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Consulat de France dans les Provinces atlantiques : l’ambassadeur remet les pendules à l’heure


Un ancien consul général de France dans les Provinces atlantiques a récemment comparé le consulat de Moncton à une coquille vide. Lors d’une rencontre éditoriale avec le Moniteur Acadien, l’ambassadeur de France au Canada, Michel Miraillet, a mis les points sur les « i ».

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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien


Michel Couthures a représenté la France à Moncton de 1987 à 1992. Le diplomate à la retraite a conservé des attaches dans la région où il partage son temps avec son pays natal. Comme la plupart de ses concitoyens, il a exprimé des préoccupations quant au retard dans la nomination d’un successeur à Johan Schitterer, reparti en France en décembre dernier. Dans une opinion partagée chez nos confrères de l’Acadie Nouvelle, il a qualifié le poste consulaire de «coquille vide», d’autant que l’attaché culturel a lui aussi quitté son poste. Pour M. Couthures, il s’agit d’une «situation sans précédent».

De passage à Moncton la semaine passée pour les commémorations du Débarquement en Normandie, l’ambassadeur de France au Canada, Michel Miraillet, a clarifié la situation. Le chef de la représentation diplomatique à Ottawa a jugé que la comparaison de M. Couthures était «particulièrement désagréable pour le personnel local qui fait fonctionner le consulat avec beaucoup de savoir-faire et d’attention pour la communauté française».

«Il faut savoir de quoi on parle quand on prend la plume pour s’exprimer dans les médias, a prévenu le diplomate. Ce que ne sait pas M. Couthures, c’est que le chef de la mission économique de l’ambassade de France est venu ici avec un collaborateur pour faire pendant une semaine le tour des grandes entreprises. Ni Michelin, ni Thalès ne considèrent le consulat de Moncton comme étant à l’abandon. L’ambassade y veille de très près.»

Il a ajouté que le successeur de Mélaine Ricard-Boulieu au poste d’attaché de coopération culturelle était choisi. Cette personne, actuellement en poste à Washington, prendra ses fonctions à Moncton cet été, à une date encore indéterminée.

S’agissant du consul général, le départ de M. Schitterer en dehors des dates habituelles de relève des agents a compliqué les choses. Michel Miraillet souhaite s’assurer que le prochain titulaire du poste consulaire «pour les trois à cinq prochaines années» soit un professionnel de haut calibre.

«On ne trouve pas forcément la bonne personne au bon moment. Je n’ai pas l’intention d’accepter n’importe qui dans un poste de rayonnement où, ce qui compte d’abord, c’est la qualité de l’individu», a affirmé l’ambassadeur.

Un consul général assure l’intérim

Face à des échéances importantes, il a demandé à l’administration centrale d’envoyer un consul par intérim pour renforcer l’équipe du consulat.

Ancien ambassadeur de France au Vanuatu, Pierre Fournier effectue depuis quelques temps de telles missions ponctuelles pour le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Parlant couramment le chinois, il a commencé sa carrière à Hong-Kong en 1990. Si l’Asie et l’Océanie sont ses zones géographiques de prédilection, ses missions de courte durée l’amènent à sortir de sa zone de confort.

Après un séjour de quatre mois au Brésil, il a connu une expérience délicate en Afrique. Dans le contexte de relations bilatérales tendues entre Paris et Ouagadougou, il a dû quitter précipitamment le Burkina Faso à la mi-avril avec deux de ses collègues. Arrivé en Acadie à la mi-mai, il y trouve un vent de fraîcheur.

«Je pense que c’est une très bonne chose de sortir de sa zone de confort, dit-il. C’est une des qualités de ce métier. Faire du consulaire en Inde, du culturel au Japon et du politique au Pakistan, cela revient déjà à se remettre en cause tous les trois ans. En attendant l’arrivée du nouveau titulaire du poste, je viens soutenir la petite équipe de Moncton pour l’aider à préparer quelques échéances assez lourdes et contraignantes.»

Visite d’Emmanuel Macron et réception du 14 juillet

Le dossier le plus brûlant est celui de la visite du président de la République française, vraisemblablement les 11 et 12 juillet prochains. Peu de détails ont été dévoilés à ce stade au sujet du passage d’Emmanuel Macron dans la région. Initialement, cette visite devait coïncider avec le Congrès mondial acadien en Nouvelle-Écosse.

«Le CMA tombe mal car il coïncide avec les Jeux Olympiques. Les organisateurs ont parfaitement compris cette difficulté, assure l’ambassadeur. Mais la visite du président de la République est un message fort. Elle répond à l’engagement qu’il avait pris en recevant Antonine Maillet à l’Élysée en 2021. Ce sera un grand moment de chaleur avec le peuple acadien.»

Pierre Fournier assure qu’il y aura une réception du 14 juillet pour la communauté française. Compte tenu des circonstances particulières du moment, celle-ci devrait avoir un format différent cette année, mais elle aura bien lieu. Le consul général de France par intérim repartira cet été pour une mission d’ambassadeur sous d’autres latitudes.