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24 Novembre 2022
Remous politiques à Beaubassin-est
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À quelques jours du vote pour les élections municipales à Cap-Acadie, des révélations internes au conseil municipal de Beaubassin-est surgissent. Elles pourraient compromettre les chances des deux candidats de la communauté rurale de se faire élire maire de la nouvelle Ville régionale.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Le conseil municipal de la Communauté rurale de Beaubassin-est (CRBE) a tenu une réunion extraordinaire le 15 novembre dernier, comprenant une séance à huis clos. Celle-ci fut présidée par la mairesse suppléante, Josée Vautour. A l’issue du huis clos, le conseil municipal a formulé une réprimande envers la mairesse Louise Landry, suite à quatre plaintes qui ont été déposées envers elle concernant le climat de travail et des violations au code de déontologie de la municipalité.
Curieusement, la résolution formulée au point 7.a du compte-rendu stipule à l’alinéa 3 que « avant d’agir comme porte-parole pour la communauté rurale, la mairesse doit consulter tous les membres du conseil pour obtenir leur consentement. »
Cette résolution fut proposée par le conseiller Gilles Cormier et appuyée par le conseiller Omer Léger.
Mme Landry se demande s’il n’y a pas une stratégie politique initiée pour la déstabiliser, et mentionne que ses trois prédécesseurs maires de la CRBE ont été aussi visés par de telles allégations.
« Comme mairesse, j’ai toujours travaillé pour les intérêts des citoyens de Beaubassin-est, affirme-t-elle. La municipalité a connu d’importants défis depuis sa création, et ceux liés au climat de travail datent de bien avant mon arrivée. »
Mme Landry, qui n’a pas l’intention de laisser sa réputation être entachée sans réagir, a retenu les services d’un avocat pour demander une révision judiciaire. Elle a également saisi le bureau de l’ombudsman provincial pour révision, dès lors qu’elle a déposé quatre plaintes l’été dernier qui, dit-elle, n’ont pas été traitées par le conseil.
« J’apporte un leadership rassembleur, intègre et honnête, et cela semble déranger des gens », croit Louise Landry.
Ces remous ont une tournure particulière dans la mesure où la mairesse de Beaubassin-est et le conseiller Gilles Cormier, qui a proposé la résolution ci-dessus, sont tous deux candidats au poste de maire de la nouvelle Ville régionale de Cap-Acadie.
Monsieur Cormier est conscient de l’effet potentiellement négatif dans la perception que pourrait avoir la population d’une affaire dont tous les tenants et les aboutissants ne sont pas révélés en raison de la protection de la vie privée des personnes concernées. Il se défend d’avoir cherché à faire dérailler la campagne de Louise Landry, déclarant qu’il n’a fait que donner lecture d’une motion rédigée par l’ensemble du conseil municipal, sauf bien évidemment la mairesse qui n’a pas pris part au vote.
« C’est le conseil qui a préparé la motion. Si je ne l’avais pas lue, quelqu’un d’autre l’aurait fait. Il n’y a aucune manœuvre délibérée de ma part, d’autant que cela peut se retourner contre moi. Comme conseiller de Beaubassin-est, j’ai pris mes responsabilités en toute impartialité, sans égard pour les éventuelles conséquences sur ma campagne électorale » a-t-il fait savoir en entrevue téléphonique.
La situation pourrait toutefois renforcer l’avantage concurrentiel de Serge Léger, le maire de Cap-Pelé, troisième candidat au fauteuil de maire de Cap-Acadie. Louise Landry refuse toutefois de se décourager et s’en remet au bon jugement des électeurs.
« On a fait des avancées très importantes pour la population sur de nombreux enjeux, dit-elle. Je pense que les citoyens sont capables de faire la part des choses. »
