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Jour J : la jeunesse acadienne reprend le flambeau pour ne jamais oublier


La jeunesse d'aujourd'hui est énormément reconnaissante envers les anciens combattants, dont beaucoup étaient encore adolescents lorsqu'ils sont partis à la guerre il y a 80 ans, a déclaré un lycéen lors d'une cérémonie de commémoration du jour J à Dieppe.

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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien


«Nous voulons remercier les anciens combattants qui se sont battus pour nous et qui nous ont donné la liberté dont nous jouissons aujourd'hui», a déclaré Henri Desjardins, 17 ans, élève de 11e année à l'école secondaire Mathieu-Martin de Dieppe.

Henri et Samuel Small
Samuel Melanson (au pupitre) et Henri Desjardins ont exprimé la gratitude de la jeunesse canadienne envers les anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale. (Photo : Damien Dauphin)

Avec Samuel Melanson, représentant des jeunes de l’école Carrefour de l’Acadie, M. Desjardins était l'un des orateurs de la première cérémonie anniversaire du Débarquement en Normandie. Celle-ci s’est déroulée mercredi 5 juin devant le cénotaphe de Dieppe.

Les pierres qui figurent sur le monument ont été ramassées sur la plage de Dieppe (France) par des étudiants français. Comme le rappelle Larry Comeau, président de l’Association des vétérans militaires de Dieppe, chacune représente un soldat canadien tué lors du Raid du 19 août 1942.

«Ces vies n’ont pas été perdues en vain, car les leçons tirées de cette tragédie ont conduit à l’invasion réussie du Jour J. En ce 80e anniversaire, nous rendons hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour nos droits et libertés. Leur sacrifice ne doit jamais être oublié», a déclaré M. Comeau.

De fait, la jeunesse ne l’oublie pas et sa présence parmi les anciens combattants avait une puissante force symbolique. Henri Desjardins a confié que ses arrière-grands-pères, qu’il n’a pas connu, ont participé à la guerre. L’un était mécanicien pour un bombardier, l’autre a combattu en France et en Allemagne.

«Nous voulons remercier les gens qui ont fait tant de sacrifices pour que nous puissions être ici aujourd'hui, pour que nous puissions aller à l'école en toute sécurité. Le monde pourrait être bien différent aujourd'hui si ce n'était des anciens combattants qui se sont battus pour notre pays quand nous avions besoin d'eux», a dit Henri Desjardins devant les vétérans, les dignitaires et les nombreux membres du public réunis pour cette occasion unique.

Byford Small
Matelot pendant la guerre, Horace Byford, 100 ans, a partagé ses souvenirs avec des cadets de la ligue navale de Codiac. (Photo : Damien Dauphin)

Quatre centenaires qui ont participé à la Seconde Guerre mondiale figuraient au premier rang des distingués invités. Horace Byford, qui fut matelot; George Cooper, qui fit partie d’une unité de parachutistes; Russell Kaye, un sergent à la retraite qui a fait partie des Forces armées canadiennes pendant plus de 25 ans; et Marjorie Sheehan, qui a servi en Angleterre au sein de la Croix-Rouge canadienne de 1944 à 1945.

Marjorie Sheehan, 102 ans, a servi comme volontaire de la Croix-Rouge. Elle se souvient avec acuité des missiles allemands qui bombardaient l’Angleterre. (Photo : Damien Dauphin)

Doyenne de la délégation du Jour J, Mme Sheehan est née à Saint-Jean et vit à Moncton. Âgée de 102 ans, elle s’est dite ravie de voir tant de jeunes prendre part à cet évènement commémoratif. Elle a partagé quelques impressions avec eux et Le Moniteur Acadien.

«Mon souvenir le plus vivace, ce sont les bombes : les V1 et les V2 de l’Allemagne nazie. Nous pouvions les entendre venir de loin et les voir arriver. N’importe qui pouvait en être victime. La vie ne tenait qu’à un fil.»

Enfants et adolescents se sont également entretenus avec Horace Byford, le plus alerte des trois centenaires présents, tous nés durant le premier semestre de l’année 1924. Il a fait partie des soldats qui ont pris d’assaut la plage Juno en ce fatidique matin du 6 juin 1944.

«C’est un bon moment pour faire l’éducation des jeunes du Canada, pour leur apprendre ce que nous avons fait pour ramener la paix en Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est un très grand honneur d’être ici aujourd’hui et j’en suis très fier», nous a-t-il déclaré.