Trois grandes communautés qui se connaissent peu

L’importance de connaître l’histoire : Lors de la rencontre déjeuner-conférence du mois d’octobre à Moncton, l’historien Maurice Basque a traité de l’importance de connaître l’histoire des relations entre Acadiens, Anglophones et Amérindiens pour mieux se comprendre. De gauche à droite : Jean J. Gaudet, qui a présenté le conférencier; Maurice Basque, Rolande Basque, qui présidait la rencontre et Jean Ladouceur, qui a remercié le conférencier. (Photo : Jacques Allard).

Au Nouveau-Brunswick, on a comme un «triplexe» communautaire, trois grandes communautés, mais il y en a une qu’on connait peu. L’historien Maurice Basque n’en est pas à ses premières constatations et recommandations pour se mieux connaître. Conférencier à la rencontre d’octobre du groupe déjeuner-conférence du 2e mardi du mois, M. Basque a déjà, par le passé, proposé la publication d’un livre d’histoire commun pour tout le monde au N.-B. et dans les écoles donnant l’histoire des trois grandes communautés incluant les Amérindiens et ainsi connaître un peu de chaque communauté. «Autrement, on peut difficilement vivre ensemble sur un même territoire si on ne partage pas quelques éléments. On est souvent de parfaits inconnus».

Il a brièvement retracé l’histoire des débuts de l’Acadie avec l’arrivée des colons français à l’Île Sainte-Croix en 1604, toujours propriété des États-Unis. Les Amérindiens n’y sont pas; ils habitent le continent. La colonie française de l’Île Sainte-Croix s’est déplacée l’année suivante à Port-Royal, en Nouvelle-Écosse et les rapports avec les Amérindiens sont assez positifs.

On oublie facilement,  d’ajouter Maurice Basque, que pendant le Grand Dérangement, les Amérindiens ont payé très cher leur fidélité à la terre. Ils ont été les très grands  perdants. Sans leur demander, leurs terres ont été cédées par la France à la Grande Bretagne. «Leurs terres ont été vendues à des prix ridicules», ajoute-t-il. Et les Acadiens, après le Grand Dérangement, s’établissent le long des côtes et dans le nord du N.-B. sur des terres amérindiennes. Les Amérindiens se sont sentis forcés d’abandonner des terrains qu’ils avaient depuis des millénaires.

Sur la question que les Amérindiens ont aidé les Acadiens pendant le Grand Dérangement, le conférencier explique que ce n’est qu’à 50% vrai  jusqu’à un certain point car on a de l’autre côté  des exemples où des Amérindiens ont identifié aux britanniques où sont cachés les Acadiens. Du côté des Anglophones, au cours de l’histoire, leurs rapports avec les Acadiens et les Amérindiens ont été très durs en commençant par la destruction de Port-Royal attaqué une dizaine de fois durant le 17e siècle forçant les Acadiens à déménager.

L’arrivée de Napoléon sur la scène politique mondiale est perçue surtout dans les média anglophones de Saint-Jean et de Fredericton comme une occasion pour la France d’envoyer des troupes en Acadie et que les Acadiens vont se soulever et prendre les armes.

Abordant la scène politique provinciale au N.-B., M. Basque souligne un fait jamais vu au N.-B. que dans  la députation acadienne jamais un député acadien a démissionné parce qu’il trouvait que le gouvernement dont il faisait partie, n’allait pas assez loin ou comme inacceptable ce qui avait été voté.

Commentant la déclaration du chef du Parti conservateur sur la protection des droits que son parti serait prêt à implanter, il dit «comme si la société acadienne avait besoin de protection comme une minorité, comme si elle n’était pas égale. C’est la méconnaisance totale de ce qui est la réalité telle que perçue par les Acadiens. Souvent on entend des commentaires qu’on croit qu’en 2018, «nous vivons dans leur monde (anglophone) et que le monde n’est pas composé de deux parties égales et qu’on vit dans un univers anglophone où on est toléré».

Sur la question de dualité, M. Basque ajoute que pour l’instant, la dualité est la meilleure solution; on le sait que le bilinguisme ne fonctionne pas dans les institutions, dans les associations; ça existe depuis la fin du 19e siècle mais ça toujours été des constats d’échecs et quand ça fonctionne, on sait qui le fait fonctionner.

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