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10 Février 2025
La province du Nouveau-Brunswick embarque dans le Programme national d’alimentation scolaire
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À la veille de son 46e anniversaire, Jenna Sudds s’est offert un beau cadeau. La ministre fédérale de la Famille, des Enfants et du Développement social était à Shediac vendredi pour y annoncer un financement d’Ottawa. Après l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick est la troisième des quatre Provinces atlantiques à bénéficier du Programme national d’alimentation scolaire.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Selon Statistique Canada, près d’un élève sur quatre arrive à l’école le ventre vide, chaque jour, au Nouveau-Brunswick.
Vendredi 7 février, Le gouvernement provincial a obtenu plus de 11 millions $ du gouvernement fédéral, sur une période de trois ans, afin d’élargir l’accès à des aliments sains dans les écoles. Les fonds, qui proviennent du Programme national d’alimentation scolaire, permettront au Nouveau-Brunswick d’élargir son programme de déjeuners à toutes les 295 écoles publiques de la province à partir de la rentrée de septembre.
Serge Cormier, député d'Acadie-Bathurst, a joué le rôle de maître de cérémonie lors de l'annonce. M. Cormier a parrainé le projet de loi d'initiative parlementaire visant à établir un cadre national pour un programme d'alimentation scolaire. Il a qualifié le programme d'un milliard de dollars d'investissement en faveur de l'avenir.
«L'argent est sur la table, a déclaré sa collègue Jenna Sudds. Nous en avons pris l'engagement dans le cadre de ce budget.»
Maman de trois enfants, la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a reconnu l’importance d’une bonne nutrition pour les écoliers.
La ministre provinciale de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a elle aussi trois enfants, dont le plus jeune entrera en maternelle à la rentrée.

Diététiste, la ministre Claire Johnson connaît les bienfaits d’une bonne nutrition, en particulier chez des enfants en pleine croissance. (Photo : Damien Dauphin)
«Cela fait longtemps que je rêve de ce programme », a révélé Claire Johnson, qui enseignait notamment la nutrition populationnelle à l’Université de Moncton avant d’être élue députée de Moncton-Sud.
«En tant que diététiste, je sais à quel point une alimentation saine est importante pour soutenir les élèves en pleine croissance, a-t-elle ajouté. Grâce à ce financement de nos partenaires fédéraux, nous pourrons offrir un déjeuner nutritif à tous les élèves des écoles publiques du Nouveau-Brunswick, et ce, peu importe leur situation socio-économique ou leur lieu de résidence.»
L’intérêt général au-delà des clivages politiques
Alors que des élections fédérales se profilent à l’horizon, Mme Sudds a dénoncé le fait que l’opposition ait voté contre le projet de loi en le qualifiant de «bureaucratie».
«Ce type de programme que nous avons présenté aujourd'hui devrait aller au-delà de la politique, a déploré Serge Cormier. Nous ne faisons pas cela pour la politique, nous le faisons pour les enfants et leurs familles».
Par voie de communiqué, la Coalition pour l'alimentation scolaire du Nouveau-Brunswick et Aliments pour tous NB, l’organisme sans but lucratif qui la coordonne, ont félicité le gouvernement du Nouveau-Brunswick «pour son leadership dans le renforcement des programmes d'alimentation scolaire et l'investissement dans le bien-être des élèves, des familles et des collectivités de la province.»
«Les avantages des programmes d'alimentation scolaire s'étendent bien au-delà des murs de l'école, a écrit Olivia Malone, coordonnatrice du projet d'alimentation scolaire pour Aliments pour tous NB. Ils contribuent à renforcer les communautés, à stimuler les économies locales et à entraîner des changements positifs dans le système alimentaire - autant de résultats clés qui profiteront grandement au Nouveau-Brunswick à mesure que les programmes provinciaux prendront de l'ampleur.»
L’engagement bénévole d’une seule enseignante
L’école Mgr-François-Bourgeois à Shediac, où l’annonce a été faite, offre déjà des petits déjeuners à ses élèves.
«Depuis la pandémie, on voit les boîtes à lunch et les demandes qui augmentent. Je peux vous dire que le besoin est vraiment là», signale Mme Susie Landry, directrice de l’établissement scolaire.
La routine matinale est bien huilée. De sa propre initiative, Natalie Lesveque, professeure de musique, s’occupe de seule de couper les fruits et de préparer les bols. À l’image de ce que sera le programme à travers la province, l’offre est déjà universelle.
Une quarantaine d’élèves en profitent chaque matin, sans que soit fait un triage en fonction de leurs circonstances personnelles.
De l’insécurité alimentaire… à la panne d’oreiller
Mme Landry explique qu’il existe bien des raisons en amont pour lesquelles un enfant arrive à l’école le ventre creux. Il peut s’agir d’un manque de nourriture à la maison, ou encore d’un réveil tardif qui ne laisse pas à l’élève le temps de manger quelque chose avant de monter dans l’autobus.

De g. à d. L : Mélanie Daigle-Martin, directrice adjointe et Susie Landry, directrice de l’école Mgr-François-Bourgeois. (Photo : Damien Dauphin)
À l’heure actuelle, les fonds que reçoit l’école pour offrir les petits déjeuners proviennent de la communauté. L’établissement recueille des dons et organise des levées de fonds, mais cela n’est pas toujours évident. Le programme national va le délester d’un fardeau.
«Une annonce comme celle-ci va vraiment aider nos élèves à passer des jours meilleurs et à être vraiment là pour apprendre, sans avoir à penser s’ils ont un lunch dans leur casier pour tenir le coup», s’est réjouie la directrice.
DE LA NOURRITURE LOCALE DANS LES ASSIETTES
«Le Programme national d’alimentation scolaire du gouvernement du Canada vise également à maximiser les possibilités de s’approvisionner en aliments locaux et de renforcer les liens avec les producteurs, les transformateurs et les fournisseurs d’aliments locaux», a affirmé Pat Finnigan.

Connu à Rogersville comme « Monsieur Tomate », le ministre Pat Finnigan entend soutenir les producteurs locaux. Assises derrière lui au premier rang parmi des élèves : Ginette Petitpas Taylor, Jenna Sudds et Susan Holt. Au deuxième rang : Serge Cormier et Dominic LeBlanc. (Photo : Damien Dauphin)
L’actualité brûlante s’est invitée à l’école primaire de Shediac. Le député de Beauséjour, Dominic LeBlanc, conduira cette semaine une délégation canadienne à Washington pour y discuter des tarifs douaniers.
«Les menaces tarifaires de Trump renforcent le besoin d’acheter local et d’avoir la sécurité alimentaire au Nouveau-Brunswick», a dit Susan Holt en s’engageant à prioriser les produits locaux.
La première ministre croit aussi que le moment est venu de simplifier les échanges commerciaux entre les provinces canadiennes, ne serait-ce qu’entre celles de l’Atlantique. – DD
1 MILLION POUR FOOD DÉPÔT ALIMENTAIRE
Par l’entremise d’un partenariat avec Food Dépôt Alimentaire, le gouvernement provincial offre déjà un déjeuner sain à plus de 51 000 élèves répartis dans 135 écoles. D’autres groupes communautaires fournissent des services d’approvisionnement en aliments sains, comme des déjeuners et des collations, aux élèves des 160 autres écoles.
En tant que présidente du Conseil du Trésor, Ginette Petitpas Taylor est celle qui tient les cordons de la bourse au Canada. La députée de Moncton-Riverview-Dieppe a également annoncé que 20 millions de dollars seraient alloués au Fonds canadien d'infrastructure alimentaire, dont 1 million de dollars pour Food Dépôt Alimentaire au Nouveau-Brunswick.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Selon Statistique Canada, près d’un élève sur quatre arrive à l’école le ventre vide, chaque jour, au Nouveau-Brunswick.
Vendredi 7 février, Le gouvernement provincial a obtenu plus de 11 millions $ du gouvernement fédéral, sur une période de trois ans, afin d’élargir l’accès à des aliments sains dans les écoles. Les fonds, qui proviennent du Programme national d’alimentation scolaire, permettront au Nouveau-Brunswick d’élargir son programme de déjeuners à toutes les 295 écoles publiques de la province à partir de la rentrée de septembre.
Serge Cormier, député d'Acadie-Bathurst, a joué le rôle de maître de cérémonie lors de l'annonce. M. Cormier a parrainé le projet de loi d'initiative parlementaire visant à établir un cadre national pour un programme d'alimentation scolaire. Il a qualifié le programme d'un milliard de dollars d'investissement en faveur de l'avenir.
«L'argent est sur la table, a déclaré sa collègue Jenna Sudds. Nous en avons pris l'engagement dans le cadre de ce budget.»
Maman de trois enfants, la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a reconnu l’importance d’une bonne nutrition pour les écoliers.
La ministre provinciale de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a elle aussi trois enfants, dont le plus jeune entrera en maternelle à la rentrée.

Diététiste, la ministre Claire Johnson connaît les bienfaits d’une bonne nutrition, en particulier chez des enfants en pleine croissance. (Photo : Damien Dauphin)
«Cela fait longtemps que je rêve de ce programme », a révélé Claire Johnson, qui enseignait notamment la nutrition populationnelle à l’Université de Moncton avant d’être élue députée de Moncton-Sud.
«En tant que diététiste, je sais à quel point une alimentation saine est importante pour soutenir les élèves en pleine croissance, a-t-elle ajouté. Grâce à ce financement de nos partenaires fédéraux, nous pourrons offrir un déjeuner nutritif à tous les élèves des écoles publiques du Nouveau-Brunswick, et ce, peu importe leur situation socio-économique ou leur lieu de résidence.»
L’intérêt général au-delà des clivages politiques
Alors que des élections fédérales se profilent à l’horizon, Mme Sudds a dénoncé le fait que l’opposition ait voté contre le projet de loi en le qualifiant de «bureaucratie».
«Ce type de programme que nous avons présenté aujourd'hui devrait aller au-delà de la politique, a déploré Serge Cormier. Nous ne faisons pas cela pour la politique, nous le faisons pour les enfants et leurs familles».
Par voie de communiqué, la Coalition pour l'alimentation scolaire du Nouveau-Brunswick et Aliments pour tous NB, l’organisme sans but lucratif qui la coordonne, ont félicité le gouvernement du Nouveau-Brunswick «pour son leadership dans le renforcement des programmes d'alimentation scolaire et l'investissement dans le bien-être des élèves, des familles et des collectivités de la province.»
«Les avantages des programmes d'alimentation scolaire s'étendent bien au-delà des murs de l'école, a écrit Olivia Malone, coordonnatrice du projet d'alimentation scolaire pour Aliments pour tous NB. Ils contribuent à renforcer les communautés, à stimuler les économies locales et à entraîner des changements positifs dans le système alimentaire - autant de résultats clés qui profiteront grandement au Nouveau-Brunswick à mesure que les programmes provinciaux prendront de l'ampleur.»
L’engagement bénévole d’une seule enseignante
L’école Mgr-François-Bourgeois à Shediac, où l’annonce a été faite, offre déjà des petits déjeuners à ses élèves.
«Depuis la pandémie, on voit les boîtes à lunch et les demandes qui augmentent. Je peux vous dire que le besoin est vraiment là», signale Mme Susie Landry, directrice de l’établissement scolaire.
La routine matinale est bien huilée. De sa propre initiative, Natalie Lesveque, professeure de musique, s’occupe de seule de couper les fruits et de préparer les bols. À l’image de ce que sera le programme à travers la province, l’offre est déjà universelle.
Une quarantaine d’élèves en profitent chaque matin, sans que soit fait un triage en fonction de leurs circonstances personnelles.
De l’insécurité alimentaire… à la panne d’oreiller
Mme Landry explique qu’il existe bien des raisons en amont pour lesquelles un enfant arrive à l’école le ventre creux. Il peut s’agir d’un manque de nourriture à la maison, ou encore d’un réveil tardif qui ne laisse pas à l’élève le temps de manger quelque chose avant de monter dans l’autobus.

De g. à d. L : Mélanie Daigle-Martin, directrice adjointe et Susie Landry, directrice de l’école Mgr-François-Bourgeois. (Photo : Damien Dauphin)
À l’heure actuelle, les fonds que reçoit l’école pour offrir les petits déjeuners proviennent de la communauté. L’établissement recueille des dons et organise des levées de fonds, mais cela n’est pas toujours évident. Le programme national va le délester d’un fardeau.
«Une annonce comme celle-ci va vraiment aider nos élèves à passer des jours meilleurs et à être vraiment là pour apprendre, sans avoir à penser s’ils ont un lunch dans leur casier pour tenir le coup», s’est réjouie la directrice.
DE LA NOURRITURE LOCALE DANS LES ASSIETTES
«Le Programme national d’alimentation scolaire du gouvernement du Canada vise également à maximiser les possibilités de s’approvisionner en aliments locaux et de renforcer les liens avec les producteurs, les transformateurs et les fournisseurs d’aliments locaux», a affirmé Pat Finnigan.

Connu à Rogersville comme « Monsieur Tomate », le ministre Pat Finnigan entend soutenir les producteurs locaux. Assises derrière lui au premier rang parmi des élèves : Ginette Petitpas Taylor, Jenna Sudds et Susan Holt. Au deuxième rang : Serge Cormier et Dominic LeBlanc. (Photo : Damien Dauphin)
L’actualité brûlante s’est invitée à l’école primaire de Shediac. Le député de Beauséjour, Dominic LeBlanc, conduira cette semaine une délégation canadienne à Washington pour y discuter des tarifs douaniers.
«Les menaces tarifaires de Trump renforcent le besoin d’acheter local et d’avoir la sécurité alimentaire au Nouveau-Brunswick», a dit Susan Holt en s’engageant à prioriser les produits locaux.
La première ministre croit aussi que le moment est venu de simplifier les échanges commerciaux entre les provinces canadiennes, ne serait-ce qu’entre celles de l’Atlantique. – DD
1 MILLION POUR FOOD DÉPÔT ALIMENTAIRE
Par l’entremise d’un partenariat avec Food Dépôt Alimentaire, le gouvernement provincial offre déjà un déjeuner sain à plus de 51 000 élèves répartis dans 135 écoles. D’autres groupes communautaires fournissent des services d’approvisionnement en aliments sains, comme des déjeuners et des collations, aux élèves des 160 autres écoles.
En tant que présidente du Conseil du Trésor, Ginette Petitpas Taylor est celle qui tient les cordons de la bourse au Canada. La députée de Moncton-Riverview-Dieppe a également annoncé que 20 millions de dollars seraient alloués au Fonds canadien d'infrastructure alimentaire, dont 1 million de dollars pour Food Dépôt Alimentaire au Nouveau-Brunswick.
