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13 Novembre 2024
DE DÉCHETS À RESSOURCES, COMMENT TRANSFORMER NOTRE APPROCHE DU RECYCLAGE
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Le Salon du livre de Dieppe est aussi l’occasion de tables rondes abordant des sujets de société. Animée par Paulin Blaise Ngweth, l’une d’elles a traité des défis environnementaux auxquels nos communautés sont confrontées.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Entrepreneur, startuper, conférencier, activiste, ancien candidat aux élections provinciales de 2018 et même pasteur, Paulin Blaise Ngweth a vraiment plus d’une corde à son arc. L’auteur de «Nouveau-Brunswick en état de mort cérébrale» aime bousculer les idées reçues et susciter la réflexion.
Le Salon du livre de Dieppe a fait appel à lui pour animer une table ronde environnementale dont les panélistes étaient les autrices Angèle Delaunois et Sophie Allard, et Patrick Langis, superviseur des communications à la Commission de services régionaux Sud-Est.
«L’humanité produit un volume impressionnant de 430 millions de tonnes de plastique chaque année. C’est l’équivalent du poids de toute la population mondiale!», s’est exclamé l’animateur.
Les deux tiers correspondent à des produits à courte durée de vie qui deviennent rapidement des déchets, se déversent dans les océans et, souvent, finissent par se retrouver dans la chaîne alimentaire humaine. Sur ce nombre considérable, moins de 10% sont recyclés. Le reste est mis à la décharge, brûlé ou tout simplement jeté dans la nature.
Les plastiques dispersés dans l’environnement peuvent mettre des centaines d’années à se dégrader, mais ils se transforment aussi en nanoparticules dont les effets potentiels sur la santé humaine sont encore peu connus.
«En vous servant d’une bouteille d’eau réutilisable, vous pourriez économiser environ 156 bouteilles d’eau en plastique chaque année», a-t-il mentionné parmi d’autres exemples.
Paulin Blaise Ngweth déplore que l’environnement ait été le grand absent des enjeux de la campagne électorale au Nouveau-Brunswick. «Les gouvernements devraient être à l’avant-garde. Il faut arrêter de politiser le débat», a soutenu l’ancien candidat progressiste-conservateur dans Baie-de-Shediac-Dieppe.
«Il y a 20 ans, on ne parlait pas d’environnement. Si on attend que les gouvernements fassent quelque chose, on va attendre longtemps», a renchéri l’autrice québécoise d’origine normande Angèle Delaunois.
« Il faut changer les mentalités »
Son parcours l’a amenée à constater que les livres jeunesse sont généralement imprimés en Chine, alors même que le papier vient du Canada. Elle a trouvé ridicule cet aller-retour lourd en empreinte carbone et s’est demandé ce qu’elle pouvait faire pour y couper court. Elle est donc allée trouver le plus grand producteur de papier au Canada pour faire imprimer son livre en faisant travailler, le plus logiquement du monde, la main d’œuvre canadienne.
Madame Delaunois prône également la réutilisation des objets, comme les fournitures scolaires. «Pourquoi est-ce qu’on doit commencer à neuf au début de chaque année ?, s’est-elle interrogée. Il faut changer les mentalités à ce niveau-là. »
À cet égard, tous ont évoqué le consumérisme à outrance et les effets pervers de la mondialisation. Patrick Langis a rapporté que les gens ordinaires lui demandaient souvent ce qu’ils pouvaient accomplir individuellement.
«Nous avons le choix en tant que consommateurs, a-t-il assuré. Nous pouvons avoir beaucoup d’influence, mais il faut prendre le pouvoir. Les changements se feront graduellement.»
La pollution invisible
De son côté, à travers sa collection «Crois-le ou non», la journaliste Sophie Allard souhaite initier le jeune public au plaisir de lire et de s’informer. Elle propose aux élèves du primaire des thèmes qui les surprennent et les fascinent, voire les dégoûtent. Le tout avec une bonne dose d’humour.
«J’essaie de donner des idées aux jeunes en dédramatisant les choses. Il faut commencer à les sensibiliser», a dit la rédactrice en chef du magazine Les Explorateurs.
En 2019, les plastiques ont généré 1,8 milliard de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre, soit 3,4% des émissions mondiales. Le stockage des données numériques représente 4% des émissions de GES, et 95% des informations passent par les câbles sous-marins. C’est une pollution invisible et inodore à laquelle les gens songent rarement.
Les participants à cette table ronde ont identifié cinq actions simples à mettre en œuvre pour limiter la pollution sur la planète : composter ses biodéchets, acheter en vrac, éviter le neuf, recycler les déchets que l’on ne peut éviter de faire, et participer à des actions de sensibilisation et de ramassage des déchets.
