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13 Janvier 2026
Une commission réclamée pour étudier le changement de nom de l’Université de Moncton
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La question du changement de nom de l’Université de Moncton pourrait-elle bientôt faire l’objet d’un examen formel? C’est ce que souhaitent la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et le Comité citoyen pour un nouveau nom. Les deux organismes demandent conjointement à l’institution de mettre sur pied une commission spéciale chargée d’étudier cette possibilité.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Les deux organismes souhaitent la création d’une commission paritaire réunissant des représentants de l’Université ainsi que de la communauté acadienne. Les membres seraient nommés conjointement par l’Université, la SANB et le Comité citoyen.
Cette commission aurait pour mandat d’organiser des consultations publiques dans différentes régions de l’Acadie, de mener des consultations en ligne et de solliciter l’avis d’experts, avant de soumettre un rapport au Conseil de l’université, lequel serait également rendu public.
Selon la SANB, il s’agirait d’une première dans l’histoire de l’institution. Depuis sa fondation en 1963, la question du nom de l’Université de Moncton a été soulevée à de nombreuses reprises. Étudiants, membres du corps professoral et leaders communautaires ont, à au moins une douzaine d’occasions, plaidé en faveur d’un changement de nom.
La SANB s’est d’ailleurs prononcée officiellement en ce sens lors de ses trois dernières assemblées générales annuelles. Lors de l’AGA de juin dernier, les délégués ont adopté une résolution demandant la mise sur pied d’une commission université–communauté.
«Il est essentiel de débattre ouvertement et publiquement de cette question qui touche à l’essence même d’une institution phare de l’Acadie», souligne la présidente de la SANB, Nicole Arseneau-Sluyter.
Dans l’attente d’un débat plus approfondi, la SANB et le Comité citoyen invitent la population et les organismes communautaires à utiliser un nom provisoire reflétant la mission de l’établissement. À la suite d’un vote en ligne tenu à l’hiver 2025, un comité d’experts avait retenu trois proposition : Université Nouvelle-Acadie, Université d’Acadie et Université Antonine-Maillet. Ces noms pourraient être soumis à la future commission.
Entre-temps, la SANB et le Comité citoyen ont convenu d’utiliser l’appellation Université acadienne, estimant qu’un changement d’usage dans la vie quotidienne peut contribuer à faire évoluer le débat.
Un geste symbolique lors d’activités sur les campus
Les deux organismes proposent également d’ajouter, lors d’activités communautaires tenues sur l’un des trois campus, une déclaration rappelant l’origine du nom «Moncton», en complément de la reconnaissance du territoire des Premières Nations. Cette déclaration évoque le rôle du colonel britannique Robert Monckton lors de la prise de Fort Beauséjour en 1755 et de la Déportation des Acadiens.
La porte-parole du Comité citoyen, Lise Ouellette, estime que toute la communauté peut contribuer, de façon respectueuse mais persévérante, à la construction identitaire collective, notamment par l’adoption d’un nom plus rassembleur pour l’université acadienne».
Le mouvement en faveur d’un changement de nom se poursuit donc, alors que la SANB et le Comité citoyen estiment que l’Acadie mérite une université dont le nom reflète sa réalité actuelle et ses aspirations futures.
Le dossier du changement de nom de l’Université de Moncton a été réactivé le 8 février 2023 dans Le Moniteur Acadien par Jean-Marie Nadeau. Depuis trois ans, toutes les propositions formulées par le Comité citoyen ont été rejetées par le Conseil de l’Université. Pour autant, Lise Ouellette ne désespère pas. Elle rappelle le long chemin parcouru par l’Université Ryerson, en Ontario, pour devenir la Toronto Metropolitan University. «Ça leur a pris dix ans.»

Lise Ouellette
«C’est vrai qu’il y a des endroits où ça s’est fait plus vite, nuance-t-elle, mais une période de trois à cinq ans n’est pas inhabituelle.»
À l’heure actuelle, le Comité citoyen pour un nouveau nom est composé de Lise Ouellette (porte-parole), Kevin Arseneau, Michèle Caron, Michel Charette, Joey Couturier, Frédérick Dion, Ginette Duguay, Rosella Melanson, Jean-Marie Nadeau, Michel Nogue et Danik Savoie.
La déclaration de reconnaissance proposée
Voici le texte de la déclaration de reconnaissance des territoires traditionnels auquel s’ajoute un paragraphe sur le rôle de Robert Monckton dans la Déportation acadienne, tel que proposé par les deux organismes :
L’Université́ de Moncton reconnaît que ses trois campus sont situés sur les terres ancestrales non cédées des Wolastoqiyik et des Mi’kmaq. Ces nations autochtones et leurs territoires sont régis par les «Traités de paix et d’amitié́» élaborés et signés par les Wolastoqiyik, les Mi’kmaq et les Peskotomuhkati avec la Couronne britannique au 18e siècle. Les traités n’abordaient pas la cession des terres et ressources, mais ils reconnaissaient plutôt le titre Wolastoqey, Mi’kmaq et Peskotomuhkati et définissaient les règles quant à ce qui devait être des relations durables entre les nations.
Nous rappelons également que le nom "Moncton" fait référence à Robert Monckton, officier britannique ayant dirigé la prise de Fort Beauséjour en 1755, marquant le début de la Déportation des Acadiens. Il fut un acteur majeur de leur expulsion, de la destruction de leurs villages et de leur dispersion forcée. Le nom de l’Université est associé à un épisode douloureux d’exil, de dépossession et de violences coloniales — tant pour les Acadiens que pour les peuples autochtones.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Les deux organismes souhaitent la création d’une commission paritaire réunissant des représentants de l’Université ainsi que de la communauté acadienne. Les membres seraient nommés conjointement par l’Université, la SANB et le Comité citoyen.
Cette commission aurait pour mandat d’organiser des consultations publiques dans différentes régions de l’Acadie, de mener des consultations en ligne et de solliciter l’avis d’experts, avant de soumettre un rapport au Conseil de l’université, lequel serait également rendu public.
Selon la SANB, il s’agirait d’une première dans l’histoire de l’institution. Depuis sa fondation en 1963, la question du nom de l’Université de Moncton a été soulevée à de nombreuses reprises. Étudiants, membres du corps professoral et leaders communautaires ont, à au moins une douzaine d’occasions, plaidé en faveur d’un changement de nom.
La SANB s’est d’ailleurs prononcée officiellement en ce sens lors de ses trois dernières assemblées générales annuelles. Lors de l’AGA de juin dernier, les délégués ont adopté une résolution demandant la mise sur pied d’une commission université–communauté.
«Il est essentiel de débattre ouvertement et publiquement de cette question qui touche à l’essence même d’une institution phare de l’Acadie», souligne la présidente de la SANB, Nicole Arseneau-Sluyter.
Dans l’attente d’un débat plus approfondi, la SANB et le Comité citoyen invitent la population et les organismes communautaires à utiliser un nom provisoire reflétant la mission de l’établissement. À la suite d’un vote en ligne tenu à l’hiver 2025, un comité d’experts avait retenu trois proposition : Université Nouvelle-Acadie, Université d’Acadie et Université Antonine-Maillet. Ces noms pourraient être soumis à la future commission.
Entre-temps, la SANB et le Comité citoyen ont convenu d’utiliser l’appellation Université acadienne, estimant qu’un changement d’usage dans la vie quotidienne peut contribuer à faire évoluer le débat.
Un geste symbolique lors d’activités sur les campus
Les deux organismes proposent également d’ajouter, lors d’activités communautaires tenues sur l’un des trois campus, une déclaration rappelant l’origine du nom «Moncton», en complément de la reconnaissance du territoire des Premières Nations. Cette déclaration évoque le rôle du colonel britannique Robert Monckton lors de la prise de Fort Beauséjour en 1755 et de la Déportation des Acadiens.
La porte-parole du Comité citoyen, Lise Ouellette, estime que toute la communauté peut contribuer, de façon respectueuse mais persévérante, à la construction identitaire collective, notamment par l’adoption d’un nom plus rassembleur pour l’université acadienne».
Le mouvement en faveur d’un changement de nom se poursuit donc, alors que la SANB et le Comité citoyen estiment que l’Acadie mérite une université dont le nom reflète sa réalité actuelle et ses aspirations futures.
Le dossier du changement de nom de l’Université de Moncton a été réactivé le 8 février 2023 dans Le Moniteur Acadien par Jean-Marie Nadeau. Depuis trois ans, toutes les propositions formulées par le Comité citoyen ont été rejetées par le Conseil de l’Université. Pour autant, Lise Ouellette ne désespère pas. Elle rappelle le long chemin parcouru par l’Université Ryerson, en Ontario, pour devenir la Toronto Metropolitan University. «Ça leur a pris dix ans.»

Lise Ouellette
«C’est vrai qu’il y a des endroits où ça s’est fait plus vite, nuance-t-elle, mais une période de trois à cinq ans n’est pas inhabituelle.»
À l’heure actuelle, le Comité citoyen pour un nouveau nom est composé de Lise Ouellette (porte-parole), Kevin Arseneau, Michèle Caron, Michel Charette, Joey Couturier, Frédérick Dion, Ginette Duguay, Rosella Melanson, Jean-Marie Nadeau, Michel Nogue et Danik Savoie.
La déclaration de reconnaissance proposée
Voici le texte de la déclaration de reconnaissance des territoires traditionnels auquel s’ajoute un paragraphe sur le rôle de Robert Monckton dans la Déportation acadienne, tel que proposé par les deux organismes :
L’Université́ de Moncton reconnaît que ses trois campus sont situés sur les terres ancestrales non cédées des Wolastoqiyik et des Mi’kmaq. Ces nations autochtones et leurs territoires sont régis par les «Traités de paix et d’amitié́» élaborés et signés par les Wolastoqiyik, les Mi’kmaq et les Peskotomuhkati avec la Couronne britannique au 18e siècle. Les traités n’abordaient pas la cession des terres et ressources, mais ils reconnaissaient plutôt le titre Wolastoqey, Mi’kmaq et Peskotomuhkati et définissaient les règles quant à ce qui devait être des relations durables entre les nations.
Nous rappelons également que le nom "Moncton" fait référence à Robert Monckton, officier britannique ayant dirigé la prise de Fort Beauséjour en 1755, marquant le début de la Déportation des Acadiens. Il fut un acteur majeur de leur expulsion, de la destruction de leurs villages et de leur dispersion forcée. Le nom de l’Université est associé à un épisode douloureux d’exil, de dépossession et de violences coloniales — tant pour les Acadiens que pour les peuples autochtones.
