À l’école LJR, un atelier de couture pour lutter contre la précarité menstruelle
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Une initiative étudiante prend forme à École Louis-J.-Robichaud pour répondre à un enjeu bien réel dans la communauté. Élève de 12e année, Laura Doolaeghe a mis sur pied un atelier de couture visant à confectionner des protections menstruelles réutilisables destinées à des femmes dans le besoin.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Centre IDÉE, un programme entrepreneurial offert par l’école, qui encourage les élèves à développer des initiatives concrètes ayant un impact dans leur milieu.
Le premier atelier, tenu le 15 avril, a réuni des bénévoles de tous niveaux, des couturières expérimentées comme des participantes débutantes. Sur place, tout le matériel était fourni, des machines à coudre aux tissus, afin de faciliter la participation.
À travers cette démarche, Laura Doolaeghe souhaite contribuer à atténuer la précarité menstruelle, une réalité encore bien présente.
«J’ai fait une recherche en amont sur les problèmes que nous avions dans la communauté et comment je pouvais aider à les régler. Au Canada, une femme sur cinq n’a pas accès à des protections hygiéniques. Je fais cela pour leur en donner. Comme je suis une femme, ça me tenait à cœur», explique-t-elle.
Les protections confectionnées seront distribuées par des organismes communautaires, dont le Vestiaire St-Joseph et le Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour, ainsi que dans certaines écoles de la région.
Une mobilisation intergénérationnelle
Parmi les participantes, Hélène Boucher, déjà impliquée dans un précédent atelier, souligne l’intérêt écologique du projet.
«Ce sont des protections réutilisables. En fin de compte, ça permet de réutiliser des matériaux qui, probablement, auraient été jetés», indique-t-elle.
Bien qu’elle ne se considère pas comme une couturière expérimentée, elle n’a pas hésité à s’impliquer. «Je peux faire de la découpe, des bouts de pantalons. Mais je me lance, je vais être accompagnée», ajoute-t-elle.
Une autre participante, plus aguerrie, avait déjà animé des ateliers similaires auprès d’élèves de l’École Mathieu-Martin. Elle se dit prête à contribuer à ce type d’initiative. «Autant qu’on peut en faire pour les femmes, je suis prête», confie-t-elle.
Porté par l’engagement d’une élève et la mobilisation de la communauté, ce projet témoigne d’une volonté de solidarité concrète face à un enjeu souvent tabou.
L’objectif de ce premier atelier était de confectionner une cinquantaine de protections hygiéniques. Pour Laura Doolaeghe, il ne s’agit que d’un début.
«S’il y a des personnes qui peuvent nous aider de quelque façon que ce soit, on a besoin de toute l’aide possible. Je vais définitivement faire deux ou trois autres ateliers», affirme-t-elle.
