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3 Mai 2023
À Grande-Digue, une réserve naturelle pour impliquer la communauté
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Exercice physique et protection de l’environnement vont de pair. Et si l’on y ajoutait un sentiment d’appartenance communautaire ? Ce sera bientôt chose faite à Grande-Digue.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
C’est une première au Sud-Est de la province et dans une localité francophone. La Fondation pour la protection des sites naturels du Nouveau-Brunswick a fait l’acquisition d’une parcelle de 57 hectares pour créer une réserve naturelle dans la nouvelle communauté de Beausoleil. Sentier pluriel de Grande-Digue inc. a servi d’intermédiaire pour cette transaction, ainsi que le relate son président, Jean-Claude Gagnon.
«Le propriétaire du terrain nous a approchés pour nous proposer de l’acheter car il souhaitait que le terrain soit protégé et reste à la communauté. Il nous donnait la priorité. On avait un mois pour se décider et trouver l’argent. Nous n’étions pas équipés pour ça, on n’avait pas les contacts. Alors on a contacté la fondation qui avait déjà fait une présentation il y a environ deux ans et dont j’avais gardé les coordonnées.»

(La carte des sentiers figure sur le mur du centre communautaire Notre Centre à Grande-Digue. Crédit : Damien Dauphin)
Depuis 35 ans, la Fondation pour la protection des sites naturels du Nouveau-Brunswick assure la préservation de sites de zones exceptionnelles, alliant parfois le spectaculaire au pittoresque. Dans ces habitats préservés des déprédations humaines, la flore et la faune, dont des espèces rares en voie de disparition, coulent des jours tranquilles.
«On a plus de 75 réserves naturelles et on protège plus de 11 000 acres de terres, indique Eugénie Gaujacq. C’est la première au Sud-Est. La plupart de nos réserves sont dans le Sud-Ouest de la province. C’est super de pouvoir agrandir notre réseau.»

(Eugénie Gaujacq travaille pour la Fondation pour la protection des sites naturels du Nouveau-Brunswick. Crédit : Damien Dauphin)
La jeune femme précise que la Fondation a identifié des terres de haute priorité qui sont plus sensibles aux changements climatiques. La Fondation travaille de concert avec les propriétaires de terrains privés. Quelquefois, elle reçoit des offres d’achat spontanées, voire même des dons à titre gracieux.
S’agissant de la réserve qui va être constituée à Grande-Digue, la Fondation va collaborer avec Sentier Pluriel et Ski Beaver. Des plans ont été annoncés en vue d’y créer une aire de repos, une piste de randonnée et une autre pour le ski de fond. Le maire de Beausoleil se réjouit de ce projet dont le financement sera, dit-il, tiré du produit de la taxe sur l’essence.
«Je trouve que c’est bien parce qu’il n’y avait pas de stationnement réel. Stationner le long de la route n’est pas sécuritaire. De cette façon, il y aura un endroit qui rejoindra tous les sentiers. Ce sera beaucoup plus accessible», constate Jean Hébert.
Une présentation au public a eu lieu à Notre Centre, vendredi 12 avril. Jean-Claude Gagnon s’est déclaré satisfait de la participation citoyenne qui a répondu à ses attentes : 52 personnes se sont déplacées pour en apprendre davantage sur ce projet en gestation depuis plusieurs mois. M. Gagnon se réjouit du soutien du public comme de la Communauté rurale.
Bénévoles recherchés
Une campagne de levée de fonds, conçue pour amasser un pactole devant être placé en fiducie pour assurer l’entretien et garantir l’avenir de la réserve, devait se terminer à la fin du mois d’avril. De l’avis de Jean-Claude Gagnon, cette démarche était surtout symbolique.
«C’est plus pour que la communauté s’implique et que les citoyens démontrent leur intérêt à protéger la réserve, a-t-il déclaré au Moniteur Acadien. Un des objectifs de Sentier Pluriel est d’impliquer la communauté. Ce serait facile de juste prendre l’argent et donner des contrats, mais quand les gens s’impliquent dans les travaux eux-mêmes, ça les touche davantage et ils sentent que la place est à eux autres.»
Jean-Claude Gagnon invite d’ailleurs les résidents à rejoindre les rangs des bénévoles. Il s’adresse directement à celles et ceux qui se sentent administrateurs ou castors dans l’âme.
«Si vous êtes intéressés et pouvez donner de votre temps, on cherche toujours des bénévoles, que ce soit pour le conseil d’administration ou pour travailler dans le bois, couper les arbres, entretenir les sentiers…»
Sentier Pluriel de Grande-Digue devrait tenir son assemblée générale annuelle fin mai ou début juin.
