Une moyenne de 99,6 pour Alexandre Gaudet de Dieppe

(N.A.L.) – Réussir une moyenne de 99,6 dans le programme de baccalauréat international (BI) n’est pas une mince tâche, mais une qu’Alexandre Gaudet, de Dieppe, a bien réussi à l’école Mathieu-Martin cette année, remportant du même coup la Médaille académique du Gouverneur général et la bourse Roméo-LeBlanc de l’Université de Moncton.

   L’élève a réussi ses quatre années dans ce programme plus avancé académiquement que le régulier. Il a pris part à des comités ou activités de l’école, dont celui des épices alors que des élèves ont fait pousser des épices dans l’école et aussi au programme d’avant Halloween de la maison historique Keillor, à Dorchester où ils ont participé au thème de la maison hantée. Il était membre du comité de robotique cette année, mais la compétition provinciale a été annulée en raison de la pandémie. Il était également membre de l’équipe midget des Aigles du hockey mineur Dieppe/Memramcook, une formation qui a remporté trois titres de suite. 

   «Je suis fier de mes accomplissements, a dit Alexandre Gaudet. C’est certains que nous recevons des crédits dans nos cours et ma mo-yenne parait bien élevée. Je dois dire que j’ai eu besoin d’étudier, parfois plus longtemps pour des projets, mais j’ai quand même pris le temps de faire autre chose.»

   L’étudiant de 18 ans est inscrit en génie mécanique à l’Université de Moncton, en septembre. Il indique avoir plus de liberté dans cette discipline comparé aux autres programmes de génie. 

   «J’ai beaucoup apprécié le programme du BI, a-t-il enchainé. On est un petit groupe d’élèves et on arrive à bien se connaître. Nos enseignants sont aussi plus spécialisés dans la matière et ils nous encouragent à nous dépasser. Ils nous donnaient aussi du temps libre pour travailler sur autre chose. Mon moment mémorable a été en 10e année lorsque nous avons organisé à Mathieu-Martin la conférence annuelle atlantique des programmes de BI. C’était super de rencontrer des étudiants d’ailleurs de ce programme. Tout était bien organisé.»

   Les études et la participation dans les activités exigent une discipline personnelle pour bien réussir, ce qu’Alexandre Gaudet a su maîtriser. Il indique que le programme du BI a été exigeant, mais qu’il a bien appris à gérer son temps. Il aime la polyvalence du génie mécanique et qu’il aura plus d’options de carrière par la suite.

À 15 ans, Lina Alqadi est la plus jeune diplômée du secondaire au N.-B.

   Lina Alqadi, 15 ans, de Moncton recevait, la semaine dernière, son diplôme d’études secondaires de l’école L’Odyssée des mains de ses parents. Elle devenait alors la plus jeune diplômée du secondaire au Nouveau-Brunswick.

Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local – APF − Atlantique

   Lina raconte que durant la cérémonie de remise des diplômes, elle a vu ses efforts récompensés  en apprenant qu’elle était la récipiendaire de la Médaille académique du Gouverneur général. «C’est tout un gros sentiment de récolter les fruits de son travail, dit-elle. J’étais tellement fière de recevoir cette médaille. Ce fut un très beau moment, je ne m’y attendais pas et j’ai tellement pleuré.»

   La jeune diplômée valorise l’engagement. Ayant pu en faire usage dans ses études, elle dit s’être démarquée lors des dictées scolaires ainsi que lors, des concours de mathématiques et linguistiques. Elle aime écrire et c’est assurément une de ses forces. Elle souligne que cela enrichit sa créativité.

   «Non seulement ai-je pu parfaire mes écrits, mais j’ai aussi pu me démarquer par ce que je dis; tel qu’en étant la capitaine de l’équipe de débats de mon école.»  Elle a consacré des centaines d’heures de recherches sur la question du tournoi provincial de débats qui était: «Est-ce que la protection de l’environnement devrait primer sur le développement économique?» Elle a guidé ses coéquipières et son équipe a pu remporter la 3e place.

   De plus, sa nouvelle littéraire «La lumière retrouvée au bout du tunnel» a été sélectionnée en tant que texte gagnant du concours provincial d’écriture de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick. Cette nouvelle se déroule au 20e siècle dans un village qui se retrouve en pleine guerre. L’histoire est racontée par le personnage de Kartik Sleiman, un jeune homme orphelin qui retrouve, de façon inattendue, la lumière au bout du tunnel. On peut lire le  texte en ligne sur Astheure.com.

   Lina Alqadi est également sportive : elle joue au basketball depuis l’âge de sept ans. Elle a joué avec l’équipe de l’école et dans la Ligue de basketball de Moncton. Son équipe a gagné la médaille d’or en 2018-2019.

Un cheminement scolaire unique

   Après avoir terminé – au niveau primaire – le premier semestre de sa huitième année  à l’école Le Mascaret, Lina est passé au niveau secondaire directement au deuxième semestre de la 9e année à l’école L’Odyssée.  Elle a donc sauté le deuxième semestre de la 8e année et le premier semestre de la 9e année. Elle est passée en math 10e année au mois de mars, car elle avait fait tout le programme de 9e  durant le premier semestre de la 8e année. Elle était alors dans la classe de mathématiques 10 BC à l’âge de 13 ans, et elle a complété le cours en trois mois au lieu d’un an. Par la suite, lorsqu’elle était en 10e année, elle a fait ses cours de français 10 et mathématiques 11C en un semestre, alors elle a pu prendre sa chimie 1, physique 1, bio 1 et anglais 11 au deuxième semestre. En 11e année, elle a fait son français 11 en un semestre et a pu suivre les cours de sciences requis pour son programme universitaire.

   «Donc, poursuit-elle, la deuxième année que j’ai sautée était plutôt accom-                   plie d’une différente manière. Je l’ai fait en complétant tous mes cours de mathématiques et de français en un semestre». Ces cours ont une durée habituelle d’un an; elle a donc eu l’occasion de suivre d’autres cours afin de les remplacer. «J’étais considérée une 11e année au début de cette année scolaire, mais mon année scolaire a changé à 12e année au deu-xième semestre, car j’avais tous les crédits nécessaires pour une finissante, dit-elle.» Et elle a, en plus, terminé sa 12e année avec deux crédits supplémentaires.

   Pour Lina, sauter une année n’était pas aussi facile au début, mais elle dit être devenue une meilleure personne et a développé l’habileté de s’adapter, ce qui est le plus précieux. «Ultimement, mon cheminement scolaire était un chapitre unique en son genre. Ma transition au secondaire à un jeune âge m’a permis d’évoluer en une meilleure personne et j’en ai beaucoup appris.»

   Pour boucler le tout, elle va étudier cet automne à l’Université de Moncton en sciences de la santé, un programme de deux ans, dans l’espoir d’être ensuite admise en médecine. «Je souhaite utiliser mes compétences et mes connaissances de manière productive pour être au service de tous ceux qui m’entourent, poursuit-elle. En tant que médecin, j’espère redonner à cette communauté, car je suis reconnaissante pour tout ce qu’elle a fait pour moi.»

   Elle suit les traces de son frère Mohammad qui vient de terminer son DSS et va débuter ses études en médecine à l’Université de Sherbrooke, campus de Moncton, en septembre. «Nous avons décidé de changer la carrière familiale», dit-elle en riant., «Nos parents sont tous deux ingénieurs et nous serons médecins.» Elle a aussi deux plus jeunes sœurs.

   «Je suis très reconnaissante de l’appui de mes parents. Je n’aurai pas pu faire le trajet que j’ai fait aussi facilement sans eux.»

   Lina a obtenu une bourse d’entrée de 3000$ de l’Université de Moncton et une de 500$ du Tournoi provincial de débats pour la 3e place obtenue par son équipe. Elle va suivre un cours universitaire cet été.

Amy Green et Gabriel Cormier sont les athlètes de l’année à l’école L’Odyssée

Amy Green

Normand A. Léger

   Amy Green et Gabriel Cormier, les deux de Moncton, sont les athlètes de l’année de l’école secondaire L’Odyssée de Moncton pour la saison sportive 2019-2020.

   Les deux ont été couronnés lors du Gala annuel de l’école présenté pour la première fois d’une manière virtuelle en raison de la pandémie COVID-19, mercredi dernier, sur les médias sociaux et l’Internet. Le tout a été présenté en grande pompe grâce à un super montage qui a placé en évidence plusieurs élèves, enseignantes et enseignants de l’école durant la présentation d’une heure et demie. Gabrielle Belone et Alec Robinson sont les recrues de l’année.

Gabriel Cormier

   C’est l’athlète olympienne et ancienne de L’Odyssée, Geneviève Lalonde, qui a présenté les athlètes de l’année. Chez les filles, autre Amy Green, on retrouvait Caroline Boissonneault, Jillian Doyle, Danielle Richard et Irène Mutoli, comme candidates. Chez les gars, Caleb Fogarty, Eric Jean, Luc Richard, Jonathan Sheehan et Julien Tétégan étaient aussi en no- mination. 

   «Je suis très contente de ce titre, a dit Amy Green au journal. C’était différent cette année pour le gala parce qu’on n’était pas là, mais c’est un honneur. J’ai voulu    essayer plusieurs sports au cours de mes quatre années à l’école et je me suis prouvée dans chacun. J’ai connu des défis au début entre les sports et les études. Mais j’ai appris à bien allier les deux et cela me vaudra aussi dans la vie de tous les jours. J’ai plusieurs souvenirs de mes quatre ans, mais j’ai beaucoup apprécié jouer au hoc-                                                   key avec les Olympiennes cette année. J’ai rencontré du nouveau monde et j’ai vraiment aimé notre saison. J’ai voulu laisser ma marque à l’école en démontrant du leadership et en montrant l’exemple par mon jeu sur les terrains. J’ai apprécié jouer avec l’équipe provinciale de ringuette aux Jeux du Canada en 2019, mais j’ai dû me rattraper dans mes études au retour, ce qui a été un défi. La participation des Olympiennes au tournoi provincial de soccer senior l’automne dernier a aussi été un autre moment excitant.» 

   Amy Green, 5pieds 8pouces, est inscrite au baccalauréat en administration au campus de Moncton et s’alignera avec les Aigles Bleues au soccer. Elle a porté les gilets des formations de soccer, ringuette, frisbee ultime, hockey et volleyball dans ses quatre années.

   «J’ai adoré mes quatre années à l’école L’Odyssée, a dit Gabriel Cormier, qui a tenu à remercier ses entraineurs et coéquipiers. Je suis soulagé que c’est fait. J’avais beaucoup de pression avec la famille. J’affiche un gros sourire. C’est incroyable, quatre en quatre dans la même famille. Je suis le dernier et nous allons donner la chance aux autres maintenant. Je me sens bien avec ce titre et surtout en raison de tout le temps que j’ai dévoué aux sports à l’école en quatre ans. Tu te lèves, tu es en classe et ensuite tu passes beaucoup de temps dans le gymnase et en salles avant de reprendre le lendemain.» 

   Fait à souligner, Gabriel Cormier est le quatrième membre de sa famille à avoir remporté le prix de recrue de l’année et d’athlète de l’année à L’Odyssée. Ses deux frères (Simon et Benoit) et sa sœur (Alexanne) ont fait de même auparavant. Cormier a porté plusieurs maillots durant son séjour, incluant au basketball, volleyball, frisbee ultime et soccer. «C’est fou comment vite le temps a passé, a-t-il ajouté. Avec toutes ces acti- vités, j’ai pris une routine que j’ai beaucoup aimé. Mon coup de foudre a été lorsque j’ai pu jouer avec mon frère Benoit au basketball. Il était un senior et moi junior. J’ai adoré cela et durant une partie dans un tournoi à Saint-Jean, j’ai marqué 40 points avec son aide, le plus de points que j’ai jamais marqué dans une joute. Il était un très bon joueur.» 

   Les sports sont une bonne distraction de l’académique selon l’athlète de 6pieds 1pouce, 185 livres. Il dit que cela est bon pour la santé mentale. Il a maintenu un bon équilibre entre les deux matières et dit avoir construit de bonnes habitudes de vie. Il a joué quatre ans avec les équipes provinciales de basketball, souvent le seul francophone, de -15 à -17 ans. Il a apprécié avoir remporté une médaille de bronze l’an dernier au championnat cana- dien -17 ans à Fredericton. Il devait s’aligner à nouveau cette année avec la formation, lui qui a été choisi au sein de l’équipe étoile provinciale de basketball des écoles secondaires, en mars. 

   En septembre, il poursuivra des études en biologie à l’Université Crandall de Moncton et jouera pour l’équipe collégiale de basketball des Chargers. Il avait quelques choix, mais a décidé de demeurer près de la maison. Il vise s’améliorer davantage. Il a eu 18 ans le premier janvier. Il aurait aussi pu jouer au soccer, mais favorise le jeu à cinq plutôt que celui à 11. Il compte deux participations au soccer aux Jeux de l’Acadie et en a raté deux autres en raison des entrainements au basketball provincial.   

   Philippe Danault, des Canadiens de Montréal, a présenté les recrues de l’année. La recrue féminine Gabrielle Belone a joué au soccer et Alec Robinson, au football chez les gars. 

   «C’est un bel honneur que d’avoir été choisi recrue de l’année, a indiqué Alec Robinson. Cela m’encou- rage à continuer à travailler fort. J’aime bien jouer sur la ligne défensive. Je suis impliqué dans tous les jeux et j’ai mon travail à faire pour aider l’équipe à gagner. J’aime être agressif, plaquer les joueurs offensifs de l’autre équipe et parfois leur quart arrière. Lorsque j’ai eu la nouvelle, j’ai immédiatement pensé à tout le travail et l’énergie que j’ai placés aux entrainements et lors des parties pour me rendre là. Cela me donne confiance pour continuer afin de me rendre à la prochaine étape et aider l’équipe à remporter un autre championnat au cours des trois prochaines années.» 

   Mesurant 5pieds 10pou-ces, 210 livres, l’élève de 9e année est une perle rare qui se présente à l’entrainement avec enthousiasme. Il a remporté un championnat provincial des écoles secondaires à sa première saison au secondaire, lui qui ne joue que depuis deux ans. Il avait évolué avec les Raiders bantam de Football Moncton, auparavant. Il a aussi joué avec Équipe Nouveau-Brunswick -16 ans à l’été 2019 et a participé au tournoi de l’Est en Ontario, un voyage, un défi et une expérience qu’il a beaucoup appréciés.    

   Gabrielle Belone est une joueuse de soccer de 14 ans qui joue à l’attaque. Elle a disputé sa première saison avec les Olympiennes, étant en 9e année. «J’étais surprise d’avoir été choisie comme recrue de l’année, a-t-elle indiqué. Il y avait beaucoup d’autres bonnes athlètes. Cela m’encourage pour les trois prochaines années. Comme attaquante, je marque souvent, soit du pied droite ou gauche et je cours beaucoup. J’ai un bon coup de pied et j’ai bien aimé ma saison avec les Olympiennes. C’était une bonne expérience.» Le soccer est son seul sport. L’athlète de 5pieds 4pouces veut continuer à s’améliorer et aime-rait bien s’aligner avec les Aigles Bleues de l’Université de Moncton dans quatre ans.   

   Une mention spéciale a été faite envers les élèves Martin Gallant, choisi au sein de l’équipe nationale de frisbee ultime; Gabriel Cormier, nommé avec la formation provinciale de basketball et Jordan Kenny et Nathan Dinard, qui ont été recrutés par l’équipe de hockey du CÉGEP de Rimouski.

Retraite bien méritée pour Léon et Marie-Paule Gallant

Léon et Marie-Paule ont quitté leur magasin Gallant TV pour une dernière fois samedi dernier.

   C’est tout un chapitre qui s’est fermé sur la rue Main à Shédiac, samedi dernier, alors que l’entreprise Gallant TV, qui y avait pignon sur rue depuis 51 ans, a fermé ses portes définitivement.  Et c’est une retraite bien méritée pour Léon et Marie- Paule Gallant.

Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local − APF – Atlantique

   C’est le 1er avril 1969 que Léon démarrait son commerce avec celui qui aura été son partenaire pendant 25 ans, Bernard Doiron. Le magasin était alors situé de l’autre côté de la rue, où se trouve maintenant une pharmacie. «Je travaillais pour une compagnie à nettoyer des fourneaux, dit-il. L’idée de me lancer en affaires m’est venue soudainement, un soir, et j’ai décidé d’écrire à deux compagnies : RCA et Zenith.» RCA lui a répondu et c’est comme ça que débutait Gallant TV avec des appareils électroniques et électroménagers. Le commerce est resté dans son premier emplacement pendant six ans, mais il était situé au deuxième étage et l’espace était limité. Cela fait donc 45 ans que l’entreprise est dans l’édifice actuel cons-             truit en 1900 avec deux ajouts aménagés en 1983 et 1986.

   M. Gallant a travaillé aux États-Unis dans sa jeunesse et a suivi un cours d’électronique par correspondance pour réparer les téléviseurs. Il raconte avoir eu un problème à un moment donné, alors que trois téléviseurs de la même marque ne fonctionnaient pas. «Je me suis couché et j’ai jonglé à ça et quand je me suis réveillé le lendemain, je savais exactement quoi faire pour les réparer», dit-il.

   Son épouse Marie-Paule, 77 ans, originaire de Saint-Édouard, a quitté son emploi d’infirmière auxiliaire à la Villa Providence de Shédiac, il y a 45 ans, pour devenir secrétaire au magasin. Elle dit qu’elle va s’ennuyer des discussions avec la clientèle, mais elle est prête à profiter de la retraite à la maison.

   «Ça faisait une dizaine d’années que je cherchais à vendre, indique M. Gallant, 78 ans, originaire de Grande-Digue. Mais je n’ai pas trouvé personne intéressé à reprendre le magasin; c’est ça que j’aurai préféré, dit-il, et c’est mon seul regret.» Il ajoute que le commerce a connu de bonnes et de moins bonnes périodes, mais que les dernières années étaient excellentes.

   L’édifice disparaîtra sous le pic des démolisseurs, car les entrepreneurs qui l’ont acheté veulent en  ériger un autre. «La vente a été conclue il y a un mois et j’ai été à loyer ici pour mon dernier mois en affaires», raconte-t-il.

Le magasin Gallant TV a eu pignon sur la rue Main à Shédiac pendant 51 ans.  (Photos : C. Lanteigne)

   Pour le couple, ce n’était pas évident de mettre fin à leurs activités en temps de pandémie. Ce n’est pas ce qu’ils auraient aimé, mais ils n’avaient pas le choix. Le magasin a dû fermer à cause de la COVID-19 et trois des neuf employés ne sont pas revenus après la réouverture.

   Lorsqu’on a annoncé la vente de fermeture débutant le 19 mai, ce fut la ruée à la porte avec une longue ligne d’attente à cause du nombre limité de personnes admises à l’intérieur. Une grande partie de leur inventaire s’est vendue comme des petits pains chauds. Des gens avaient écrit sur les médias sociaux que le magasin allait fermer cette fin de semaine-là.

   M. Gallant raconte en riant que lorsque leur fils Rhéal est né en février 1969, il s’est dit qu’il devait faire quelque chose. Et deux mois plus tard, le magasin ouvrait. Rhéal a dirigé l’entreprise familiale pendant plusieurs années et se dit aussi prêt pour un changement. Comme son père, il est triste de voir que le commerce ne survivra pas.

   La famille Gallant ne s’est jamais sentie menacée par les grands magasins des villes avoisinantes. «Beaucoup de gens voulaient magasiner local parce que nous étions ici dans la communauté. Nous avons fait de notre mieux pour donner le meilleur service possible», souligne Rhéal.

   Beaucoup de loyaux clients de différentes générations sont passés les saluer, leur faire leurs adieux et les remercier. Plusieurs disaient qu’ils avaient pris la bonne décision, car ils avaient fait leur part, mais qu’ils allaient quand même s’ennuyer de ce que leur magasin offrait, dont l’excellent service après- vente.

   Un client, Jean-Louis Landry, a raconté qu’un jour, lorsque son téléviseur ne fonctionnait pas, M. Gallant lui avait dit qu’il pourrait passer en soirée. Il lui a dit qu’il pouvait attendre le lendemain, mais à 19 heures il était chez lui pour réparer son appareil. «Tu ne vois plus ça de nos jours du service comme ça», dit-il.

   Il ne restait plus grand-chose lors de la visite du journal, si ce n’est que deux réfrigérateurs, et des petits articles. M. Gallant ne peut estimer le nombre de téléviseurs qu’il a vendus au cours des 51 dernières années, mais dit en avoir réparé et réparé. Il affirme avoir eu une belle carrière. Le couple va continuer à jardiner chez eux, à Grande-Digue. M. Gallant a construit lui-même leur résidence familiale, mais depuis onze ans, le couple passe ses hivers en Floride. «On y passe de quatre à cinq mois par année, mais nous sommes revenus le 25 février cette année», ajoute M. Gallant. Et ce fut une bonne décision, car la pandémie a tout changé peu après. «Mais cet hiver, nous allons probablement voir la neige à Grande-Digue», prédit le couple, heureux d’avoir plus de temps pour eux et pour leurs petits-enfants.

Fête du Canada virtuelle au village de Cap-Pelé

   Justin LeBlanc, directeur des événements et des communications du Village de Cap-Pelé, ne manque pas d’imagination pour orga- niser des activités, qu’elles soient virtuelles ou non.

Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local − APF – Atlantique

Roland Gauvin et M. Crapaud sont souvent en vedette à Cap-Pelé. (Courtoisie)

   «C’était tout un défi de planifier la fête du Canada, dit-il. Nous étions dans l’inconnu à savoir combien longtemps la pandémie allait durer et la fête virtuelle était la meilleure option pour nous tout de suite.» Habituellement, les activités du 1er juillet se déroulent à la Plage de l’Aboiteau. En présentant le spectacle de façon virtuelle, cela va permettre à plus de gens d’y participer, d’autant plus que la fête tombe au beau milieu de la semaine, un mercredi.

   Les spectacles seront diffusés sur la page Facebook du Village de Cap-Pelé. «Nous avons toujours trouvé im- portant d’offrir des activités pour les différents groupes d’âge et pour les petits, le spectacle de Roland Gauvin et M. Crapaud est toujours un succès», ajoute Justin LeBlanc. C’est ce «duo» qui commencera la journée d’activités, de 11h à 11h45.

   Les personnes âgées seront sans doute très intéressées par le spectacle de musique, entre 14h et 16h, de Colleen Duguay et Sharp Tone, intitulé «Cap-Pelé, ça va bien aller».

Zachary Richard sera en spectacle virtuel le 1er juillet. (Courtoisie)

   Depuis déjà un bon moment, Justin LeBlanc fai-  sait des démarches auprès de son grand ami, Zachary Richard. De 19h à 20h, celui-ci présentera un spectacle intitulé : «Canada, ne lâchez pas la patate». «L’objectif du spectacle de Zachary Richard est de rappeler aux Acadiens et aux Acadiennes que malgré la fermeture de la frontière canado-américaine, l’amour et l’amitié entre l’Acadie et la Louisiane demeurent forts», explique le directeur des événements. Il ne faut pas oublier que le Village de Cap-Pelé et la Ville de Broussard, en Louisiane sont jumelés depuis 1984. Le spectacle est présenté en partenariat avec la Société Nationale de l’Acadie et le gouvernement du Canada.

   On se souviendra que l’an dernier, dans le cadre du Congrès mondial acadien, Zachary avait accepté l’invitation de Justin de participer à la journée de Cap-Pelé. «Je m’étais pris très tôt pour l’avoir», ajoute le jeune communicateur. Il  a avisé toutes les communautés environnantes une fois que le chanteur cadien avait confirmé sa présence pour la journée du CMA de la municipalité.  «Ça ne servait à rien qu’elles fassent des démarches pour l’avoir, dit-il en riant. Les billets se sont vendus comme des petits pains chauds.»

Deux concours

   Afin de se préparer à la fête du Canada, du 27 juin au 1er juillet, le Village encourage les gens à faire des sculptures de sable et de télécharger une photo de leur création sur Facebook ou sur Instagram en utilisant le mot-clic #aboiteaucanada2020. Les participants courent la chance de gagner un prix de collection de la Baie d’Hudson ou un laissez-passer de saison de la Plage de l’Aboiteau.

   De plus, du 27 juin jusqu’au 1er juillet, les gens peuvent compléter un «trivia» canadien sur le site Web du Village de Cap-Pelé afin de  gagner un prix de la collection de la Baie d’Hudson.

   Ces deux concours sont ouverts à tous les gens du pays.

   Pour leur part, les citoyens de Cap-Pelé recevront un bonbon à l’érable par la poste pendant la semaine du 22 juin. Les citoyens qui désirent s’en procurer d’autres pourront en acheter au Cap-Pelé Esso.

   «Un grand  avantage d’une fête virtuelle, c’est qu’elle aura lieu beau temps, mauvais temps, mentionne Justin LeBlanc, et je suis certain que plusieurs personnes de l’extérieur de la municipalité vont aussi en profiter.»

Josée Gautreau fait tourner les têtes avec ses lamas et ses alpacas

Josée et sa lama Linda. (Courtoisie)

   Voir des lamas et des alpacas se promener le long de la plage à Grand-Barachois n’est pas une scène quotidienne. Mais depuis que Josée Gautreau, de Haute-Aboujagane, a fait l’acquisition de deux lamas et de deux alpa- cas, elle les sort régulièrement pour des promenades, pour le grand plaisir des gens qui les rencontrent.

Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local − APF – Atlantique

   Originaire de Dieppe, la jeune femme de 26 ans est en amour avec les animaux. «Je suis la seule de la famille à avoir cette passion», dit-elle. Elle fait de l’équitation depuis l’âge de huit ans. Sa mère lui avait dit que si elle voulait un cheval, il fallait qu’elle le paie elle-même. «Alors  j’ai fait tout ce que j’ai pu pour ramasser de l’argent, raconte-t-elle, soit en faisant du ménage, des cadeaux reçus, etc., et j’ai acheté mon premier cheval – Doc (tout brun) en 2008, alors que j’étais en 8e année.» C’était un bon cheval, docile et bien entraîné, avec qui elle a donné des cours d’équitation. Mais il prend maintenant de l’âge et elle en a acheté deux autres depuis. Elle fait encore de l’équitation de temps en temps.

   En 2018, elle fait l’acquisition d’une propriété de huit acres à Haute-Aboujagane et s’y installe. Des sentiers parcourent son terrain et elle souhaite organiser des pro- menades avec les animaux, des petites marches, etc. Elle a plein d’idées pour des activités, comme des marches de lamas et d’alpacas dans ses sentiers, le long de la mer et de la rivière, des sorties chez les gens pour des fêtes d’enfants, etc.

   Josée a reçu la confirmation de la province qu’elle peut les promener sur le bord de la plage parce que ce sont des animaux qui sont amicaux avec les chiens. Elle attend la confirmation écrite qui lui permettra aussi de les promener sur le bord de la rivière près du Club Chasse et Pêche de Haute-Aboujagane.

   Quand elle va à l’extérieur de sa propriété, elle ne passe pas inaperçue, car on ne voit pas ses animaux en passant devant sa résidence de Haute-Aboujagane. «Les   animaux sont curieux et ils viennent facilement à toi si tu leur offres de la nourriture, surtout la plus gourmande, Pearl.»

   Elle a acheté une remorque pour les transporter, mais elle s’est ensuite aperçue que le dessous était rouillé, ce qui l’empêchait de l’utiliser. Pour le moment elle prend donc son camion et cherche une autre remorque. Elle se dit également chanceuse d’avoir un bon voisin et une amie qui gardent ses animaux si elle veut s’absenter ou prendre des vacances.

   Josée est esthéticienne et travaille à Dieppe. Elle fait des tatouages de sourcils. Elle fait aussi du toilettage pour les chiens.

   Même s’il faut beaucoup de temps pour s’y consacrer, Josée a toujours voulu avoir des animaux. De retour à la maison, après sa journée le travail, elle leur donne à manger. «Mais il faut ajou-ter qu’ils remplacent une tondeuse, car ils aiment brouter l’herbe autour de la maison et dans le champ.» Ils mangent du foin et un mélange spécial de graines pour les alpacas et les lamas. Comme elle n’a pas de revenus faute de pouvoir organiser des activités avec ses animaux, tout son argent va à payer ce qu’il faut pour s’en occuper.

   Josée a acheté ses deux alpacas âgés de six mois en 2018; elle pouvait se promener avec eux et ses deux chiens dans l’auto pour aller à la plage. Pearl, la plus amicale, et Luna sont nées à une semaine d’intervalle. L’hiver dernier, elle a acheté ses deux lamas Linda et Brenda après avoir vu une annonce sur Kijiji placée par une personne de Moncton.

Voir des lamas et des alpacas se promener le long de la plage à Grand-Barachois n’est pas une scène quotidienne.  Josée, deuxième de la gauche, les promène régulièrement avec ses amies, au grand plaisir des résident.e.s et des gens à la plage. (Gracieuseté)  

   Linda, quatre ans, est enceinte et devrait accoucher d’ici janvier. Brenda, qui aura un an en juillet, ainsi que Linda ont été élevées en     liberté avec d’autres animaux et n’avaient jamais été en compagnie d’êtres humains avant que Josée en fasse l’acquisition. Il a donc fallu qu’elle les dresse chaque jour pour les habituer à vivre avec des humains.

Un coucher de soleil à Grand-Barachois. (Courtoisie)

   Elle s’apprêtait à raser les deux lamas lors de la visite du Moniteur Acadien. Il faut les raser une fois par année. Josée aimerait faire quelque chose avec la laine qui vaut cher. Elle s’apprêtait également à accueillir deux émeus qui lui ont été offerts par une de ses meilleures amies comme cadeau d’acquisition d’une nouvelle propriété. Ils seront logés dans une petite grange clôturée. Mais ce sera tout pour l’instant pour ce qui est d’acquérir d’autres animaux. «Lorsque la situation reviendra à la normale et selon leur popularité, je pourrais acheter d’autres lamas et des alpacas», souligne la jeune femme passionnée de ces animaux.

   Josée développe actuellement sa page Facebook et son compte Instagram «Llama-zing adventures» afin de promouvoir ses activités et ses offres au public.

Monette Gould anime des célébrations de vie

   Bien connue comme directrice de chorale, chanteuse professionnelle et professeure de chant au niveau universitaire, Monette Gould, de Dieppe, a ajouté une corde à son arc et organise maintenant des célébrations de vie.

Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

   «J’ai chanté à des services funéraires depuis plus de 40 ans, précise Monette Gould, et j’ai été témoin de belles cérémonies et aussi de cérémonies qui laissaient un vide.» Elle s’est rendue compte qu’il y a des changements qui se produisent dans notre société concernant ces célébrations et les gens recherchent une approche beaucoup plus personnelle. C’est la principale raison pour laquelle elle a décidé de devenir une célébrante.

   Avant de devenir une musicienne professionnelle, Monette a fait du bénévo-   lat avec des personnes âgées ainsi que des personnes ayant des besoins spéciaux. Elle débutera sa 33e année comme professeure et même si elle aime bien enseigner au niveau universitaire, elle voulait changer des choses dans sa vie. «Je voulais aussi donner quelque chose qui va rester avec les gens», dit-elle. En 2019, elle a donc décidé de suivre une formation en Ontario pour obtenir la certification de célébrante bilingue de funérailles.

   Souvent quand on lit les nécrologies, il est écrit «pas de visites ou de funérailles» et ça la touche toujours. C’est parfois la personne décédée qui le demande afin de ne pas causer de soucis ou de dépenses à la famille.  Il est aussi possible que cette personne ne soit ni religieuse ni spirituelle ou qu’elle ne se sente pas digne d’un service ou d’une célébration.

   Pour Monette, chaque vie est importante, a une histoire et devrait être partagée, car chaque personne mérite d’être honorée. Bien que les familles soient bien intentionnées en respectant les souhaits de leur proche, leur deuil peut se prolonger sans ce dernier adieu. C’est très important que les gens aient l’occasion d’honorer le défunt pour une dernière fois lors d’une célébration, aussi simple ou élaborée qu’elle soit, entourés de membres de la famille et de leurs amis.

   Pour Monette, c’est un plaisir de raconter l’histoire de la vie de la personne décédée avec la plus grande douceur et gentillesse, que ce soit un enfant, un partenaire, un membre de la famille ou un ami. «J’aime tellement les histoires et le parcours des gens, ajoute-t-elle. Mon objectif est d’aider à célébrer la vie de cette personne d’une manière qui lui fera honneur et débutera le processus de la guérison. Il est important de faire son deuil.»

   Les célébrations de vie peuvent se faire en collaboration avec le salon funéraire et/ou l’église.  Elles sont pla-nifiées en collaboration avec la famille et peuvent avoir lieu à l’endroit de leur choix. Monette prépare minutieusement la célébration de vie en écoutant attentivement les membres de la famille par- tager leurs souvenirs de l’être bien-aimé.  Aimait-il passer     du temps dans un endroit particulier? Les célébrations peuvent avoir lieu au salon funéraire, dans une église ou une chapelle (avec permission), une maison privée, une salle communautaire, un hôtel, un restaurant, un club de golf, à l’extérieur (plage, forêt, bateau, etc.) ou ailleurs.

   «J’anime la célébration en respectant leurs souhaits personnels, poursuit-elle. Ces services peuvent contenir des aspects religieux tels que des lectures, des prières, des hymnes ou ils peuvent être complètement laïques (non religieux, non spirituels).» Elle organise aussi des célébrations comprenant des souvenirs, des objets personnels ou la musique préférée de la personne ho-norée.

   Monette vend aussi des urnes biodégradables qui se transformeront en arbres dans les années suivant la célébration. On peut la mettre dans sa cour et l’arbre rappellera la personne aimée.

   En plus de la famille et des amis, elle ajoute que les enfants et les petits-enfants sont les bienvenus et encouragés à participer à la célébration.  Pour elle, les enfants doivent également vivre le processus du deuil et cette célébration peut être leur dernière offrande à leur proche.

   Monette rappelle que ses services sont accessibles à tous et disponibles dans la province et même à l’extérieur. «Je ne fais aucune discrimination fondée sur le sexe, l’âge, le statut social, l’orientation sexuelle, la race, la religion ou les croyances spirituelles (ou le manque de croyance).»  Elle anime ces célébrations dans une atmos- phère sans jugements, quels que soient les circonstances ou la cause du décès, la situation familiale ou les choix de vie de la personne décédée.

   «Cette cérémonie n’est pas à propos de la mort, de conclure la célébrante, c’est à propos de célébrer la vie de cette personne-là. C’est sur ça qu’on doit se concentrer.» Et les commentaires que l’on retrouve sur son site souli- gnent son professionnalisme et la satisfaction des familles qui ont fait appel à ses services.

On peut communiquer avec Monette au 506-851-1368 et elle se fera un plaisir de répondre à vos questions et vous donner plus d’informations au sujet de services ou de produits particuliers. On peut aussi visiter son site : www.    monettegould.ca.

Norbert Bourque, le dernier laboureur de Cap-Pelé

On n’avait plus vu de chevaux de trait à l’œuvre depuis des années dans la région. (Crédit : Simon Delattre – Acadie Nouvelle)

   Au bord de la route 15, les curieux s’arrêtent pour contempler un spectacle sorti tout droit d’une époque révo- lue, lorsque les hommes et les chevaux travaillaient ensemble à faire fructifier la terre. Malgré ses 74 ans, Norbert Bourque marche derrière son attelage d’un pas assuré. L’homme de Cap-Pelé est venu rendre service à une résidente de la région, qui nourrit le projet de créer un jardin dont les récoltes iront aux plus démunis.

Simon Delattre – Acadie Nouvelle 

   Les pièces métalliques du harnais reflètent la lumière du matin et le bruit des chaines contraste avec la tranquillité du voisinage.

   Candy et Sky tirent derrière elles une charrue à disques rouge vif. Les deux juments de race Percheron impressionnent par leur puissance et leur sang-froid. Noire à la naissance, leur robe est au-jourd’hui grise et parsemée de taches blanches.

   «Elles pèsent entre 1800 et 1900 livres, décrit Norbert. Aujourd’hui, ce sont elles les vedettes!»

   Celui qui a grandi dans une ferme de Cap-Pelé s’est toujours passionné pour les chevaux de trait. «Tous les foyers avaient des chevaux, c’était essentiel pour se nourrir! Je suivais mon grand-père, mais il ne voulait jamais me laisser prendre les rênes», raconte-t-il.

   Les labours du printemps étaient un moment de fête dans le village, une occasion de se réunir autour d’une activité. Les années ont passé et la pratique a disparu.

   Norbert Bourque, lui, reste nostalgique de cette époque. «C’est comme une maladie qui ne te lâche pas», lance l’ainé.

   Attaché à la sauvegarde du patrimoine et des traditions, il se plait à recourir à la traction animale pour de la culture à petite échelle, mais aussi pour des balades en calèche ou en traineau. Cela fait une trentaine d’années qu’il prend soin de ses attelages.

Norbert Bourque s’est offert les services d’un artisan de Membramcook pour la confection des harnais. (Crédit : Simon Delattre – Acadie Nouvelle)

   Le travail est pourtant fastidieux. Il a d’abord eu recours à une première charrue munie d’un soc vient découper et retourner des bandes de terres, il devra ensuite se servir d’une herse pour préparer le lit de semences en brisant les mottes créées lors du labour du champ.

   «Il faut compter une journée de travail pour un acre de terre», explique-t-il.

   La conduite de l’attelage exige de la précision et de l’expérience. Norbert passe jusqu’à deux heures par jour auprès de ses deux protégées pour les soigner, les brosser, les nourrir et installer avec elles une relation de con-     fiance.

   «Tu dois les habituer à  rester dans son sillon, sinon tu iras tout croche! Il faut que tu leur parles beaucoup si tu veux qu’ils deviennent amis avec toi… Il faut aussi les entrainer à tirer, le labour c’est dur pour eux autres.»

   L’amoureux des bêtes participe autant qu’il le peut aux compétitions de chevaux de trait dans les Maritimes. Il en profite pour transmettre son savoir aux plus jeunes propriétaires.

   En réalité, la fragilisation de l’agriculture paysanne dans la province le préoccupe. «On voit trop peu de jardins astheure et les fermiers n’y arrivent plus. Moi je trouve ça dangereux!»