ENTRETIEN AVEC MARK BLACK, CANDIDAT AU POSTE DE CONSEILLER GÉNÉRAL À DIEPPE
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Mark Black n’est pas tout à fait un candidat comme les autres. Connu pour être la première personne de l’histoire à avoir couru un marathon complet avec le cœur et les poumons d’une autre personne, il a récemment subi une transplantation rénale grâce à un don de son frère. L’opération s’est déroulée à Halifax le 16 avril. Si elle l’empêche de faire campagne en présentiel, elle ne ralentit pas sa détermination à vouloir servir sa communauté. Depuis plus de 20 ans, Mark Black s’est bâti une carrière florissante en tant que conférencier, auteur et coach, aidant des organisations à travers l’Amérique du Nord à naviguer dans le changement et à renforcer leur résilience. Le Moniteur Acadien s’est entretenu avec lui à la veille de la dernière ligne droite de la campagne électorale.
LE MONITEUR ACADIEN : Pourquoi êtes-vous candidat et quels sont les sujets sur lesquels vous faites campagne ?
MARK BLACK : Je suis candidat car je crois que Dieppe fera face à de nombreux défis dans les années à venir et qu’elle aura besoin d’un conseil municipal capable de les affronter avec clarté et détermination.
C’est là ma force. Mes problèmes de santé m’ont permis de développer ma résilience et ma capacité d’adaptation, et j’enseigne ces compétences dans le cadre de mon travail depuis 22 ans.
Mon programme électoral s’articule autour de trois piliers principaux :
- La croissance et le développement intelligents : pour s’assurer que notre expansion se fasse de manière durable.
- Les opportunités économiques : pour renforcer la vitalité de notre ville.
- L’inclusion : créer une communauté où chaque résident se sent accueilli et intégré.
Je suis profondément enraciné à Dieppe, où ma famille et moi vivons depuis vingt ans. Mon engagement envers cette communauté s’est déjà manifesté par mon implication au sein des conseils d’administration de La Maison des Jeunes et d’Atlantic Wellness.
LMA : Quel impact a eu votre récente transplantation rénale et comment le public a-t-il réagi ?
MB : Comme vos lecteurs l’ont peut-être vu sur les réseaux sociaux, j’ai eu la chance de bénéficier d’une greffe de rein le 16 avril. Cela fait près de 24 ans que j’ai subi une greffe du cœur et des deux poumons, et les médicaments que je prends pour prévenir le rejet de ces organes ont fini par affecter mes reins.
Plusieurs personnes m’ont demandé si j’étais prêt à faire face aux exigences de la vie politique après une intervention chirurgicale aussi importante. La réponse est absolument oui.
Comme la greffe est toute récente, je prends certaines précautions pour éviter toute exposition aux infections au cours des premiers mois. Cela signifie que je ne ferai pas moi-même de porte-à-porte (mais des bénévoles distribueront des tracts et discuteront avec les citoyens en mon nom).
Cela dit, je fais des progrès chaque jour. Mon rétablissement se passe même mieux que prévu. Je ne pourrai pas participer à tous les événements de campagne que j’aimerais, et j’ai choisi d’organiser ma réunion publique sur Zoom plutôt qu’en présentiel. C’est pour moi une manière responsable d’honorer le cadeau de la vie qui m’a été offert.
Je suis convaincu que si je suis élu le 11 mai, je serai prêt à servir les citoyens de Dieppe dès le 12 mai.
Pour compenser, ma campagne se déploie activement sur les réseaux sociaux. J’utilise ces plateformes non seulement pour partager mon message, mais surtout pour engager un dialogue avec les citoyens en leur demandant quels défis ils aimeraient voir le conseil relever.
Le retour du public est extrêmement positif et encourageant.
LMA : Qu’avez-vous appris de votre campagne électorale dans Moncton-Nord-Ouest il y a six ans ?
Ma candidature provinciale en 2020 m’a enseigné des leçons fondamentales que j’applique aujourd’hui.
Je me suis présenté contre le ministre des Finances, et je savais donc que j’avais peu de chances de l’emporter. J’étais prêt à me présenter, même en sachant que j’allais probablement perdre, car l’important était de représenter ma communauté, et non de gagner.
Plus important encore, cette expérience a renforcé ma philosophie d’action : le progrès ne vient pas de l’évitement des difficultés, mais de la responsabilité que l’on assume pour trouver des solutions.
En tant que conseiller, je m’engage à reconnaître les problèmes, à assumer ma part de responsabilité et à travailler sans relâche pour les résoudre.
LMA : Quel est le premier point que vous aimeriez apporter à la table du conseil municipal de Dieppe ?
Si je suis élu, mon premier objectif sera d’insuffler une approche proactive face aux défis de croissance de la ville.
De nombreux citoyens m’ont fait part de leurs préoccupations concernant la croissance, le développement et l’accessibilité financière. La ville s’agrandit, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, mais nous devons le faire de manière réfléchie.
Nous constatons que la croissance démographique entraîne certains défis en matière de circulation, ainsi qu’une pression accrue sur nos systèmes éducatif et de santé.
Nous devons adopter une approche stratégique afin de préserver la qualité de vie et l’accessibilité financière pour les citoyens de Dieppe.
Si la croissance est positive et nécessaire, elle doit s’inscrire dans une stratégie qui protège la qualité de vie des résidents actuels.
Si je suis élu, je travaillerai avec le conseil municipal et les promoteurs locaux pour veiller à ce que notre croissance ne se fasse pas au détriment de ceux qui vivent déjà ici.
Je souhaite m’assurer que chaque décision prise à la table du conseil soit guidée par une vision à long terme qui priorise le bien-être des résidents et la durabilité de nos infrastructures. Mon expérience de 23 ans en tant que chef d’entreprise (conférencier et coach spécialisé en résilience et en gestion du changement) sera un atout majeur pour aider le conseil à naviguer dans les transitions futures de Dieppe.
