Une coiffeuse heureuse de retrouver ses clientes

Julie Vienneau, de Saint-André-LeBlanc était une des premières clientes à profiter des bons soins de sa coiffeuse, samedi avant-midi.  (Photo : Gilles Cormier)

   Lise Cormier de Saint-André-LeBlanc était fin prête à ouvrir son salon vendredi, alors que le gouvernement du Nouveau-Brunswick annonçait le passage à la troisième étape du déconfinement. Elle a fait bien des heureux auprès de ses clientes qui attendaient avec impatience ce moment depuis le 19 mars dernier.

Claire Lanteigne Initiative de journalisme local − APF − Atlantique

   La coiffeuse de Saint-André-LeBlanc était à ses ciseaux dès vendredi soir et samedi, elle a allongé ses heures habituelles pour ouvrir ses portes de 7h à 21h pendant toute la semaine. «Ce sera beaucoup occupé cette semaine, dit-elle, mais ça reviendra un peu plus à la normale, la semaine prochaine.» 

   Lise Cormier avait préparé un horaire de rendez-vous, mais sans inscrire de dates. Elle avait communiqué avec toutes ses clientes pour les aviser que lorsqu’elle pourrait reprendre ses activités, ce serait selon cet horaire. «C’était plus facile comme ça, explique-t-elle, et lorsque l’étape jaune a été annoncée vendredi dernier, je leur ai envoyé un texto pour confirmer leur rendez-vous et les mettre au courant des nouvelles directives du gouvernement.»

   À un certain moment, les exigences pour la réouverture étaient imprécises, mais l’Association de cosmétologie                                                   N.-B. a organisé des séminaires hebdomadaires en ligne. Finalement, les explications ont été rendues disponibles sur le site Internet de l’Association. Elle a alors pu se préparer en conséquence.

   Lise Cormier dit avoir été obligée de réaménager le salon. «Je peux seulement accueillir une cliente à la fois et la suivante ne peut entrer avant que j’aie désinfecté après la cliente qui quitte le salon.» Pour une coupe/couleur, elle réserve deux heures au lieu d’une heure et demie. Avant la pandémie, elle pouvait s’occuper d’une nouvelle cliente en même temps. Elle doit désinfecter la chaise, le comptoir, la porte et la poignée. Et elle doit aussi porter un masque ou une visière tandis que la cliente doit porter un masque.

   Des affiches appropriées sont placées à la porte d’entrée du salon pour rappeler les mesures en place qu’il faut respecter. Il y a du gel désinfectant pour les clientes qui doivent se laver les mains à l’arrivée et au départ.

   «Aménager le salon selon les nouveaux règlements a représenté des frais supplémentaires», ajoute-t-elle. Elle a acheté des masques pour les clientes, une visière, du désinfectant, du papier essuie-tout spécial et des capes lavables. Elle a aussi acheté des paniers fermés pour séparer les peignes, brosses, etc. «Avant je disposais mes accessoires sur une serviette sur le comptoir, mais maintenant il n’y a plus rien sur le comptoir; il a été désinfecté et tout est dans différents contenants. Il faut séparer les accessoires sales des propres.»

   Au niveau financier, elle dit apprécier avoir pu obtenir la Prestation canadienne d’urgence pendant neuf semaines. «Je suis chanceuse que mon salon est dans ma résidence, car je n’ai pas de loyer à payer, mais il y a quand même des dépenses régulières qu’il faut assu- mer, comme les assurances, le téléphone, l’électricité et le chauffage.»

   En échangeant avec d’autres coiffeuses en ligne, plusieurs ont affirmé vouloir prendre leur retraite, car elles ne voulaient pas réaménager leur salon pour se conformer aux nouvelles exigences ni porter de masque ou de visière. Aussi, plusieurs coiffeuses n’étaient pas prêtes à débuter aussitôt l’annonce faite. Dans le cas des salons comptant plusieurs coiffeuses, ou qui sont situés dans des édifices commerciaux, les mesures à mettre en place sont encore plus contraignantes. Lise travaille habituellement deux jours par semaine à son salon à la résidence pour personnes âgées Au Castel des flots bleus, de Cap-Pelé, mais il lui faudra attendre la prochaine phase de déconfinement pour y retourner. «Les résidents et résidentes sont impatients de me voir revenir. Je reçois sans cesse leurs appels.»  Lorsque le service reprendra, il faudra qu’une personne de la résidence gère les rendez-vous, car tous voudront être les premiers.

Un congé de travail de neuf semaines

   «Ça ne m’a pas choquée d’avoir à arrêter de travailler pendant neuf semaines», admet la coiffeuse qui compte 38 ans de carrière, dont 37 dans son propre salon.

   En 1987, après la naissance de sa fille Jenny, elle a recommencé à travailler après seulement neuf jours. Après avoir donné naissance par césarienne à son fils Riley, elle a pris congé pendant six semaines. Ses premières vacances ont été en 1999, alors qu’elle a pris deux semaines pour organiser Le Frolic.

   «Dix ans passés, j’ai commencé à prendre une semaine de vacances par année, et depuis les sept dernières années, j’ai augmenté à deux», dit-elle. Neuf semaines de vacances dans un an, c’est donc du jamais vu pour cette coiffeuse également très engagée dans sa communauté. C’est comme une longue pause bien méritée qui lui a permis de faire toutes sortes de travaux qu’elle ne trouvait jamais le temps de faire, dont repeindre la plupart des murs de son salon et de sa maison.

   «Mais après neuf semaines, je suis bien heureuse d’être de retour au travail. D’entendre la voix de mes clientes est une belle récompense.»

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