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20 Janvier 2026
Une deuxième candidature à la direction du Parti progressiste-conservateur
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Daniel Allain ne sera pas élu par acclamation lors du congrès du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick (PCNB). Don Monahan, député d’Arcadia-Butternut Valley-Maple Hills, se lance dans la course à la chefferie. Selon un partisan de M. Allain et un politologue, c’est une bonne nouvelle pour la démocratie.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
«Il est bon pour le parti et pour la démocratie de voir plusieurs candidats se présenter à la direction du Parti conservateur du Nouveau-Brunswick», estime Mario Lévesque, professeur au département de sciences politiques et des relations internationales de l’Université Mount Allison à Sackville.
Panéliste du Moniteur acadien et fervent soutien de Daniel Allain, Roger Léger abonde dans le même sens que l’universitaire. Peu avant Noël, il s’est entretenu une vingtaine de minutes avec Don Monahan lors d’une réception privée pour les membres du PCNB, à Fredericton.
«C’est un gars très raisonnable», a-t-il déclaré lors d’une entrevue téléphonique. «Je lui ai délivré le message qu’il allait être perçu comme le candidat de l’Équipe Higgs. Il m’a dit qu’il comprenait.»
Don Monahan a été élu pour la première fois en octobre 2024 dans une circonscription nouvellement créée à la faveur du dernier redécoupage décennal. S’il a fait campagne avec l’Équipe Higgs, il n’a cependant jamais siégé du temps de l’ancien premier ministre. Dans le cadre de l’actuelle législature, il est le critique de l’opposition officielle en matière de finances.
Un député bilingue…
Originaire de Petitcodiac et ancien membre des Forces armées canadiennes, M. Monahan a vécu au Québec pendant près de 30 ans. Il y a occupé des fonctions électives au sein du conseil municipal de Mascouche, dans la région administrative de Lanaudière au nord de Montréal. Son épouse est Québécoise et lui-même est tout à fait bilingue.
«C’est une bonne candidature pour plusieurs raisons, soutient Roger Léger. S’il était unilingue, c’est tout ce que la presse aurait trouvé à dire de lui. Cela va atténuer le message négatif (envers le parti).»
Mario Lévesque est d’avis que le bilinguisme de Don Monahan va aider ce dernier, mais qu’il devra combler un déficit de notoriété qui pourrait lui nuire face à un adversaire connu comme le loup blanc.
«ll incarne le profil type du Néo-Brunswickois qui a quitté la province pour trouver du travail, avant d'y revenir plus tard. Le défi ici sera sa notoriété et son manque d'expérience en politique provinciale. Cela me rappelle l'ancien chef du Parti libéral, Kevin Vickers, qui a eu du mal à s'adapter à la politique provinciale, les gens ne le considérant pas vraiment comme quelqu'un qui «connaît» ou «comprend» le Nouveau-Brunswick», analyse-t-il.
Il convient à ce moment-ci de céder la parole au principal intéressé, qui a répondu aux questions du Moniteur acadien dans un français impeccable. Au sujet de son expérience municipale, le candidat Monahan déclare qu’elle lui a «appris que les décisions politiques doivent toujours être prises avec pragmatisme et en tenant compte de leur impact direct sur la vie des gens.»
«J’aborde les enjeux avec un regard nouveau, ancré dans l’expérience, mais aussi dans la volonté de remettre en question les façons de faire lorsque celles-ci ne répondent plus aux besoins réels de la population. Je crois qu’un leadership fort repose sur l’écoute, la proximité avec les citoyens et le courage de proposer des solutions concrètes et responsables», poursuit-il.
… qui a des ancêtres acadiens
Don Monahan croit que sa maîtrise de la langue française lui permettra d’établir un lien authentique et durable avec l’électorat acadien. «Être en mesure de s’adresser aux citoyens dans la langue de leur choix est essentiel pour bâtir la confiance et assurer une représentation équitable. (…) Vivre et travailler en français au quotidien (lorsqu’il vivait au Québec – NDLR) a façonné ma façon de voir le dialogue politique, le respect des communautés et l’importance de protéger et promouvoir nos deux langues officielles.»
Cerise sur le gâteau, le député provincial a des Acadiens dans son arbre généalogique. «Ma mère est une Pothier, un nom bien ancré dans l’histoire acadienne. Cet héritage n’est pas symbolique: il renforce mon engagement personnel envers la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick. Je comprends leurs préoccupations, leurs aspirations et leur désir légitime d’être pleinement entendus et respectés dans les décisions gouvernementales.»
Ces atouts pourraient certainement en faire un premier-ministrable crédible lors des élections de 2028, mais sont-ils de nature à faire de l’ombre à l’ancien député de Moncton-Est dans la course à la chefferie du PCNB ? Mario Lévesque pense que le positionnement de Don Monahan sur l’échiquier politique pourrait lui valoir le ralliement de l’aile droite du parti.
«Il sera intéressant de voir qui il recrutera dans son équipe de campagne et comment lui et M. Allain présenteront leurs idées pour résoudre le problème du déficit et de la dette de la province», avance le politologue.
Rassembler toutes les forces vives
De son côté, Roger Léger ne pense pas que Daniel Allain ait du souci à se faire.
«Le soutien de Higgs peut être un fardeau, prophétise notre panéliste. Daniel Allain a plus de chances de l’emporter. Kris Austin a compris cela. Le parti a davantage besoin de Daniel Allain que Daniel Allain n’a besoin du parti. Si Daniel Allain perd, alors le parti perd.»
En cas de victoire, Don Monahan a l’intention d’en finir avec les divisions internes et de réunir tous les élus et les militants pour reprendre l’Assemblée législative en 2028.
«Quiconque remportera cette course aura la responsabilité morale et politique de rassembler les troupes, dit-il. Pour guérir et avancer, l’acceptation et le pardon doivent faire partie intégrante du processus.» Il déclare avoir la ferme intention de bâtir une équipe inclusive, fondée sur le respect, la collaboration et la reconnaissance des compétences. Dans cette optique, sa porte serait grande ouverte aux membres qui auront apporté leur soutien à Daniel Allain.
«Nous devrons mettre nos différences de côté et travailler collectivement afin de présenter un front uni, crédible et solide. C’est en démontrant cette unité que nous pourrons expliquer clairement aux électeurs pourquoi notre parti, ses valeurs et sa vision représentent le meilleur choix pour la prochaine élection générale», conclut le député.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
«Il est bon pour le parti et pour la démocratie de voir plusieurs candidats se présenter à la direction du Parti conservateur du Nouveau-Brunswick», estime Mario Lévesque, professeur au département de sciences politiques et des relations internationales de l’Université Mount Allison à Sackville.
Panéliste du Moniteur acadien et fervent soutien de Daniel Allain, Roger Léger abonde dans le même sens que l’universitaire. Peu avant Noël, il s’est entretenu une vingtaine de minutes avec Don Monahan lors d’une réception privée pour les membres du PCNB, à Fredericton.
«C’est un gars très raisonnable», a-t-il déclaré lors d’une entrevue téléphonique. «Je lui ai délivré le message qu’il allait être perçu comme le candidat de l’Équipe Higgs. Il m’a dit qu’il comprenait.»
Don Monahan a été élu pour la première fois en octobre 2024 dans une circonscription nouvellement créée à la faveur du dernier redécoupage décennal. S’il a fait campagne avec l’Équipe Higgs, il n’a cependant jamais siégé du temps de l’ancien premier ministre. Dans le cadre de l’actuelle législature, il est le critique de l’opposition officielle en matière de finances.
Un député bilingue…
Originaire de Petitcodiac et ancien membre des Forces armées canadiennes, M. Monahan a vécu au Québec pendant près de 30 ans. Il y a occupé des fonctions électives au sein du conseil municipal de Mascouche, dans la région administrative de Lanaudière au nord de Montréal. Son épouse est Québécoise et lui-même est tout à fait bilingue.
«C’est une bonne candidature pour plusieurs raisons, soutient Roger Léger. S’il était unilingue, c’est tout ce que la presse aurait trouvé à dire de lui. Cela va atténuer le message négatif (envers le parti).»
Mario Lévesque est d’avis que le bilinguisme de Don Monahan va aider ce dernier, mais qu’il devra combler un déficit de notoriété qui pourrait lui nuire face à un adversaire connu comme le loup blanc.
«ll incarne le profil type du Néo-Brunswickois qui a quitté la province pour trouver du travail, avant d'y revenir plus tard. Le défi ici sera sa notoriété et son manque d'expérience en politique provinciale. Cela me rappelle l'ancien chef du Parti libéral, Kevin Vickers, qui a eu du mal à s'adapter à la politique provinciale, les gens ne le considérant pas vraiment comme quelqu'un qui «connaît» ou «comprend» le Nouveau-Brunswick», analyse-t-il.
Il convient à ce moment-ci de céder la parole au principal intéressé, qui a répondu aux questions du Moniteur acadien dans un français impeccable. Au sujet de son expérience municipale, le candidat Monahan déclare qu’elle lui a «appris que les décisions politiques doivent toujours être prises avec pragmatisme et en tenant compte de leur impact direct sur la vie des gens.»
«J’aborde les enjeux avec un regard nouveau, ancré dans l’expérience, mais aussi dans la volonté de remettre en question les façons de faire lorsque celles-ci ne répondent plus aux besoins réels de la population. Je crois qu’un leadership fort repose sur l’écoute, la proximité avec les citoyens et le courage de proposer des solutions concrètes et responsables», poursuit-il.
… qui a des ancêtres acadiens
Don Monahan croit que sa maîtrise de la langue française lui permettra d’établir un lien authentique et durable avec l’électorat acadien. «Être en mesure de s’adresser aux citoyens dans la langue de leur choix est essentiel pour bâtir la confiance et assurer une représentation équitable. (…) Vivre et travailler en français au quotidien (lorsqu’il vivait au Québec – NDLR) a façonné ma façon de voir le dialogue politique, le respect des communautés et l’importance de protéger et promouvoir nos deux langues officielles.»
Cerise sur le gâteau, le député provincial a des Acadiens dans son arbre généalogique. «Ma mère est une Pothier, un nom bien ancré dans l’histoire acadienne. Cet héritage n’est pas symbolique: il renforce mon engagement personnel envers la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick. Je comprends leurs préoccupations, leurs aspirations et leur désir légitime d’être pleinement entendus et respectés dans les décisions gouvernementales.»
Ces atouts pourraient certainement en faire un premier-ministrable crédible lors des élections de 2028, mais sont-ils de nature à faire de l’ombre à l’ancien député de Moncton-Est dans la course à la chefferie du PCNB ? Mario Lévesque pense que le positionnement de Don Monahan sur l’échiquier politique pourrait lui valoir le ralliement de l’aile droite du parti.
«Il sera intéressant de voir qui il recrutera dans son équipe de campagne et comment lui et M. Allain présenteront leurs idées pour résoudre le problème du déficit et de la dette de la province», avance le politologue.
Rassembler toutes les forces vives
De son côté, Roger Léger ne pense pas que Daniel Allain ait du souci à se faire.
«Le soutien de Higgs peut être un fardeau, prophétise notre panéliste. Daniel Allain a plus de chances de l’emporter. Kris Austin a compris cela. Le parti a davantage besoin de Daniel Allain que Daniel Allain n’a besoin du parti. Si Daniel Allain perd, alors le parti perd.»
En cas de victoire, Don Monahan a l’intention d’en finir avec les divisions internes et de réunir tous les élus et les militants pour reprendre l’Assemblée législative en 2028.
«Quiconque remportera cette course aura la responsabilité morale et politique de rassembler les troupes, dit-il. Pour guérir et avancer, l’acceptation et le pardon doivent faire partie intégrante du processus.» Il déclare avoir la ferme intention de bâtir une équipe inclusive, fondée sur le respect, la collaboration et la reconnaissance des compétences. Dans cette optique, sa porte serait grande ouverte aux membres qui auront apporté leur soutien à Daniel Allain.
«Nous devrons mettre nos différences de côté et travailler collectivement afin de présenter un front uni, crédible et solide. C’est en démontrant cette unité que nous pourrons expliquer clairement aux électeurs pourquoi notre parti, ses valeurs et sa vision représentent le meilleur choix pour la prochaine élection générale», conclut le député.
