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La présence d’Emmanuel Macron au Congrès mondial acadien n’est plus garantie


Devant la délégation acadienne qu’il a reçue au palais de l’Élysée à l’automne 2021, le président de la République française avait promis que, sous réserve d’être réélu au printemps 2022, il assisterait au Congrès mondial acadien (CMA) l’été prochain en Nouvelle-Écosse. Depuis, des circonstances qui n’existaient pas alors ne garantissent plus la visite présidentielle du côté de Clare et d’Argyle.

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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien


Quelques jours avant la fin de son mandat, l’attaché culturel français en a fait la confidence au Moniteur Acadien lors d’une rencontre éditoriale au consulat général de France dans les Provinces atlantiques, à Moncton.

«En ce moment, l’actualité internationale est particulièrement dense. En novembre 2021, le président n’avait pas connaissance de l’invasion imminente de l’Ukraine par la Russie, ni des conflits actuels au Proche-Orient», justifie Mélaine Ricard-Boulieu.

En outre, la capitale française sera l’hôtesse des Jeux Olympiques (J.O.) du 26 juillet au 11 août. Or, l’ouverture du CMA aura lieu la veille de la clôture des J.O. Pour autant, la perspective d’une visite d’Emmanuel Macron au milieu de l’été n’est pas encore abandonnée. Il est toutefois peu probable qu’entre la clôture des J.O. et ses traditionnelles vacances au Fort de Brégançon, dans le sud de la France, le président français trouve le temps de faire un passage-éclair en Acadie.

«L’option est toujours sur la table, mais l’été 2024 n’est peut-être pas la meilleure fenêtre pour une visite présidentielle, tempère l’attaché culturel. Nous travaillons sur plusieurs scénarios mais la volonté présidentielle de venir en Acadie est toujours réelle, même si cela ne se faisait pas durant le Congrès mondial acadien.»

La Société Nationale de l’Acadie continue d’assurer le suivi sur cette visite avec l’ambassade à Ottawa. Quoi qu’il en soit, l’ambassadeur de France au Canada sera présent au rassemblement quinquennal de la diaspora acadienne.

Gabriel Attal au Canada la semaine prochaine

À défaut du président de la République française, c’est son Premier ministre que le Canada va accueillir sous peu. Justin Trudeau en a fait l’annonce le 28 mars. Il déclare que la visite de son homologue français sera l'occasion de faire le point sur des priorités communes.

«L’amitié entre le Canada et la France repose sur ce que les deux pays ont en commun : une langue, une histoire et des valeurs. Je suis impatient d’accueillir le Premier ministre Attal au Canada et de travailler avec lui à l’avancement de nos priorités communes, notamment la lutte contre les changements climatiques, le commerce et la protection de la démocratie. Ensemble, nous pouvons améliorer la vie des gens des deux côtés de l’Atlantique.»

Âgé de 34 ans, Gabriel Attal est le plus jeune Premier ministre de l’histoire de France. Il sera à Ottawa le 10 avril. Hélas, l’Acadie et le Canada atlantique devront attendre pour faire sa connaissance. Suite à ses rencontres avec Justin Trudeau et la gouverneure générale Mary Simon, il se rendra à Québec et à Montréal les 11 et 12 avril avant de regagner Paris.

Lycée français à Halifax : l’attaché culturel est heureux pour l’Acadie

Parmi les dossiers qui ont retenu l’attention en 2023 et ont rebondi au début de cette année, figure celui du premier lycée français à l’Est du Canada. Initialement, il devait être implanté au Nouveau-Brunswick, dans la ville portuaire de Saint-Jean. Cependant, cette option a dû être abandonnée en raison de coûts exponentiels.

«Nous avons été extrêmement déçus quand il s’est avéré qu’il était impossible d’aller de l’avant avec ce projet dans lequel nous avions mis tous nos efforts», reconnaît l’attaché culturel.

Un «plan B» a toutefois vu le jour rapidement, et ce sont nos voisins néo-écossais qui empochent la mise. L’établissement ouvrira ses portes à Halifax en septembre 2024.

«Nous avons accompagné autant que possible les entrepreneurs pour trouver une solution alternative, car la promesse originelle du président de la République était d’avoir un lycée français en Acadie. Nous sommes heureux de tenir cette promesse en l’ouvrant à Halifax», dit M. Ricard-Boulieu.

Un autre lycée au Nouveau-Brunswick dans le futur?

Colton LeBlanc, ministre néo-écossais des Affaires acadiennes et de la Francophonie, se réjouit de voir le lycée ouvrir dans la capitale voisine. «Cela contribuera à la vitalité de notre communauté francophone en plein essor», affirme-t-il.
Du côté de Fredericton, on ne désespère pas pour autant.

«Le gouvernement du Nouveau-Brunswick demeure disposé à travailler avec l’ambassade de France, son consulat au Nouveau-Brunswick et l’ensemble des partenaires à examiner tous autres projets qui auraient le potentiel d’être développés dans la province», déclare Glen Savoie dans un courriel adressé au Moniteur Acadien.

L’attaché culturel de France abonde prudemment dans le même sens. «Il est tout à fait envisageable qu’un autre lycée français ouvre dans les prochaines années au Canada atlantique. Nous encourageons cela. L’objectif de la France est de développer au maximum les établissements français à l’étranger. Plus il y aura de lycées français, plus nous serons heureux.»