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11 Mars 2025
MARK CARNEY COURONNÉ CHEF DU PARTI LIBÉRAL DU CANADA : ET MAINTENANT?
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FRANCOPRESSE – Mark Carney a battu à plate couture les trois autres candidats à la direction du Parti libéral du Canada (PLC), avec 85,9% des votes. Il a donc été élu ce 9 mars chef du parti. Mais quelle sera la suite?
Inès Lombardo et Marianne Dépelteau – Francopresse
Près de 2000 personnes se sont rassemblées pour assister au couronnement de Mark Carney. Chrystia Freeland termine deuxième, quand même loin derrière, avec 8% des votes. Karina Gould obtient 3,2% des voix et Frank Baylis 3%.

«Quand nous sommes unis, nous sommes un Canada fort», a lancé Marc Carney, élu nouveau chef du Parti libéral du Canada (PLC), dimanche 9 mars. (Photo : Julien Cayouette – Francopresse)
L’ancien banquier devrait être assermenté comme premier ministre mercredi 12 mars. Des élections pourraient être déclenchées d’ici la semaine prochaine, selon plusieurs sources libérales consultées par Francopresse.
Il a assuré aux libéraux que son gouvernement mettra en action un plan pour bâtir une économie plus forte, des relations commerciales entre les provinces et pour protéger les frontières du pays. «Ça demandera de grands changements», a-t-il prévenu.
Il a déjà annoncé vouloir supprimer la taxe carbone et de «construire un Canada plus fort» dans un contexte de «division».
Le nouveau chef a remercié ses trois adversaires, qui ont amené «une belle énergie» à la campagne, a-t-il souligné.
Derniers mots pour Trudeau
Le couronnement de Mark Carney marque la fin de l’ère de Justin Trudeau.

Justin Trudeau a reçu un accueil chaleureux pour son dernier discours en tant que chef du Parti libéral. (Photo : Julien Cayouette – Francopresse)
Avant l’annonce du gagnant, Justin Trudeau a livré un discours d’adieu aux partisans libéraux. Introduit avec émotion par sa fille, Ella Grace Trudeau, le désormais ancien chef du PLC a rappelé aux libéraux du pays que «le futur est désormais entre vos mains».
Mark Carney s’est adressé à son prédécesseur pendant son discours : «Sans vos exemples, je n’aurais pas de raison d’être. Sans votre amour, je n’aurai pas la force pour ce qui s’en vient.»
Puis, en ciblant les conservateurs indirectement : «C’est quand on essaie de mettre les libéraux sur la touche que nous, les libéraux, on montre nos vraies couleurs!»
Contre Trump et Poilievre
Lena Metlege Diab, députée francophile de Halifax Ouest et qui soutenait Chrystia Freeland, assurait avant l’annonce des résultats : «Qu’importe le nom du gagnant, nous sommes des libéraux. Nous devons nous serrer les coudes.»
Pour elle, la ministre Chrystia Freeland avait l’expérience, notamment face à Donald Trump qui, selon elle, reste la principale menace actuelle pour le Canada. «Pierre Poilievre n’est pas l’homme pour cette situation», a-t-elle assuré.
Une idée mise en valeur par le nouveau chef dans son premier discours : «Pierre Poilievre laissera notre planète bruler. Ce n’est pas du leadeurship, mais de l’idéologie qui trahit les valeurs canadiennes. Contrairement à lui, j’ai travaillé dans le secteur privé […]
cette connaissance est particulièrement utile maintenant, au moment où […] on construit de nouvelles relations», a déclaré l’ancien gouverneur de la Banque du Canada.
Elaine Tracey, une militante ontarienne, a voté pour Mark Carney. Elle n’a pas aimé la façon dont Chrystia Freeland a quitté le cabinet de Justin Trudeau et estime que le leadeurship libéral a besoin d’un nouveau visage. Elle a confiance dans l’expertise économique du nouveau chef.
«Je pense toujours que Trudeau pourrait faire la job, je le soutiens toujours. Mais je suis contente de voir Carney dans la course.»
Une autre militante ontarienne, Rosemary Flood, était venue soutenir Chrystia Freeland. D’après elle, l’ex-ministre était la bonne personne pour faire face à Pierre Poilievre, à Donald Trump et à Vladimir Poutine.
«Tous les candidats sont excellents, mais elle a de l’expérience comme ministre et elle a de l’expérience à l’international. […] Elle a un leadeurship horizontal et non vertical. Elle va consulter et elle pense à la base libérale, comme nous.»
«Il comprend très bien l’enjeu du déclin du français»
Dans son discours, le nouveau chef libéral a affirmé que si le Canada devient le 51e État américain, «il n’y aura jamais de droits à la langue française». «La joie de vivre, la culture et la langue française font partie de notre identité. Il faut les protéger, les promouvoir. On ne les échangera jamais contre n’importe quel accord commercial.»
En entrevue avec Francopresse, la députée libérale franco-ontarienne Marie-France Lalonde a confirmé son appui envers Mark Carney. «C’est la personne dont je crois que le Canada a besoin pour les semaines, les mois et les années à venir, dit-elle. En politique, des fois, c’est tout à propos du timing, du bon moment.»
Mark Carney n’a pas d’expérience à propos des dossiers des langues officielles, mais cela n’effraie par la députée, qui estime que le nouveau chef est «entouré d’excellents députés, membres du caucus et autres gens qui l’entourent dans son équipe».
«Il comprend très bien l’enjeu du déclin du français, non seulement au Canada, mais aussi au Québec», assure-t-elle.
Rappelant qu’Ottawa vient de dépasser sa cible d’immigration francophone dans les communautés de langue minoritaire, elle ajoute que Mark Carney est au fait des enjeux concernant l’immigration francophone hors Québec.
«Il va falloir qu’il améliore son parler, c’est sûr […], mais quand je lui parle, il me parle en français et on se comprend très bien.»
«Investir» dans les communautés francophones
Son collègue, le député libéral franco-ontarien Marc Serré, a lui aussi soutenu l’ancien banquier. En plus de l’expérience économique et de sa capacité à gérer la relation tumultueuse avec les États-Unis, il saura ramener le PLC au centre, estime-t-il.
Dans le Nord de l’Ontario, où se trouve sa circonscription de Nickel Belt, les enjeux de foresterie, de minéraux critiques et de l’emploi sont cruciaux. Mark Carney, avec son expérience en économie, le rassure.
«Je pense qu’on a besoin de quelqu’un comme Mark Carney, qui a de l’expérience au niveau international avec l’Angleterre, évidemment la Banque du Canada, et aussi au niveau des Nations Unies, au niveau du changement climatique, mais relié à l’emploi, lié aux investissements verts, aller chercher des argents», explique le député.
La question de l’investissement sera particulièrement importante pour les communautés francophones en situation minoritaire, relève-t-il. C’est la prochaine étape maintenant que la Loi sur les langues officielles a été modernisée : investir.
Pour le postsecondaire francophone, il faut selon lui «des investissements au niveau de la recherche, du personnel, de la programmation».
«Les francophones n’ont pas le choix de cours. Alors, il y a un besoin d’une concertation avec les institutions. […] Ensuite, quels sont les défis, les lacunes, [où] le fédéral devrait-il aider? Sans oublier le rôle des provinces.»
Marc Serré serait content de voir Frank Baylis, Chrystia Freeland et Karina Gould dans le cabinet ministériel de Mark Carney.
Résultat des votes
Mark Carney : 131 674 votes
Chrystia Freeland : 11 134 votes
Karina Gould : 4 785 votes
Et Frank Baylis : 4 038 votes.
Total : 151 899 libéraux ont voté.
Inès Lombardo et Marianne Dépelteau – Francopresse
Près de 2000 personnes se sont rassemblées pour assister au couronnement de Mark Carney. Chrystia Freeland termine deuxième, quand même loin derrière, avec 8% des votes. Karina Gould obtient 3,2% des voix et Frank Baylis 3%.
«Quand nous sommes unis, nous sommes un Canada fort», a lancé Marc Carney, élu nouveau chef du Parti libéral du Canada (PLC), dimanche 9 mars. (Photo : Julien Cayouette – Francopresse)
L’ancien banquier devrait être assermenté comme premier ministre mercredi 12 mars. Des élections pourraient être déclenchées d’ici la semaine prochaine, selon plusieurs sources libérales consultées par Francopresse.
Il a assuré aux libéraux que son gouvernement mettra en action un plan pour bâtir une économie plus forte, des relations commerciales entre les provinces et pour protéger les frontières du pays. «Ça demandera de grands changements», a-t-il prévenu.
Il a déjà annoncé vouloir supprimer la taxe carbone et de «construire un Canada plus fort» dans un contexte de «division».
Le nouveau chef a remercié ses trois adversaires, qui ont amené «une belle énergie» à la campagne, a-t-il souligné.
Derniers mots pour Trudeau
Le couronnement de Mark Carney marque la fin de l’ère de Justin Trudeau.
Justin Trudeau a reçu un accueil chaleureux pour son dernier discours en tant que chef du Parti libéral. (Photo : Julien Cayouette – Francopresse)
Avant l’annonce du gagnant, Justin Trudeau a livré un discours d’adieu aux partisans libéraux. Introduit avec émotion par sa fille, Ella Grace Trudeau, le désormais ancien chef du PLC a rappelé aux libéraux du pays que «le futur est désormais entre vos mains».
Mark Carney s’est adressé à son prédécesseur pendant son discours : «Sans vos exemples, je n’aurais pas de raison d’être. Sans votre amour, je n’aurai pas la force pour ce qui s’en vient.»
Puis, en ciblant les conservateurs indirectement : «C’est quand on essaie de mettre les libéraux sur la touche que nous, les libéraux, on montre nos vraies couleurs!»
Contre Trump et Poilievre
Lena Metlege Diab, députée francophile de Halifax Ouest et qui soutenait Chrystia Freeland, assurait avant l’annonce des résultats : «Qu’importe le nom du gagnant, nous sommes des libéraux. Nous devons nous serrer les coudes.»
Pour elle, la ministre Chrystia Freeland avait l’expérience, notamment face à Donald Trump qui, selon elle, reste la principale menace actuelle pour le Canada. «Pierre Poilievre n’est pas l’homme pour cette situation», a-t-elle assuré.
Une idée mise en valeur par le nouveau chef dans son premier discours : «Pierre Poilievre laissera notre planète bruler. Ce n’est pas du leadeurship, mais de l’idéologie qui trahit les valeurs canadiennes. Contrairement à lui, j’ai travaillé dans le secteur privé […]
cette connaissance est particulièrement utile maintenant, au moment où […] on construit de nouvelles relations», a déclaré l’ancien gouverneur de la Banque du Canada.
Elaine Tracey, une militante ontarienne, a voté pour Mark Carney. Elle n’a pas aimé la façon dont Chrystia Freeland a quitté le cabinet de Justin Trudeau et estime que le leadeurship libéral a besoin d’un nouveau visage. Elle a confiance dans l’expertise économique du nouveau chef.
«Je pense toujours que Trudeau pourrait faire la job, je le soutiens toujours. Mais je suis contente de voir Carney dans la course.»
Une autre militante ontarienne, Rosemary Flood, était venue soutenir Chrystia Freeland. D’après elle, l’ex-ministre était la bonne personne pour faire face à Pierre Poilievre, à Donald Trump et à Vladimir Poutine.
«Tous les candidats sont excellents, mais elle a de l’expérience comme ministre et elle a de l’expérience à l’international. […] Elle a un leadeurship horizontal et non vertical. Elle va consulter et elle pense à la base libérale, comme nous.»
«Il comprend très bien l’enjeu du déclin du français»
Dans son discours, le nouveau chef libéral a affirmé que si le Canada devient le 51e État américain, «il n’y aura jamais de droits à la langue française». «La joie de vivre, la culture et la langue française font partie de notre identité. Il faut les protéger, les promouvoir. On ne les échangera jamais contre n’importe quel accord commercial.»
En entrevue avec Francopresse, la députée libérale franco-ontarienne Marie-France Lalonde a confirmé son appui envers Mark Carney. «C’est la personne dont je crois que le Canada a besoin pour les semaines, les mois et les années à venir, dit-elle. En politique, des fois, c’est tout à propos du timing, du bon moment.»
Mark Carney n’a pas d’expérience à propos des dossiers des langues officielles, mais cela n’effraie par la députée, qui estime que le nouveau chef est «entouré d’excellents députés, membres du caucus et autres gens qui l’entourent dans son équipe».
«Il comprend très bien l’enjeu du déclin du français, non seulement au Canada, mais aussi au Québec», assure-t-elle.
Rappelant qu’Ottawa vient de dépasser sa cible d’immigration francophone dans les communautés de langue minoritaire, elle ajoute que Mark Carney est au fait des enjeux concernant l’immigration francophone hors Québec.
«Il va falloir qu’il améliore son parler, c’est sûr […], mais quand je lui parle, il me parle en français et on se comprend très bien.»
«Investir» dans les communautés francophones
Son collègue, le député libéral franco-ontarien Marc Serré, a lui aussi soutenu l’ancien banquier. En plus de l’expérience économique et de sa capacité à gérer la relation tumultueuse avec les États-Unis, il saura ramener le PLC au centre, estime-t-il.
Dans le Nord de l’Ontario, où se trouve sa circonscription de Nickel Belt, les enjeux de foresterie, de minéraux critiques et de l’emploi sont cruciaux. Mark Carney, avec son expérience en économie, le rassure.
«Je pense qu’on a besoin de quelqu’un comme Mark Carney, qui a de l’expérience au niveau international avec l’Angleterre, évidemment la Banque du Canada, et aussi au niveau des Nations Unies, au niveau du changement climatique, mais relié à l’emploi, lié aux investissements verts, aller chercher des argents», explique le député.
La question de l’investissement sera particulièrement importante pour les communautés francophones en situation minoritaire, relève-t-il. C’est la prochaine étape maintenant que la Loi sur les langues officielles a été modernisée : investir.
Pour le postsecondaire francophone, il faut selon lui «des investissements au niveau de la recherche, du personnel, de la programmation».
«Les francophones n’ont pas le choix de cours. Alors, il y a un besoin d’une concertation avec les institutions. […] Ensuite, quels sont les défis, les lacunes, [où] le fédéral devrait-il aider? Sans oublier le rôle des provinces.»
Marc Serré serait content de voir Frank Baylis, Chrystia Freeland et Karina Gould dans le cabinet ministériel de Mark Carney.
Résultat des votes
Mark Carney : 131 674 votes
Chrystia Freeland : 11 134 votes
Karina Gould : 4 785 votes
Et Frank Baylis : 4 038 votes.
Total : 151 899 libéraux ont voté.
