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27 Janvier 2025
La politique linguistique de Beaurivage sous tension malgré des précautions
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À Beaurivage aussi, on se penche sur le fait français dans la communauté. Un comité formé de trois personnes a pour mission d’élaborer la politique culturelle de la ville, mais surtout linguistique. La crise qui a secoué la Communauté rurale de Beausoleil l’été dernier a incité les élus de Beaurivage à faire preuve de prudence.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Le mois que l’on puisse dire, au nord du comté de Kent, c’est qu’on ne veut pas y connaître les mêmes polémiques qu’au sud. Ironiquement, c’est un anglicisme qui s’impose pour décrire ce qui fait les manchettes au deuxième semestre de 2024. En ce qui a trait à la promotion de la langue française et à l’affichage commercial, Beausoleil a servi de crash-test.
C’est pourquoi la Ville de Beaurivage a décidé de reporter l’adoption de sa politique linguistique, alors qu’elle avait prévu de la mettre en œuvre à la fin de l’automne. Organisées à Richibucto et à Saint-Ignace en guise d’avant-premières pour tester la réaction de leurs administrés, deux réunions publiques ont convaincu les élus de peaufiner leur ouvrage.
À l’instar d’un entrepreneur acadien et francophone de Beausoleil, qui avait mené la charge contre l’arrêté sur l’affichage commercial, un homme d’affaires anglophone de Richibucto, Dwayne Thompson, avait mobilisé sa communauté. Il avait rallié ses pairs pour se présenter en grand nombre à la réunion.
« C’est une politique des petits pas pour nous forcer dans le rang avec Cocagne (Beausoleil) et Memramcook pour devenir ce que Québec et Dieppe (sic) ont dicté. La police de la langue va suivre et les panneaux d’arrêts vont changer pour le français », avait-il justifié en qualifiant la politique en cours d’élaboration de « solution à un problème qui n’existe pas ».
Si les critiques et les oppositions avaient dominé à Richibucto, en revanche, à Saint-Ignace, une quarantaine de francophones s’étaient prononcé quasi-unanimement en faveur d’une telle politique. Toutefois, à l’inverse de leurs concitoyens de Richibucto, ils pensaient que l’ébauche qui leur était soumise n’allait pas assez loin pour favoriser le français.

Paul Lirette
Le comité chargé de l’élaboration de la politique linguistique est composé du maire-adjoint de Beaurivage, Paul Lirette, du conseiller municipal et ancien maire de Richibucto, Roger Doiron, et de Cyrille Sippley.

Roger Doiron
« Dans la préparation du document provisoire de la politique linguistique de Beaurivage, le comité s’est inspiré de celles de Belle-Baie et de Memramcook, ainsi que de la politique relative au paysage linguistique de l’ancienne ville de Richibucto », a indiqué Cyrille Sippley dans un courriel au Moniteur acadien, dimanche dernier.

Cyrille Sippley
M. Sippley considère que lorsque cette politique sera adoptée, elle constituera un outil d’importance à la protection et à la promotion de la langue et de la culture de la majorité des citoyens et des citoyennes de Beaurivage et à l’éveil de leur fierté d’appartenance à la diaspora acadienne. En outre, elle devrait d’inciter d’autres communautés francophones et acadiennes de la province à se donner des objectifs similaires.
« Reste le travail complexe de sa mise en œuvre », a-t-il ajouté. C’est tout un euphémisme.
Lors de la dernière réunion ordinaire du conseil municipal le 21 janvier 2025, les conseillers avaient adopté cinq amendements à la politique linguistique de Beaurivage. Preuve de l’hypersensibilité de la question, la publication sur Facebook avait généré 99 commentaires et des réactions négatives, parfois virulentes, de citoyens anglophones, et même de francophones. Serge Mazerolle, qui s’identifie comme «fier Acadien», en fait partie.
«Le conseil municipal devrait avoir honte de la façon dont il s’y est pris. D’abord et avant tout, la politique linguistique «pour consultation publique» a été publiée sur la version anglaise du site Web de Richibucto en français seulement. Nous sommes un pays et une province bilingue, cette politique renvoie Richibucto et Beaurivage des décennies en arrière. (…) Beaurivage devrait être déclarée « municipalité bilingue», tempête le retraité des Forces armées canadiennes, qui réside actuellement à Riverview.
«Le conseil municipal devrait peut-être se pencher sur la Charte canadienne des droits et libertés. J'ai le sentiment qu'une action en justice pourrait être intentée si cette politique est maintenue. Nous sommes une famille de Néo-Brunswickois francophones et anglophones et nous ne tolérerons pas cette discrimination dans une province bilingue», a commenté en anglais Lorraine Martin (traduit par nos soins).
Le projet était disponible sur le site Internet de la ville, mais il en a été retiré depuis. Une réunion publique extraordinaire sera organisée à l’hôtel de ville de Beaurivage, mardi 28 janvier à 19h.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Le mois que l’on puisse dire, au nord du comté de Kent, c’est qu’on ne veut pas y connaître les mêmes polémiques qu’au sud. Ironiquement, c’est un anglicisme qui s’impose pour décrire ce qui fait les manchettes au deuxième semestre de 2024. En ce qui a trait à la promotion de la langue française et à l’affichage commercial, Beausoleil a servi de crash-test.
C’est pourquoi la Ville de Beaurivage a décidé de reporter l’adoption de sa politique linguistique, alors qu’elle avait prévu de la mettre en œuvre à la fin de l’automne. Organisées à Richibucto et à Saint-Ignace en guise d’avant-premières pour tester la réaction de leurs administrés, deux réunions publiques ont convaincu les élus de peaufiner leur ouvrage.
À l’instar d’un entrepreneur acadien et francophone de Beausoleil, qui avait mené la charge contre l’arrêté sur l’affichage commercial, un homme d’affaires anglophone de Richibucto, Dwayne Thompson, avait mobilisé sa communauté. Il avait rallié ses pairs pour se présenter en grand nombre à la réunion.
« C’est une politique des petits pas pour nous forcer dans le rang avec Cocagne (Beausoleil) et Memramcook pour devenir ce que Québec et Dieppe (sic) ont dicté. La police de la langue va suivre et les panneaux d’arrêts vont changer pour le français », avait-il justifié en qualifiant la politique en cours d’élaboration de « solution à un problème qui n’existe pas ».
Si les critiques et les oppositions avaient dominé à Richibucto, en revanche, à Saint-Ignace, une quarantaine de francophones s’étaient prononcé quasi-unanimement en faveur d’une telle politique. Toutefois, à l’inverse de leurs concitoyens de Richibucto, ils pensaient que l’ébauche qui leur était soumise n’allait pas assez loin pour favoriser le français.

Paul Lirette
Le comité chargé de l’élaboration de la politique linguistique est composé du maire-adjoint de Beaurivage, Paul Lirette, du conseiller municipal et ancien maire de Richibucto, Roger Doiron, et de Cyrille Sippley.

Roger Doiron
« Dans la préparation du document provisoire de la politique linguistique de Beaurivage, le comité s’est inspiré de celles de Belle-Baie et de Memramcook, ainsi que de la politique relative au paysage linguistique de l’ancienne ville de Richibucto », a indiqué Cyrille Sippley dans un courriel au Moniteur acadien, dimanche dernier.

Cyrille Sippley
M. Sippley considère que lorsque cette politique sera adoptée, elle constituera un outil d’importance à la protection et à la promotion de la langue et de la culture de la majorité des citoyens et des citoyennes de Beaurivage et à l’éveil de leur fierté d’appartenance à la diaspora acadienne. En outre, elle devrait d’inciter d’autres communautés francophones et acadiennes de la province à se donner des objectifs similaires.
« Reste le travail complexe de sa mise en œuvre », a-t-il ajouté. C’est tout un euphémisme.
Lors de la dernière réunion ordinaire du conseil municipal le 21 janvier 2025, les conseillers avaient adopté cinq amendements à la politique linguistique de Beaurivage. Preuve de l’hypersensibilité de la question, la publication sur Facebook avait généré 99 commentaires et des réactions négatives, parfois virulentes, de citoyens anglophones, et même de francophones. Serge Mazerolle, qui s’identifie comme «fier Acadien», en fait partie.
«Le conseil municipal devrait avoir honte de la façon dont il s’y est pris. D’abord et avant tout, la politique linguistique «pour consultation publique» a été publiée sur la version anglaise du site Web de Richibucto en français seulement. Nous sommes un pays et une province bilingue, cette politique renvoie Richibucto et Beaurivage des décennies en arrière. (…) Beaurivage devrait être déclarée « municipalité bilingue», tempête le retraité des Forces armées canadiennes, qui réside actuellement à Riverview.
«Le conseil municipal devrait peut-être se pencher sur la Charte canadienne des droits et libertés. J'ai le sentiment qu'une action en justice pourrait être intentée si cette politique est maintenue. Nous sommes une famille de Néo-Brunswickois francophones et anglophones et nous ne tolérerons pas cette discrimination dans une province bilingue», a commenté en anglais Lorraine Martin (traduit par nos soins).
Le projet était disponible sur le site Internet de la ville, mais il en a été retiré depuis. Une réunion publique extraordinaire sera organisée à l’hôtel de ville de Beaurivage, mardi 28 janvier à 19h.
