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13 Octobre 2022
Fondation du Collège Saint-Joseph : une deuxième cérémonie de reconnaissance au Monument-Lefebvre
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Pour la deuxième fois, la Fondation du Collège Saint-Joseph a reconnu les mérites de cinq nouveaux anciens de renom. La première cérémonie avait eu lieu au printemps. Parmi les hommages rendus, deux le sont à titre posthume.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Si la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption à Moncton est appelée «Monument de la reconnaissance», à Memramcook, le Monument-Lefebvre porte plutôt le titre de «Monument de la Renaissance». Camille Lefebvre, fondateur du Collège Saint-Joseph, est considéré comme le père de la Renaissance acadienne. L’établissement, ancêtre de l’Université de Moncton, est cher au cœur de ses anciens élèves. Un comité de la Fondation du Collège Saint-Joseph Inc. a entrepris cette année de reconnaître dignement ses anciennes et anciens de renom qui ont apporté une contribution significative à la société acadienne.
(Soeur Rachel et Soeur Alma ont reçu la plaque en mémoire de leur fondatrice Mère Marie-Léonie. Photo : Normand A. Léger)
Ses obsèques, célébrées en 2009 à l’église Saint-Thomas de Memramcook, furent les premières funérailles d’État de l’histoire du Canada à l’Est du Québec. C’est là que la Fondation du Collège Saint-Joseph Inc. tiendra son assemblée générale annuelle le 19 octobre prochain.
«Je ne suis pas surprise qu’après tant d’années, la mémoire de cette femme exceptionnelle soit toujours vivante à Memramcook. Vous avez cette grande capacité de transmettre, de génération en génération, ces valeurs de résilience qui vous ont permis de traverser tous les coups durs de la vie.»
La congrégation, qui à la mort de sa fondatrice comptait 400 religieuses réparties dans 26 missions à travers 13 diocèses panaméricains, est encore présente de nos jours au Québec et même au Guatemala, en Amérique latine.
Le deuxième récipiendiaire, toujours bien vivant, est Omer Blinn, de la Nouvelle-Écosse. Né en 1936, il a terminé ses études en commerce sur le campus de l’Université Saint-Joseph à Moncton, en 1957. Quelques jours après l’obtention de son diplôme, il a épousé Bernadette. La relation de leur histoire d’amour a donné lieu au récit de savoureuses anecdotes contradictoires, chacun ayant prétendu que c’est l’autre qui lui courait après ! Ensemble, ils ont fondé une grande famille qui compte quatre enfants, 10 petits-enfants et 15 arrière-petits-enfants.
(Omer Blinn est le patriarche d'une grande famille. Son petit-fils, Eric Dow, a chanté l'Ave Maris Stella à la fin de la cérémonie. Photo : Normand A. Léger)
M. Blinn, qui dit être arrivé à Moncton en 1953 par pure coïncidence, a travaillé pour Assomption Vie au début de sa carrière. Il a le sens de la répartie. Un jour, il a croisé son patron chez le coiffeur. Celui-ci l’a interpellé : «Tu te fais couper les cheveux sur les heures de travail?». «Oui, mais les cheveux poussent sur les heures de travail!», lui a-t-il répondu du tac au tac. Par la suite, il est devenu enseignant à l’Université Sainte-Anne puis préfet de la municipalité de Clare.
Raymond Chiasson, de Shippagan a connu une longue carrière dans l’enseignement à Shippagan et a été un bénévole très engagé dans sa communauté. Il a été associé au campus de Shippagan de l’Université de Moncton, en particulier dans les campagnes de levée de fonds qui ont généré plus de 5 millions. Il a été présenté avec truculence par son ancien camarade, Alcide LeBlanc.
(Raymond Chiasson, de Shippagan, a été présenté par Alcide F. LeBlanc. Photo : Normand A. Léger)
Sœur Odette Léger, n.d.s.c., ancienne Mère générale de la congrégation des Religieuses Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, graduée du Collège Notre-Dame d’Acadie (diplômée de l’Université Saint-Joseph), a été très engagée dans de nombreux projets communautaires. Elle continue d’offrir ses services aux causes humanitaires. La supérieure générale de sa congrégation, qui avait oublié son discours, l’a présentée en s’appuyant sur sa mémoire. Elle a souligné la contribution d’une «femme de cœur et de service, accueillante et vaillante».
«J’ai une pensée pour toutes ces religieuses qui ont cru à la capacité des jeunes filles de faire des études classiques, a dit Sœur Odette dans son discours d’acceptation. Je suis touchée d’être la première femme diplômée vivante à obtenir cette reconnaissance de la Fondation du Collège Saint-Joseph.»
Né au sein d’une famille modeste, Roméo LeBlanc est le seul de sa fratrie à avoir poursuivi des études au-delà de la 8e année. Celles-ci ont été payées par ses sœurs qui ont économisé pour les lui offrir, et ce, au-delà de toute espérance ! Après les bancs du Collège Saint-Joseph, l’Acadien s’est rendu sur ceux de la prestigieuse Sorbonne, à Paris. Avant de se lancer en politique, il fut d’abord enseignant à l’École normale de Fredericton, puis correspondant de Radio-Canada à Ottawa et à Washington.
Dominic LeBlanc, enrhumé, s’est fait représenter par son beau-père, le juge Guy A. Richard, pour recevoir l’éloge rendu à son père. Ce discours fut prononcé par Denis Prud’homme, recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, dont le 25e gouverneur général du Canada fut chancelier de 2001 à 2004. L’universitaire, qui n’est pas Acadien, a dit qu’il aurait aimé côtoyer le natif de l’Anse-des-Cormier sur les bancs de l’école, faire du hockey avec lui, participer à des débats passionnés et prendre une bière ensemble pour discuter de politique nationale et internationale.
«C’était un homme humble qui se souciait du bien-être de ses concitoyens, et c’est pourquoi il est toujours si apprécié dans nos communautés.»
