Le site historique de Cap-Bimet désormais protégé
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Après plusieurs années de mobilisation citoyenne, le site historique de Cap-Bimet vient officiellement de passer entre les mains de la Société historique de la mer Rouge, assurant ainsi la protection d’un lieu étroitement lié aux débuts de la présence acadienne dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien
Cette acquisition marque l’aboutissement de quatre années de travail mené par un groupe de bénévoles devenu le Comité de sauvegarde du site historique de Cap-Bimet.
Le terrain abrite un ancien cimetière datant de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, où reposeraient plusieurs dizaines d’Acadiens et de membres des Premières Nations.
Selon les recherches de Ronnie-Gilles LeBlanc, ancien archiviste au Centre d’études acadiennes de l’Université de Moncton, au moins 61 sépultures ont été recensées dans les registres entre 1812 et 1826.
Les deux tiers concernaient des enfants âgés de moins de dix ans.
Toujours selon ces recherches, six des enfants enterrés sur le site provenaient de la Première Nation de l’Aboujagane, témoignant des liens historiques entre les communautés acadienne et mi’kmaq dans la région.
Le cimetière aurait toutefois été utilisé dès 1789, ce qui laisse croire que d’autres personnes non identifiées pourraient également y être ensevelies.
Parmi les familles acadiennes associées au lieu figurent notamment les Arsenault, Boudreau, Brun, Cormier, Doiron, Gaudet, LeBlanc, Léger et Robichaud. Du côté autochtone, les noms Nocoute (Knockwood), Clermont et Marquis apparaissent aussi dans les archives.
Une importante campagne de financement amorcée en 2025 a permis de recueillir plus de 200 dons afin de soutenir les démarches de préservation du site.
Un monument commémoratif a d’ailleurs été installé le long du chemin Cap-Bimet, près de la route 133 à Boudreau-Ouest.
Les responsables souhaitent maintenant développer un concept de commémoration plus vaste au cours des prochains mois.
«Ce terrain doit absolument être protégé. Il s’agit des ancêtres de toute la région de Cap-Pelé jusqu’à Shediac, dont le mien», souligne Stella Boudreau, membre du comité de sauvegarde.
Ils témoignent de l’amitié entre le peuple acadien et le peuple micmac et de la difficile reconstruction de l’Acadie après les terribles épreuves subies aux mains des envahisseurs.»
Elle estime que cette acquisition ouvre enfin la porte à une véritable mise en valeur du site.
«Maintenant que les lieux appartiennent à la Société historique, nous pourrons enfin entreprendre des démarches pour l’entretenir et le commémorer.»
Le président de la Société historique de la mer Rouge, Marcel Goguen, voit dans cette démarche une avancée importante pour la préservation du patrimoine régional.
«C’est l’ajout d’un autre site patrimonial du sud-est que nous célébrons aujourd’hui», affirme-t-il.
Selon lui, le site de Cap-Bimet entretient également un lien historique étroit avec l’église historique de Barachois.
«Le lien avec l’Église historique de Barachois est intime et boucle la boucle de l’arrivée des familles acadiennes dans notre région», conclut-il.
«Le lien avec l’Église historique de Barachois est intime et boucle la boucle de l’arrivée des familles acadiennes dans notre région», conclut-il.
