Neuf nouveaux médecins prêts à exercer au Nouveau-Brunswick
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Le gouvernement du Nouveau-Brunswick mise de plus en plus sur les médecins formés à l’international pour améliorer l’accès aux soins primaires. La deuxième cohorte du programme d’évaluation de la capacité à exercer vient de terminer sa formation, ouvrant la voie à l’arrivée de neuf nouveaux médecins dans différentes communautés de la province.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Le succès du programme a été souligné à Moncton le 30 avril lors d’une cérémonie réunissant représentants gouvernementaux, responsables du réseau de santé et médecins nouvellement diplômés.
Pour la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, cette initiative répond à un besoin devenu urgent dans la province.
«Tous les gens du Nouveau-Brunswick méritent d’avoir accès à des soins primaires près de chez eux», a-t-elle déclaré.
Elle souhaite d’ailleurs voir le programme continuer de prendre de l’ampleur au cours des prochaines années.
«Moi, j’aimerais que ça n’arrête pas là. On va continuer d’agrandir et de prendre votre feedback sur l’expérience pour toujours améliorer le travail qu’on fait pour les Canadiens et pour le système de santé.»
La première ministre estime également que le système de santé doit mieux refléter l’évolution démographique de la province.
«On a besoin d’un système de soins dans lequel les patients peuvent se reconnaître, un système qui doit refléter la population du Nouveau-Brunswick qui évolue et qui change.»
Une voie accélérée vers la pratique
Le programme d’évaluation de la capacité à exercer est offert par le Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick, avec l’appui du ministère de la Santé.
Les médecins formés à l’étranger suivent un stage clinique supervisé de douze semaines visant à évaluer leurs compétences et leur aptitude à exercer de façon sécuritaire dans le système canadien. Les participants retenus signent ensuite une entente de service de trois ans avec la province.
Le ministre de la Santé, John Dornan, considère ce programme comme l’un des moyens les plus rapides d’augmenter le nombre de médecins de famille au Nouveau-Brunswick.
«Nous avons un groupe de personnes qui ont choisi le Nouveau-Brunswick. Elles viennent ici, elles sont très compétentes, elles sont évaluées. Il ne leur faut pas huit ans, et elles exercent immédiatement dans notre province.»
Selon lui, les neuf médecins diplômés de cette deuxième cohorte pourraient chacun prendre en charge «quelques milliers de patients».
Le gouvernement provincial a récemment annoncé que le nombre de places au programme passera de 10 à 14. Une troisième cohorte a d’ailleurs déjà commencé sa formation et devrait la compléter cet été.
Des médecins internationaux déjà essentiels
Les médecins formés à l’étranger occupent déjà une place importante dans le système de santé néo-brunswickois.
Près du tiers des médecins exerçant actuellement dans la province ont obtenu leur diplôme à l’extérieur du Canada.
La présidente du Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick, la Dre Rina Lee, affirme que son organisation a joué un rôle majeur dans le développement de nouvelles voies d’accès à la profession.
«Ces programmes offrent des voies concrètes, sécuritaires et rigoureuses à la pratique pour les médecins formés à l’international.»
Elle estime que ces initiatives contribuent directement à améliorer l’accès aux soins pour les citoyens.
Même constat du côté du Réseau de santé Vitalité.
Sa présidente-directrice générale, la Dre France Desrosiers, affirme vouloir atteindre un objectif ambitieux: faire en sorte que chaque résident du territoire du réseau soit rattaché à un fournisseur de soins de santé.
Selon les données du réseau, environ 93% des patients auraient actuellement accès à un professionnel de santé attitré.
«Derrière cet objectif ambitieux, se dessine la promesse d’offrir à tous les patients une continuité de soins, et aux médecins les conditions qui rendent cette continuité possible», souligne-t-elle.
Elle promet également aux nouveaux médecins un accompagnement concret dans leur intégration.
«Si quelque chose freine votre intégration, si un processus vous semble inutilement lourd, et si vous avez des idées pour qu’on fasse mieux, nous voulons l’entendre et nous voulons agir.»
« Je me sens vraiment chez moi »
Plusieurs des nouveaux médecins iront exercer dans des régions où les besoins sont particulièrement importants, notamment dans le Restigouche et la Péninsule acadienne.
La Dre Oumayma Belaqziz, au centre, a déjà développé un sentiment d’appartenance avec sa future communauté. (Photo : Damien Dauphin)
C’est le cas de la Dre Oumayma Belaqziz, originaire du Maroc.
Avant de venir au Nouveau-Brunswick, elle travaillait comme médecin généraliste au CHU de Rabat. Installée dans la province depuis deux ans, elle a d’abord occupé un autre emploi au CHU Dr. Georges-L.-Dumont avant d’intégrer le programme.
Elle reconnaît que le parcours menant à la reconnaissance professionnelle demeure exigeant.
«Avant le programme de formation, le processus en amont est exigeant et compliqué. Il y a beaucoup de défis à surmonter.»
Mais elle affirme que les douze semaines de formation lui ont permis de mieux comprendre les réalités du système de santé canadien.
«Cette formation condensée de douze semaines m’a permis de comprendre le fonctionnement du système de santé du Nouveau-Brunswick, de m’y adapter, de comprendre les aspects professionnels et culturels de la pratique canadienne.»
La Dre Belaqziz exercera bientôt à l’hôpital de Lamèque.
«C’est une très belle région que j’aime bien. Les gens sont très accueillants. Je me sens vraiment chez moi avec eux.»
