif est de comprendre le taux de propagation actuel, de trouver des méthodes pour éliminer les colonies et de sensibiliser le public à la manière de prévenir la propagation avant qu’elle ne devienne ingérable, comme c’est le cas dans d’autres provinces. »

Les graines du roseau commun envahissant peuvent être transportées par le vent sur une distance pouvant atteindre 10 kilomètres. Si vous retirez la plante de votre propriété, il est impératif que vous mettiez rapidement les graines dans un sac scellé pour éviter qu’elles ne se propagent.

Si vous voyez des roseaux communs envahissants, le Conseil des espèces envahissantes du Nouveau-Brunswick vous encourage à les lui signaler et à téléverser des photos de la plante dans l’application en ligne à inaturalist.ca. Il existe une variété indigène de roseau commun, mais elle est plus petite que le type envahissant et n’envahit pas les habitats humides. Pour plus d’information : https://www.especesenvahissantesnb.ca/phragmites-envahissants.