Shediac célèbre ses racines avec un festival des arts et de la culture
- Partager
Pendant trois jours, Shediac a mis à l’honneur son patrimoine, sa créativité et sa vie communautaire à l’occasion de la première édition du Festival des arts et de la culture. Point culminant de l’événement : l’ouverture officielle du Hub Arts et Culture, un nouvel espace voué aux rencontres, à la création et à la mémoire collective.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Du 16 au 18 mai, la ville de Shediac a vécu au rythme des arts, du patrimoine et de la communauté dans le cadre d’un tout premier festival consacré à la culture locale.
Le conseiller Paul Boudreau, la conseillère élue Marie O’Brien, le député Jacques LeBlanc, la conseillère Janice Cormier et la conseillère Patricia Bourque-Chevarie, maire-élue de Shediac. (Photo : Damien Dauphin)
L’événement proposait une programmation variée mêlant expositions, conférences, animations musicales, activités communautaires et réflexions sur la mémoire collective acadienne.
Le point culminant du week-end s’est toutefois déroulé dimanche soir avec l’inauguration officielle du Hub Arts et Culture, un nouvel espace culturel aménagé sur la rue Main au cœur du centre-ville.
Le festival avait débuté samedi matin avec une exposition présentée à l’École Louis-J.-Robichaud. En soirée, le parc Pascal-Poirier s’est animé avec une « soirée des lumières » comprenant musique et spectacle de feu.
Le lendemain, la journée communautaire patrimoniale a permis au public d’assister à un café-causerie consacré au sénateur Pascal Poirier au Club Boishébert, avant qu’un « Frolic du fricot » rassemble les participants autour d’un repas traditionnel acadien.
Un projet né d’un vaste effort communautaire
À l’origine du Hub Arts et Culture se trouve Jacqueline Richard, qui décrit le projet comme une aventure collective portée par l’implication de nombreux bénévoles.
L’ancienne journaliste Anne Godin a apprécié sa visite des lieux et s’est longuement entretenue avec Jacqueline Richard. (Photo : Damien Dauphin)
Les travaux ont débuté au début du mois de février et se sont déroulés à un rythme soutenu.
«Je savais que je n'étais pas toute seule dès le début parce que j'ai passé une fin de semaine à débouler des murs», raconte-t-elle en riant. «Ma famille pensait que j'étais folle.»
Rapidement, des proches et des bénévoles se sont joints au projet afin de transformer les lieux en espace communautaire consacré aux arts et au patrimoine.
Aujourd’hui, le Hub ressemble à une véritable malle aux trésors culturels. Des œuvres d’art y côtoient des livres, des créations artisanales et une salle patrimoniale destinée à accueillir des expositions tournantes.
«À Shediac, on est tellement riche en termes d’art, de culture et de patrimoine. C’est quelque chose qu’on devrait promouvoir et célébrer de façon régulière», souligne Jacqueline Richard.
Le lieu se veut avant tout un espace accessible et rassembleur.
«Le concept du hub, c’est un salon communautaire où les gens peuvent prendre place, s’asseoir et boire un café. C’est vraiment un lieu pour notre communauté, pour les gens d’ici ainsi que les gens de partout.»
Un lieu de vie lié au mieux-être collectif
Pour les organisateurs, le Hub Arts et Culture dépasse largement le simple cadre artistique.
Stella Boudreau, qui vient elle aussi de remporter une victoire avec l’acquisition du site du vieux cimetière de Cap-Bimet, a assisté à l’inauguration. (Photo : Damien Dauphin)
Le festival a d’ailleurs été organisé en mai en lien avec le Mois de la santé mentale.
«Il y a tellement de gens qui vivent isolés, qui n’ont pas les moyens d’interagir avec les autres ou de pratiquer la créativité», explique Jacqueline Richard. «Alors pour nous autres, le hub, c’est un lieu où les gens peuvent venir, interagir avec d'autres personnes, être créatifs, juste explorer. Puis ça, ça fait du bien en termes de santé mentale.»
Présent lors de l’inauguration, le député provincial de Shediac–Cap-Acadie, Jacques LeBlanc, a rappelé que la Ville de Shediac s’était dotée d’une politique culturelle dès 2015 afin de soutenir le développement artistique et patrimonial.
«Le centre-ville, c’est le cœur de la municipalité et c’est beau de voir qu’on le réanime», a-t-il déclaré.
La maire élue, Patricia Bourque-Chevarie, voit elle aussi dans ce nouvel espace un outil de rapprochement communautaire.
«Un établissement comme celui-ci va rapprocher les gens et créer un sentiment d’appartenance. Ça va donner la chance aux citoyens de s’impliquer au niveau de la communauté», a-t-elle affirmé.
Parmi les nombreux visiteurs présents lors de l’ouverture figurait également Ginette Goguen, impressionnée par la mobilisation entourant le projet.
« La salle était remplie. Il y a des bijoux, des livres, des œuvres d’art… Chapeau à toute l’équipe », résume-t-elle. 
Le Hub est un véritable coffre aux trésors où il est possible de se procurer quantité de choses, comme des cartes postales ou des objets à vocation holistique. (Photo : Damien Dauphin)
La programmation reste encore à consolider, et les heures d’ouverture du Hub ne sont pas encore fixées. Selon Jacqueline Richard, il est possible que les lieux puissent être ouverts sur demande du public – notamment durant la saison estivale – jusqu’à 22 heures. Et comme l’été s’en vient, une terrasse va également ouvrir d’ici deux semaines.
Le Hub Arts et Culture est situé au 326 rue Main, à Shediac.
Marie O’Brien lance Derrière les portes verrouillées
Samedi après-midi, la chroniqueuse bien-être du Moniteur Acadien, Marie O’Brien, a procédé au lancement de son nouveau roman Derrière les portes verrouillées au Club Boishébert. 
Dans la droite ligne de ses précédents écrits, Marie O’Brien aborde avec sensibilité les enjeux du mieux-être dans le cadre d’un récit fictif. (Photo : Damien Dauphin)
Entourée de son éditeur, Jérémy Parent, propriétaire des éditions Un million de rêves, de son accompagnatrice littéraire Sonia Soleil et de plusieurs proches, l’auteure a présenté un ouvrage abordant les enjeux de santé mentale à travers le personnage de Justine.
«Ce que j’ai toujours voulu faire, c’est enlever la honte de la santé mentale», explique-t-elle.
À travers le personnage de Justine, Marie O’Brien dépeint une réalité humaine qui existe partout au Canada. Elle affirme avoir voulu ouvrir une conversation sur un sujet encore trop souvent tabou.
«On a un corps physique et une âme, et parfois, il y en a une partie qui se fracture. Souvent, les gens minimisent leurs symptômes, ils pensent que c’est une faiblesse. Mais ça ne l’est pas. Ça fait partie de notre condition humaine.»
Pascal Poirier toujours au cœur de la mémoire collective
Historien originaire de Shediac, Joël Belliveau a présenté dimanche une conférence consacrée au sénateur Pascal Poirier au Club Boishébert.
Pendant près d’une heure et demie, il est revenu sur le patrimoine de Shediac et sur l’héritage laissé par celui qui fut le premier sénateur acadien du Canada.
Membre du comité de sauvegarde de la Maison historique Pascal-Poirier, Sylvio Brideau s’est réjoui de l’intérêt du public.
«Les gens ont parlé de l’avenir de la maison Pascal-Poirier et de l’importance de sauver notre patrimoine et notre culture», souligne-t-il.
Selon lui, le Hub Arts et Culture pourrait devenir un moteur important du développement culturel de la ville.
«On ne peut pas voir le futur si on n’apporte pas notre bagage avec nous. Et notre bagage, c’est notre patrimoine, notre histoire.»
La Maison Pascal-Poirier finalement sauvée
Bien des choses se sont produites au cours des neuf derniers mois, depuis que Le Moniteur Acadien a alerté l’opinion publique sur l’état de la Maison historique Pascal-Poirier (notre édition du 6 août 2025). Menacé de disparation, le plus vieil édifice de Shediac a été sauvé par la pugnacité d’un groupe de citoyens engagés à le préserver.
Le comité citoyen mobilisé pour sa sauvegarde estime avoir remporté une victoire importante.
Selon Sylvio Brideau, les démarches entreprises ont permis de démontrer qu’il était légalement impossible de démolir ou de modifier librement ce bâtiment patrimonial.
«Cette maison, c’est non seulement le patrimoine de Shediac, mais aussi celui de la province et de l’ensemble du Canada», affirme-t-il.
Le comité de sauvegarde changera prochainement de nom pour devenir « Les amis de la maison Pascal-Poirier », mais ses membres promettent de demeurer vigilants quant à la protection du site patrimonial.
«On va être des chiens de garde pour s’assurer que notre patrimoine soit protégé en tout temps. Peu importe qui sera le locataire, il faudra qu’il respecte notre patrimoine», conclut Sylvio Brideau.
