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17 Décembre 2024
Les foyers de soins sans mur : une solution innovante pour le maintien à domicile des aînés
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La conférence des Déjeuners du 2e mardi, tenue le 10 décembre dernier, a mis en lumière une initiative révolutionnaire en matière de soins aux aînés. Devant un auditoire d'environ 80 personnes, Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure titulaire à l’Université de Moncton et directrice du Centre d’études du vieillissement, a présenté le concept des « foyers de soins sans mur ».
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Fruit de plusieurs années de recherches menées par la Chaire de recherche en santé sur le vieillissement, ce projet vise à répondre à un besoin criant : permettre aux aînés de vieillir chez eux, dans leur communauté, tout en bénéficiant des services nécessaires à leur autonomie.

Don du comité des Déjeuners du 2e mardi à l’Arbre de l’espoir. (Photo : Courtoisie)
«Nous avons constaté que de nombreux aînés souhaitent rester dans leur maison, mais font face à des défis importants, notamment pour l’entretien de leur domicile, les déplacements, et même leur sécurité nocturne», a expliqué Mme Dupuis-Blanchard. Jusqu’ici, ces besoins étaient souvent comblés par la famille, les amis, ou des services privés, coûteux et parfois difficiles à obtenir.
Tous ces services étaient rendus par des membres de leur famille, des amis ou par des services privés difficile à obtenir et dispendieux. Ces coûts étaient différents si ces personnes vivaient dans un village, en campagne ou en ville. Mais ces services s’avéraient nécessaires pour se sentir en sécurité dans leur maison, surtout la nuit.
Lancé en 2019 dans quatre communautés pilotes – Dieppe, Bathurst, Lamèque et la Péninsule acadienne –, le concept des foyers de soins sans mur a dû être mis en pause durant la pandémie de COVID-19, avant de reprendre en 2023. Aujourd’hui, 22 foyers de ce type sont actifs au Nouveau-Brunswick.
Enthousiasmé par les résultats, le gouvernement provincial projette d’en créer 55 autres d’ici 2028. Cette initiative est saluée pour son approche centrée sur les personnes, collaborative et flexible.
Mme Dupuis-Blanchard a rappelé que «vieillir est un processus progressif qui demande une planification proactive». Grâce aux foyers de soins sans mur, de plus en plus d’aînés peuvent espérer vieillir chez eux, entourés des ressources nécessaires pour vivre en toute sérénité.
Vieillir chez soi pour mieux vieillir
Jean-Luc Bélanger, qui a présenté la conférencière, entend privilégier le foyer de soins sans mur lorsque viendra pour lui le moment d’y être confronté. Il aurait aimé que son épouse, décédée le 23 janvier dernier, en eut bénéficié en raison de ses besoins particuliers.
«Lorsque mon épouse était prise de la maladie d'Alzheimer, nous aurions préféré avoir un service comme un foyer de soin sans mur, mais le service n'existait pas à l'époque. Cela lui aurait évité de passer huit mois à l’hôpital puis un mois au foyer où elle est décédée», regrette-t-il.
Secrétaire du comité des Déjeuners du 2e mardi, Carmel Allain-Bourque a été confrontée à la problématique à travers ses parents, dont elle a pris soin pendant une vingtaine d’années. Lorsque son père est décédé, il a fallu trouver quelqu’un pour s`occuper de sa mère lorsqu’elle s’absentait avec son mari.
«Une amie a suggéré quelqu’un qui s’est occupée de ma mère pendant plus de dix ans. Nous étions en paix puisque cette dame voyait à tout pendant nos absences», indique-t-elle.
Toutefois, il a fallu du temps avant de trouver la personne idoine pour recevoir un service adéquat. «Je ne savais pas où aller pour obtenir de l’aide. J’aurais eu besoin des soins offerts par les foyers de soins sans mur durant cette période», précise Mme Allain-Bourque.
Comme Jean-Luc Bélanger, elle optera le moment venu pour la solution du foyer de soins sans murs. Rester chez soi, dans le confort de son environnement habituel, est l’éventualité qui séduit son couple.
«Mon mari est très réticent de vendre notre grande maison pour aller vivre en foyer de soins pour personnes âgées. Prochainement, nous allons avoir besoin de service de nettoyage à domicile et nous avons présentement un voisin pour accomplir les différents travaux autour de la maison.»
Apport des outils technologiques
Lors de la période de questions, des suggestions ont été émises pour renforcer le programme. Des membres du public ont proposé de créer une banque de bénévoles pour chaque région, d’organiser des campagnes de prévention des chutes et de diffuser de l’information par le biais de dépliants. En prise avec la technologie moderne, quelqu’un a lancé l’idée de fournir des montres ou des colliers aux aînés pour appeler les secours en cas d’urgence.
En plus de bénéficier d’un accueil favorable au Nouveau-Brunswick, le programme commence à susciter l’intérêt d’autres provinces canadiennes. Il est vu comme un modèle innovant et prometteur, notamment pour son efficacité à retarder ou prévenir l’admission en soins longue durée ou à l’hôpital.
«C'est définitivement une formule intéressante pour les personnes âgées qui ont encore toutes leurs facultés et qui veulent socialiser avec des personnes de leur âge vivant dans un foyer de soins, tout en demeurant dans leur maison ou appartement», ajoute Gilles Chiasson, président du comité.
M. Chiasson, qui souhaite ralentir le rythme et passer le flambeau de la présidence à quelqu’un de plus jeune, n’a pas encore trouvé de successeur. «J’ai confiance que quelqu’un relèvera bientôt le défi», a-t-il dit.
Outre Gilles Chiasson, le conseil d’administration du comité organisateur est composé de Jean-Luc Bélanger (vice-président), Carmel Allain-Bourque (secrétaire), Rolande Basque (trésorière), Jean Gaudet, Jacques Allard, Paul LeBreton et Lucienne Couturier.
Une conférence est organisée au restaurant l’Igloo, à Moncton, chaque deuxième mardi du mois entre septembre et juin. Le comité fait relâche pendant l’été. La prochaine rencontre aura lieu mardi 14 janvier 2025.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Fruit de plusieurs années de recherches menées par la Chaire de recherche en santé sur le vieillissement, ce projet vise à répondre à un besoin criant : permettre aux aînés de vieillir chez eux, dans leur communauté, tout en bénéficiant des services nécessaires à leur autonomie.

Don du comité des Déjeuners du 2e mardi à l’Arbre de l’espoir. (Photo : Courtoisie)
«Nous avons constaté que de nombreux aînés souhaitent rester dans leur maison, mais font face à des défis importants, notamment pour l’entretien de leur domicile, les déplacements, et même leur sécurité nocturne», a expliqué Mme Dupuis-Blanchard. Jusqu’ici, ces besoins étaient souvent comblés par la famille, les amis, ou des services privés, coûteux et parfois difficiles à obtenir.
Tous ces services étaient rendus par des membres de leur famille, des amis ou par des services privés difficile à obtenir et dispendieux. Ces coûts étaient différents si ces personnes vivaient dans un village, en campagne ou en ville. Mais ces services s’avéraient nécessaires pour se sentir en sécurité dans leur maison, surtout la nuit.
Lancé en 2019 dans quatre communautés pilotes – Dieppe, Bathurst, Lamèque et la Péninsule acadienne –, le concept des foyers de soins sans mur a dû être mis en pause durant la pandémie de COVID-19, avant de reprendre en 2023. Aujourd’hui, 22 foyers de ce type sont actifs au Nouveau-Brunswick.
Enthousiasmé par les résultats, le gouvernement provincial projette d’en créer 55 autres d’ici 2028. Cette initiative est saluée pour son approche centrée sur les personnes, collaborative et flexible.
Mme Dupuis-Blanchard a rappelé que «vieillir est un processus progressif qui demande une planification proactive». Grâce aux foyers de soins sans mur, de plus en plus d’aînés peuvent espérer vieillir chez eux, entourés des ressources nécessaires pour vivre en toute sérénité.
Vieillir chez soi pour mieux vieillir
Jean-Luc Bélanger, qui a présenté la conférencière, entend privilégier le foyer de soins sans mur lorsque viendra pour lui le moment d’y être confronté. Il aurait aimé que son épouse, décédée le 23 janvier dernier, en eut bénéficié en raison de ses besoins particuliers.
«Lorsque mon épouse était prise de la maladie d'Alzheimer, nous aurions préféré avoir un service comme un foyer de soin sans mur, mais le service n'existait pas à l'époque. Cela lui aurait évité de passer huit mois à l’hôpital puis un mois au foyer où elle est décédée», regrette-t-il.
Secrétaire du comité des Déjeuners du 2e mardi, Carmel Allain-Bourque a été confrontée à la problématique à travers ses parents, dont elle a pris soin pendant une vingtaine d’années. Lorsque son père est décédé, il a fallu trouver quelqu’un pour s`occuper de sa mère lorsqu’elle s’absentait avec son mari.
«Une amie a suggéré quelqu’un qui s’est occupée de ma mère pendant plus de dix ans. Nous étions en paix puisque cette dame voyait à tout pendant nos absences», indique-t-elle.
Toutefois, il a fallu du temps avant de trouver la personne idoine pour recevoir un service adéquat. «Je ne savais pas où aller pour obtenir de l’aide. J’aurais eu besoin des soins offerts par les foyers de soins sans mur durant cette période», précise Mme Allain-Bourque.
Comme Jean-Luc Bélanger, elle optera le moment venu pour la solution du foyer de soins sans murs. Rester chez soi, dans le confort de son environnement habituel, est l’éventualité qui séduit son couple.
«Mon mari est très réticent de vendre notre grande maison pour aller vivre en foyer de soins pour personnes âgées. Prochainement, nous allons avoir besoin de service de nettoyage à domicile et nous avons présentement un voisin pour accomplir les différents travaux autour de la maison.»
Apport des outils technologiques
Lors de la période de questions, des suggestions ont été émises pour renforcer le programme. Des membres du public ont proposé de créer une banque de bénévoles pour chaque région, d’organiser des campagnes de prévention des chutes et de diffuser de l’information par le biais de dépliants. En prise avec la technologie moderne, quelqu’un a lancé l’idée de fournir des montres ou des colliers aux aînés pour appeler les secours en cas d’urgence.
En plus de bénéficier d’un accueil favorable au Nouveau-Brunswick, le programme commence à susciter l’intérêt d’autres provinces canadiennes. Il est vu comme un modèle innovant et prometteur, notamment pour son efficacité à retarder ou prévenir l’admission en soins longue durée ou à l’hôpital.
«C'est définitivement une formule intéressante pour les personnes âgées qui ont encore toutes leurs facultés et qui veulent socialiser avec des personnes de leur âge vivant dans un foyer de soins, tout en demeurant dans leur maison ou appartement», ajoute Gilles Chiasson, président du comité.
M. Chiasson, qui souhaite ralentir le rythme et passer le flambeau de la présidence à quelqu’un de plus jeune, n’a pas encore trouvé de successeur. «J’ai confiance que quelqu’un relèvera bientôt le défi», a-t-il dit.
Outre Gilles Chiasson, le conseil d’administration du comité organisateur est composé de Jean-Luc Bélanger (vice-président), Carmel Allain-Bourque (secrétaire), Rolande Basque (trésorière), Jean Gaudet, Jacques Allard, Paul LeBreton et Lucienne Couturier.
Une conférence est organisée au restaurant l’Igloo, à Moncton, chaque deuxième mardi du mois entre septembre et juin. Le comité fait relâche pendant l’été. La prochaine rencontre aura lieu mardi 14 janvier 2025.
