Actualités
16 Janvier 2025
LA GALETTE DES ROIS GAGNE EN POPULARITÉ DANS LE GRAND MONCTON
- Partager
Le mercantilisme aboutit à des absurdités : en France, les galettes de l’Épiphanie (6 janvier) sont déjà dans les rayons des grandes épiceries au début du mois de décembre. Au sud-est du Nouveau-Brunswick, où ce dessert d’une saison très courte commence à gagner en notoriété, on n’en est pas encore là. Le Moniteur acadien a mené l’enquête auprès de quelques boulangeries.
_______________________
Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
La galette des rois est une tradition culinaire profondément enracinée dans l’histoire européenne, liée à la fête de l’Épiphanie célébrée le 6 janvier, qui marque la visite des Rois mages à l’Enfant Jésus. Cette coutume trouve ses origines dans des pratiques païennes de l’Antiquité, notamment les Saturnales romaines, où une fève était cachée dans un gâteau pour élire un "roi d’un jour". Les Romains utilisaient ces célébrations pour inverser les rôles sociaux dans un climat festif.

Nha Nguyen et Anne Godin ont savouré la galette fait maison préparée par leur ami Martial Heibing, originaire de France. (Photo : Damien Dauphin)
Avec la christianisation de l'Europe, cette tradition a été intégrée aux célébrations de l'Épiphanie. Au Moyen Âge, la galette des rois devient une composante essentielle des festivités, souvent accompagnée de rituels destinés à renforcer la cohésion sociale. Selon les régions, la galette prend différentes formes : galette feuilletée à la frangipane dans le nord de la France, brioche aux fruits confits dans le sud, et variantes similaires en Espagne (le roscón de reyes) ou au Portugal (le bolo rei).
Introduite en Amérique du Nord par les colons français au XVIIe siècle, la tradition de la galette des rois a pris racine principalement dans la vallée du Saint-Laurent, où elle s’est perpétuée comme une coutume familiale. Cependant, avec le temps et l’influence anglaise, cette tradition a quelque peu décliné au Québec. Elle a cependant été préservée grâce aux célébrations catholiques de l'Épiphanie et connaît aujourd’hui un regain de popularité.
En Acadie, bien que la galette ne soit pas aussi répandue, certaines communautés francophones la partagent, que ce soit en lien avec la fête chrétienne de l’Épiphanie, ou pour des raisons culturelles. La tradition de la fève, qui désigne un "roi" ou une "reine", continue d’être pratiquée dans un esprit festif.

En janvier 2020, la mairesse de Moncton, Dawn Arnold, avait été couronnée reine lors de la réception de l’Alliance française au Club maçonnique. La galette était une création de la Boulangerie CoPain. (Photo : Damien Dauphin)
La Boulangerie CoPain, à Moncton, a fait sa première galette des rois en janvier 2020. C’est à elle que l’Alliance française de Moncton avait confié le soin de préparer ce dessert convivial pour une dégustation organisée au Club maçonnique. Cette année, la galette d’entrée de gamme était à 15 dollars et pouvait être coupée en quatre parts. Légère et savoureuse, elle contenait une fève comestible: une amande.
Manière peut-être de faire coïncider le dessert avec ses références chrétiennes, CoPain a fait un événement très court puisque la boulangerie a arrêté de produire des galettes sur commande après le lundi 6 janvier. Aux dires des préposées à la clientèle que nous avons rencontrées, elles se sont vendues comme des petits pains!

La Boulangerie Tony, à Dieppe, et Tony’s Pastries, à Moncton, ont répercuté l’inflation sur le prix de leurs galettes qui coûtent six dollars de plus que l’an dernier. (Photo : Damien Dauphin)
Plus dispendieuses sont les galettes de Tony’s Pastries (Moncton) et de la Boulangerie Tony à Dieppe, disponibles sur commande jusqu’au 21 janvier. Il vous faudra débourser 41,50 $ pour vous en procurer une, soit cinq à six dollars de plus que l’an dernier. Toutefois, les galettes de Tony sont plus volumineuses mais aussi plus créatives. Outre la traditionnelle galette à la frangipane, on en trouve une au chocolat et à la poire.
«J’ai toujours aimé les desserts au chocolat, alors quand j’ai vu qu’il y avait une galette au chocolat et à la poire, je n’ai pas hésité! C’est un mélange de saveurs qui change de la frangipane traditionnelle, mais qui reste tout aussi gourmand, s’est justifiée Mélanie Boudreau, une cliente interrogée à la sortie de la Boulangerie Tony. En plus, c’est une belle façon de faire découvrir cette tradition à mes enfants avec des saveurs qu’ils adorent.»

Une galette qui fond dans la bouche, pas dans la main. Les fèves ont été achetées à Montréal par Mounir Kaznadji. (Photo : Damien Dauphin)
Samedi matin, c’est pourtant dans l’enceinte du marché des fermiers de Dieppe que se trouvait le meilleur rapport qualité-prix. Avec sa galette onctueuse pour 6 personnes offerte pour seulement 20 $, Jemmy Gourmet défiait toute concurrence.
Par le bouche-à-oreille, Mounir Kaznadji en avait déjà vendu une vingtaine sur commande.
«Avec l’ouverture du magasin qui s’en vient et qui nous prend beaucoup de temps, je ne l’ai pas vraiment mise en avant car je ne voulais pas être dépassé par l’événement», a-t-il expliqué. L’ouverture de la boutique de Jemmy Gourmet aux Three Sisters près du boulevard Assomption est prévue courant mars.

À Dieppe, Lucie Kucerova a servi la galette de Jemmy Gourmet à sa famille dimanche dernier. (Photo : Damien Dauphin)
«C’est la tradition du nord de la France avec la frangipane», a précisé l’artisan originaire de Toulouse où pourtant les galettes sont différentes et briochées. En France, de début décembre à fin janvier, Mounir pouvait vendre 15 000 galettes par saison. Au sud-est du Nouveau-Brunswick, il est encore loin du compte.
«C’est une fête qui n’est pas encore bien connue ici au Nouveau-Brunswick, mais on essaie d’apporter ça et il y a de plus en plus de gens qui y adhèrent», a-t-il ajouté en précisant qu’il s’était procuré les couronnes et les fèves à Montréal.
Pour l’année prochaine, il prévoit développer sa créativité culinaire tout en conservant des prix abordables pour que tout le monde puisse se permettre ce plaisir gastronomique.
Certains Français exportent aussi leurs traditions à la maison, comme le couple formé par Clotilde et Martial Heibing. Tous les ans, ils invitent leurs amis à déguster des galettes que Martial cuisine lui-même. Ce dessert familial a été validé par nulle autre que la célèbre Anne Godin.
Si vous pensiez reposer vos papilles gustatives après les célébrations du Nouvel An, détrompez-vous. Outre les galettes des rois que vous pouvez commander chez Jemmy Gourmet jusqu’à la fin du mois, vous pouvez aussi vous laisser tenter par Festival du Burger du Grand Moncton qui a pris son envol le 10 janvier. Un record de 64 restaurants participants vous serviront leurs créations maison jusqu’au 1er février.
À la une : au marché de Dieppe, Mounir Kaznadji présente la délicieuse galette de Jemmy Gourmet à prix très abordable. Comme en France, il prendra les commandes jusqu’à la fin du mois. (Photo : Damien Dauphin)
_______________________
Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
La galette des rois est une tradition culinaire profondément enracinée dans l’histoire européenne, liée à la fête de l’Épiphanie célébrée le 6 janvier, qui marque la visite des Rois mages à l’Enfant Jésus. Cette coutume trouve ses origines dans des pratiques païennes de l’Antiquité, notamment les Saturnales romaines, où une fève était cachée dans un gâteau pour élire un "roi d’un jour". Les Romains utilisaient ces célébrations pour inverser les rôles sociaux dans un climat festif.

Nha Nguyen et Anne Godin ont savouré la galette fait maison préparée par leur ami Martial Heibing, originaire de France. (Photo : Damien Dauphin)
Avec la christianisation de l'Europe, cette tradition a été intégrée aux célébrations de l'Épiphanie. Au Moyen Âge, la galette des rois devient une composante essentielle des festivités, souvent accompagnée de rituels destinés à renforcer la cohésion sociale. Selon les régions, la galette prend différentes formes : galette feuilletée à la frangipane dans le nord de la France, brioche aux fruits confits dans le sud, et variantes similaires en Espagne (le roscón de reyes) ou au Portugal (le bolo rei).
Introduite en Amérique du Nord par les colons français au XVIIe siècle, la tradition de la galette des rois a pris racine principalement dans la vallée du Saint-Laurent, où elle s’est perpétuée comme une coutume familiale. Cependant, avec le temps et l’influence anglaise, cette tradition a quelque peu décliné au Québec. Elle a cependant été préservée grâce aux célébrations catholiques de l'Épiphanie et connaît aujourd’hui un regain de popularité.
En Acadie, bien que la galette ne soit pas aussi répandue, certaines communautés francophones la partagent, que ce soit en lien avec la fête chrétienne de l’Épiphanie, ou pour des raisons culturelles. La tradition de la fève, qui désigne un "roi" ou une "reine", continue d’être pratiquée dans un esprit festif.

En janvier 2020, la mairesse de Moncton, Dawn Arnold, avait été couronnée reine lors de la réception de l’Alliance française au Club maçonnique. La galette était une création de la Boulangerie CoPain. (Photo : Damien Dauphin)
La Boulangerie CoPain, à Moncton, a fait sa première galette des rois en janvier 2020. C’est à elle que l’Alliance française de Moncton avait confié le soin de préparer ce dessert convivial pour une dégustation organisée au Club maçonnique. Cette année, la galette d’entrée de gamme était à 15 dollars et pouvait être coupée en quatre parts. Légère et savoureuse, elle contenait une fève comestible: une amande.
Manière peut-être de faire coïncider le dessert avec ses références chrétiennes, CoPain a fait un événement très court puisque la boulangerie a arrêté de produire des galettes sur commande après le lundi 6 janvier. Aux dires des préposées à la clientèle que nous avons rencontrées, elles se sont vendues comme des petits pains!

La Boulangerie Tony, à Dieppe, et Tony’s Pastries, à Moncton, ont répercuté l’inflation sur le prix de leurs galettes qui coûtent six dollars de plus que l’an dernier. (Photo : Damien Dauphin)
Plus dispendieuses sont les galettes de Tony’s Pastries (Moncton) et de la Boulangerie Tony à Dieppe, disponibles sur commande jusqu’au 21 janvier. Il vous faudra débourser 41,50 $ pour vous en procurer une, soit cinq à six dollars de plus que l’an dernier. Toutefois, les galettes de Tony sont plus volumineuses mais aussi plus créatives. Outre la traditionnelle galette à la frangipane, on en trouve une au chocolat et à la poire.
«J’ai toujours aimé les desserts au chocolat, alors quand j’ai vu qu’il y avait une galette au chocolat et à la poire, je n’ai pas hésité! C’est un mélange de saveurs qui change de la frangipane traditionnelle, mais qui reste tout aussi gourmand, s’est justifiée Mélanie Boudreau, une cliente interrogée à la sortie de la Boulangerie Tony. En plus, c’est une belle façon de faire découvrir cette tradition à mes enfants avec des saveurs qu’ils adorent.»

Une galette qui fond dans la bouche, pas dans la main. Les fèves ont été achetées à Montréal par Mounir Kaznadji. (Photo : Damien Dauphin)
Samedi matin, c’est pourtant dans l’enceinte du marché des fermiers de Dieppe que se trouvait le meilleur rapport qualité-prix. Avec sa galette onctueuse pour 6 personnes offerte pour seulement 20 $, Jemmy Gourmet défiait toute concurrence.
Par le bouche-à-oreille, Mounir Kaznadji en avait déjà vendu une vingtaine sur commande.
«Avec l’ouverture du magasin qui s’en vient et qui nous prend beaucoup de temps, je ne l’ai pas vraiment mise en avant car je ne voulais pas être dépassé par l’événement», a-t-il expliqué. L’ouverture de la boutique de Jemmy Gourmet aux Three Sisters près du boulevard Assomption est prévue courant mars.

À Dieppe, Lucie Kucerova a servi la galette de Jemmy Gourmet à sa famille dimanche dernier. (Photo : Damien Dauphin)
«C’est la tradition du nord de la France avec la frangipane», a précisé l’artisan originaire de Toulouse où pourtant les galettes sont différentes et briochées. En France, de début décembre à fin janvier, Mounir pouvait vendre 15 000 galettes par saison. Au sud-est du Nouveau-Brunswick, il est encore loin du compte.
«C’est une fête qui n’est pas encore bien connue ici au Nouveau-Brunswick, mais on essaie d’apporter ça et il y a de plus en plus de gens qui y adhèrent», a-t-il ajouté en précisant qu’il s’était procuré les couronnes et les fèves à Montréal.
Pour l’année prochaine, il prévoit développer sa créativité culinaire tout en conservant des prix abordables pour que tout le monde puisse se permettre ce plaisir gastronomique.
Certains Français exportent aussi leurs traditions à la maison, comme le couple formé par Clotilde et Martial Heibing. Tous les ans, ils invitent leurs amis à déguster des galettes que Martial cuisine lui-même. Ce dessert familial a été validé par nulle autre que la célèbre Anne Godin.
Si vous pensiez reposer vos papilles gustatives après les célébrations du Nouvel An, détrompez-vous. Outre les galettes des rois que vous pouvez commander chez Jemmy Gourmet jusqu’à la fin du mois, vous pouvez aussi vous laisser tenter par Festival du Burger du Grand Moncton qui a pris son envol le 10 janvier. Un record de 64 restaurants participants vous serviront leurs créations maison jusqu’au 1er février.
À la une : au marché de Dieppe, Mounir Kaznadji présente la délicieuse galette de Jemmy Gourmet à prix très abordable. Comme en France, il prendra les commandes jusqu’à la fin du mois. (Photo : Damien Dauphin)
