Justin A. Guignard voulait chanter quarante chansons pour la quarantaine

Justin A. Guignard (gracieuseté)


   Justin A. Guignard, de Beaubassin-est, s’était lancé le défi de chanter une chanson par jour pour la quarantaine, le 28 mars dernier.  Il prévoyait enregistrer 40 chansons et les publier sur son compte YouTube en faisant  appel aux demandes spéciales.  

Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

   Les réponses n’ont pas tardé  à affluer; il a reçu plus de 80 demandes. «J’ai donc décidé d’enregistrer deux chansons par jour, une en français et une en anglais, et de nommer le projet Quarantounes», raconte-t-il.

   Depuis trois ans, Justin A. Guignard est enseignant de musique aux écoles Donat-Robichaud de Cap-Pelé, maternelle à la 8e année, quatre jours semaine, ainsi qu’à l’école Antonine-Maillet de Dieppe, 6e à 9e année, une journée par semaine. Il est aussi chef d’orchestre de l’Harmonie Codiac à Moncton et du chœur Bel Canto à Fredericton.

   «Après la fermeture des écoles, mes autres activités aussi s’annulaient et c’était un peu déstabilisant, ajoute-t-il. J’avais toute une cédule hebdomadaire et puis, plus rien. La musique, ça ne s’enseigne pas à distance à 350 élèves.» L’idée de ce beau petit projet a fait son chemin et même s’il ne pensait pas en enregistrer autant, il va sans dire que ses chansons sont attendues chaque jour par un grand nombre de personnes.

   Et c’est tout un répertoire varié qu’il offre depuis le début. «J’ai un peu de tout pour tout le monde, dit-il. Mais il y a des chansons qui nécessitent jusqu’à trois jours de travail. Je ne pensais pas en faire autant.» De sa propre version Quarantounes de Coton Ouaté, à Ecce Quam Bonum en passant par Piano Man, Ave Maria, Partons la mer est belle, Panis Angelicus, Moi j’mange ou Le monde a bien changé, on peut écouter ses enregistrements tous plus beaux les uns que les autres sur sa page Facebook.

   Quarantounes prenait fin hier, mais les gens lui demandent de continuer à ensoleil-ler leurs journées, de faire un spectacle avec toutes les chansons enregistrées ou d’enregistrer un disque compact. Certaines options s’offrent encore au jeune musicien, il y a entre autres, l’église de Barachois pour un spectacle. Il dit qu’il  va y penser et voir ce qui est possible.     

   Le 1er avril, on le retrouvait avec les cheveux teints en jaune. Un rêve de longue date. : «C’est la seule fois que je n’avais rien sur mon horaire et j’ai pu le réaliser.»

Le 10 avril, il recevait toute une surprise, soit une vidéo réalisée par deux de ses élèves, Maxime et Xavier Morin, accompagnés à la guitare par leur père Benoit. Ils lui offraient ainsi un petit clin d’œil musical en interprétant une chanson composée spécialement pour lui. «Je ne réalisais pas à quel point je m’ennuyais de l’enseignement avant de voir cette merveilleuse vidéo, dit-il. Ce sont des cadeaux comme ceci qui valident mon choix de carrière!»

   Justin vit bien le confinement et se dit chanceux d’avoir de bons voisins actifs qu’il apprend à mieux connaître. Il a fait l’acquisition de sa nouvelle maison en octobre dernier. Il s’ennuie de ses élèves dans cette nouvelle réalité et il a hâte en septembre pour retourner enseigner.

Serge Brideau : un artiste au cœur généreux

Jeannita Thériault

   On ne peut faire autre que d’admirer et d’apprécier la générosité du chanteur du groupe Les Hôtesse d’Hilaire, Serge Brideau, en cette période de la pandémie de la COVID-19.

   Serge a décidé de changer sa carrière d’artiste : chanteur, guitariste et comédien, pour aller travailler dans un foyer de soins en tant que préposé aux soins et même, à l’occasion leur chanter des chansons, accompagné de sa guitare.

   La décision d’abandonner sa carrière et son vedettariat incontestable n’a pas dû être facile, surtout d’avoir rasé sa longue barbe et ses longs cheveux qui habitaient son personnage depuis si longtemps, sans doute, un genre de dépouillement physique pour lui. Avant de le faire, il a lancé une belle initiative et a recueilli la somme de  24 000$ en six jours pour l’Accueil Sainte Famille, de Tracadie, une association qui aide les femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants. 

   Serge jouissant d’une admiration continue de la part de ses nombreux «fans», autant masculins que féminins, lors-qu’il était en spectacle.

   Avoir abandonné sa carrière d’artiste pour se dévouer auprès des personnes isolées et en quête de soins est tellement louable et généreux de sa part. 

   Nous devons féliciter Serge, ancien ambulancier durant de nombreuses années, d’avoir choisi de partager son expé- rience médicale et sa bonne humeur auprès de gens, sans visites et vulnérables durant ces moments d’isolement imposés par la pandémie de la COVID-19.

   Bravo Serge!

Niklas Platis poursuivra son rêve de jouer au football à Acadia

Nik Platis (Gracieuseté)

(N.A.L.) – Le football canadien est le sport qui peut attirer le plus grand nombre de joueurs avec la plus grande différence de poids et de tailles et qui offre des positions et tâches précises selon leur endroit sur le terrain.

   Il est parfois difficile de comprendre les interactions entre toutes ces positions lors d’une joute, mais la meute d’entraineurs spécia- lisés selon leurs expériences offre aux joueurs de ce sport d’équipe les conseils nécessaires pour réussir. Qu’on ait un poids de 130 ou 250 livres ou plus, ou une taille de 5pieds 5pouces ou 6pieds 5pouces, il y a une position sur le terrain qui peut t’accepter.

   Niklas Platis, de Shediac Cape, vient de signer sa lettre d’intention d’U SPORTS de s’aligner avec les Axemen de l’Université Acadia, à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, pour la prochaine saison de football de Sport universitaire de l’Atlantique. Ne mesurant que 5pieds 7pouces, 185 livres, il est porteur de ballon, la position qui s’adapte le mieux aux jeunes de plus petite taille. Il vient de compléter quatre saisons avec les Purple Knights de l’école Moncton de la Conférence de l’Est, lui qui n’a débuté dans ce sport que quatre ans passés.

   «J’étais un joueur de hockey comme les autres, mais l’entraineur de football de l’école m’a encouragé à me rendre aux entrainements et j’ai aimé cela, a dit le principal intéressé au Moniteur Acadien. Il m’a dit que ce serait une bonne expérience pour moi et j’ai adoré cela. En raison de ma petite taille, j’étais porteur de ballon. J’aime beaucoup le football. C’est amusant et tu peux te laisser aller sur le terrain. J’ai créé de bons amis et je pars avec de bonnes mémoires.»

   Platis n’a pas regardé loin pour choisir une université, lui qui termine son école secondaire. «Je cherchais une université avec un bon programme de football et un de kinésiologie, a-t-il continué. Acadia offre les deux en Atlantique et possède une très bonne équipe. Il y a des anciens des Purple Knights qui sont là, dont Bailey Feltmate et Chris Cameron Kogler. Les gens d’Acadia m’ont indiqué qu’ils aimaient mon comportement sur le terrain et que j’avais du talent pour le sport. Je suis aussi un joueur déterminé et cela se démontre lors des joutes.»

   Comme tous les athlètes, Platis possède des pièces de poids et haltère en cette  période de pandémie qui garde les gens à la maison et qui a forcé la fermeture des gymnases. Il a reçu un programme d’entrainement pour les recrues qu’il suit à la lettre pour se donner une bonne chance de jouer dès le mois de septembre. «Je peux aussi courir pour améliorer mon cardio, a-t-il précisé. Il me faut avoir un bon cardio pour courir des distances avec ma position. Je veux être bien préparé pour l’entrainement pour le mois d’aout. Je dois améliorer ma vitesse et avoir de bonnes jambes.»

   Platis, qui aura 18 ans en mai, pense poursuivre des études en santé ou en éducation une fois son baccalauréat en kinésiologie terminé. Il est prêt à faire les sacrifices pour réaliser son rêve de jouer avec les Axemen. Il sait que la saison de football est courte et il veut tout donner à tous les jours lors des entrainements pour démontrer qu’il est capable d’aider sa formation à l’emporter. «C’est un gros engagement de ma part, mais je suis prêt, a-t-il ajouté. J’ai hâte à mes premiers entrainements au niveau universitaire. J’étais capitaine de mon équipe de football cette année et j’ai l’éthique de travail pour réussir.»

   Le hockey était le sport de Platis avant sa prise de conscience du football. Il était capitaine de son équipe de hockey scolaire cette année. La formation a connu bien plus de succès cette saison et était compétitive. Il dit que la saison a été mémorable pour lui et ses co-équipiers. Il délaisse maintenant son sport d’enfance en faveur de celui qui lui a fait vivre des moments encore plus illustres.

Appui aux entreprises locales Des organismes travaillent sur une stratégie à court terme

   Les entreprises locales sont au coeur de nos communautés partout au pays. Elles ont besoin de soutien maintenant plus que jamais. C’est le mot d’ordre que les gens se sont donné un peu partout au Nouveau-Brunswick en fai-sant la promotion de l’achat local.

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Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local – APF – Atlantique

   «Nous avons un beau centre-ville qui est le cœur de notre municipalité et il faut ai-der les commerces à traverser cette crise de la COVID-19», selon Denise Léger, présidente de Centre-ville Shediac Downtown Inc. En collaboration avec la Ville de Shédiac, la Chambre de commerce du Grand Shédiac et Expérience Shédiac, ils travaillent à développer une stratégie à court terme de promotion de l’achat local. La ville a déjà développé un outil Internet pour informer la population des services essentiels depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Jacques LeBlanc a fait ses achats de Pâques à Adorable   Chocolat à Shédiac. (Gracieuseté)

   «Nous voulons en développer un pour soutenir les entreprises locales, un site où les gens pourront se retrouver et mettre un plan en marche», dit-elle.  Elle ajoute que les petites entreprises se sentent parfois seules et l’organisme veut contacter tout le monde pour les rallier et les soutenir. Pour madame Léger, il faut travailler ensemble, car il y a beaucoup de petites entreprises qui viennent en aide à différents groupes de la région tout au long de l’année. «C’est maintenant le temps de les aider en connectant tout le monde et, sans aucun doute, ça va passer par l’achat local et le tourisme local.» 

   C’est connu, le tourisme est un moteur très important pour la région, et pour Denise Léger, il faut que les gens restent en ville cet été au lieu d’aller ailleurs. Centre-Ville Shediac Downtown fait un plan pour s’y prépa-            rer. «Il faut être le plus positif qu’on peut, car la vie conti- nue, mais il faut faire autrement, précise-t-elle. Après une tempête, on voit toujours un arc-en-ciel, ce qui signifie que le beau temps revient et il en sera ainsi pour nous», conclut-elle. 

L’AMOUR D’ICI-NB

   Afin de soutenir les différentes entreprises des communautés, le 20 mars dernier, la Chambre de commerce du Grand Moncton, la Corporation 3+ et Brainworks ont créé la page L’AMOUR D’ICI-NB. Cette page vise à passer le mot et à agrandir le réseau de gens qui souhaitent appuyer l’économie locale durant la pandémie de la COVID-19. Les entreprises sont encou- ragées à s’y inscrire, à faire connaître leurs produits et services.

   Dans une vidéo de présentation adressée aux propriétaires d’entreprises, on souligne que ce sont ces les propriétaires des entrepri- ses locales qui aident à nous développer en tant que pays chaque jour. Ce sont ces entreprises qui rendent nos vies meilleures, nous rassemblent et elles sont toujours là pour nous. C’est au tour de la communauté d’être là pour elles.  La page Facebook est accessible au:

https://www.facebook.com/amourdicinb/

   Pour Jacques LeBlanc, député de Shédiac-Beaubassin-Cap-Pelé, il est important d’encourager les entreprises locales et il donne l’exemple de la boutique Adorable Chocolat. «Son propriétaire, Frédéric Desclos, a été adopté comme un de chez-nous, dit-il, et la clé de son succès c’est la qualité de ses produits et la chaleur qu’il met dans nos cœurs.»

   Il ajoute qu’il est important pour les gens de sa région d’appuyer leurs commerces, car ils ont appuyé les organismes comme le Centre de crises et de ressources familiales Beauséjour, le Vestiaire Saint-Joseph et Habiletés Sud-Est. «C’est maintenant au tour de tous les résidents de les appuyer pour qu’ils puissent traverser cette période difficile.»

   Selon plusieurs, cette crise pourrait voir émerger une nouvelle conscience des consommateurs envers les produits locaux. 

De Dieppe à Gatineau On joue au bingo avec Khloé Jackson Doiron

   Depuis plus de deux semaines, sur la page Facebook de Denis Doiron, de Gatineau, on peut jouer au Bingo de KLO, en après-midi. Comme son père, Khloé aime beaucoup le bingo et profite de cette période pour s’adonner à une activité qu’elle aime.

On reconnaît Khloé et son papa Denis lors d’une partie de bingo en ligne.
(Photo : Leah Gaudette)

Claire Lanteigne

Initiative de journalisme  local – APF – Atlantique

   «J’ai décidé d’organiser ce bingo pour remettre la posi- tivité dans la vie, pour divertir les gens et bien réagir à tout ce qui arrive actuellement», de dire la jeune fille de sept ans, élève de 2e année à l’école Aux Quatre Vents de Gatineau. En ce qui concerne la fermeture des écoles, elle trouve ça «un peu le fun, mais plate quand même», car elle ne peut plus voir ses amis. Sa voisine Leila, qui va à la même école qu’elle, est devenue sa BFF (sa meilleure amie).

   Denis, originaire de Dieppe, possédait un jeu de bingo avec la roue et les boules et comme il s’est retrouvé sans emploi en raison de la pandémie, il a plus de temps à passer avec Khloé. «Ça adonne bien, dit-il, elle fait ses cours en ligne avec son professeur, puis on fait le bingo en après-midi, de 14h à 15h (heure du Québec.)» Il aime beaucoup le bingo. «Tout petit, j’y allais tout le temps avec ma grand-mère et ma marraine, aux bingos de Lakeville et de la SPA. Ma marraine avait jusqu’à six cartes de bingo papier en avant d’elle et avait même le temps de vérifier mes cartes et j’aimais ça. Je ne me fai-sais pas prier pour y aller.»

   C’est le Bingo de KLO, alors c’est elle qui appelle les numéros et elle offre toujours des petits cadeaux à gagner aux enfants. Mais il faut que ce soit les parents des enfants qui offrent le cadeau qu’ils gagnent.  «J’aime ça, dit-elle, et ça me permet de travailler ma voix», et elle en profite pour parler de ce qui arrive aussi dans sa vie.

   Khloé a un auditoire fidèle composé des membres de la famille de Denis, et il y a des amateurs de bingo de partout, petits et grands, qui s’ajoutent à chaque partie, car on se passe le mot.

Zachary Vautour, d’Ottawa, aime bien le Bingo de Klo.
(Photo : Hélène-Anne Lavoie-Vautour)

   Denis et Khloé sont très fiers de leurs origines acadiennes et célèbrent le 15 août à Ottawa chaque année. «Je vais visiter ma famille en Acadie chaque été et on reste dans notre roulotte à Sandy Beach». Khloé aime beaucoup aller à la plage, faire du vélo et jouer au bingo. L’été dernier elle a gagné deux fois, un prix de 25$ et un autre de 15$.  Elle aime beaucoup toute sa famille acadienne, dont pépère Roger et mémère Denise et leur chien Prada et s’ennuie un peu d’eux. Mais ils gardent contact avec FaceTime. 

   Père et fille ont le bingo qui leur coule dans les veines et ça occupe les enfants qui sont confinés comme Khloé.

Caileigh Fagan aidera les sans-abris pour une 2e année

   Suite au grand succès de l’année dernière, la jeune élève de l’école d’immersion Lewisville Middle School, de Moncton, Caileigh Fagan, reprend le boulot afin de préparer ce qu’elle appelle les «Caileigh’s comfort care kits».

   Cette année, une deuxième école de Moncton se joint au projet de Caileigh, la Sunny Brae Middle School. «Nous avons dépassé notre objectif l’année passée en collectant 77 trousses en plus de 500$ en argent», explique la jeune fille de 12 ans.

   C’était il y a un an que Caileigh Fagan apercevait un homme sans-abri à Moncton et qu’elle a décidé de passer à l’action. Elle est allée dans une pharmacie et a fait   l’achat de ce qui pourrait être utile : brosse à dent, brosse à cheveux, chaussettes, collation, manteau de pluie, carnet et stylo, entre autres, assez de matériel pour préparer deux trousses pour des sans-abri. Par la suite, elle a proposé à son école de l’aider dans une collecte de fonds afin de pouvoir préparer d’autres trousses.

   «Cette année, avec la situation entourant la COVID-19, nous avons dû changer nos plans, comme dans tous les aspects de notre vie. Étant donné que les écoles sont fermées, je pensais devoir annuler mon projet. Mais la population sans-abri a plus que jamais besoin de nous. Nous avons donc adapté la collecte de fonds. Je suis très heureuse d’annoncer que cette année, avec l’aide de mes enseignants, nous avons créé une page GoFundMe et une page Facebook afin de continuer à amasser des fonds. Tous les fonds iront au programme d’intervention dans le rue Rebranché du YMCA de Moncton. Notre objectif est de 1000$. À chaque tranche de 100$, je mettrai une vidéo sur notre page Facebook. Chaque vidéo sera une surprise, comme dans une boîte de cho- colats, on ne sait jamais ce qu’on aura», souligne-t-elle.

   «S’il vous plait, pensez aux gens qui sont moins privilégiés car lorsque nous vivons dans la rue, nous ne sommes pas en sécurité ces temps-ci. Nous, nous sommes chanceux d’avoir une maison et une famille ou des amis pour nous appuyer dans cette période difficile. Démontrons aux plus démunis de notre communauté que «Ça va bien aller / We will be okay», conclue-t-elle.

Pour faire un don, visitez la page GoFundMe à:

www.gofundme.com/f/caileigh039s-comfort-care-kits

Plus d’information et des vidéos à:

www.facebook.com/Caileighs-Comfort-Care-Kits-113306136987154

Trudeau réagit à la crise

Notre premier ministre Justin Trudeau est présentement la personne la plus recherchée au pays. En effet, iI est devenu celui à qui tout le monde s’adresse pour de l’aide.

Tous les premiers ministres provinciaux même Jason Kenny de l’Alberta qui, seulement quelques semaines passées n’avaient absolument rien de bon à dire de Trudeau et Blaine Higgs du Nouveau-Brunswick qui, il n’y a pas si longtemps, disait ne pas vouloir de la péréquation, sont maintenant au téléphone pour crier à l’aide. Nous observons, le même phénomène chez les organismes de l’entreprise privée, que ça soit la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante ou le Conseil canadien des affaires qui cherchent de l’argent pour leurs entreprises. Les organisations syndicales demandent des programmes d’aide directe pour soutenir les travailleuses et les travailleurs qui perdent leur emploi. Les organisations communautaires qui donnent des services aux populations les plus démunies réclament elles aussi un soutien direct.

En réponse, le gouvernement fédéral met en catastrophe des mesures économiques qui se chiffrent non pas en millions de dollars, mais bien en centaine de milliards de dollars; du jamais vu. Au dernier compte, soit le premier avril, le montant d’aide du fédéral s’élevait à 250 milliards de dollars, sans inclure les argents qui vont sortir des coffres de l’Assurance-emploi pour les 2,5 millions de nouveaux chômeurs.  

Justin Trudeau, premier ministre du Canada, a répondu positivement aux différentes demandes.

Les entreprises ont droit à des assouplissements d’impôts ou de cotisations de la TPS/TVH. Elles vont profiter de différents programmes de soutien des liquidités, en autre par le nouveau programme de crédit aux entreprises qui va donner 10 milliards de dollars de soutien en ciblant les PME. On met aussi en place un nouveau programme d’aide directe pour maintenir les emplois, comme la subvention salariale qui peut atteindre 75 % des salaires.

L’aide fédérale aux travailleurs passe également par l’assouplissement de certaines mesures de l’assurance-emploi comme l’élimination d’une semaine d’attente ou le besoin d’un certificat médical. Un tout nouveau programme, la Prestation canadienne d’urgence, donne aux travailleurs, incluant les travailleurs autonomes, un montant de 2 000 $ par mois pour au moins quatorze mois. 

Pour les individus et les familles à bas revenu, on coupe un chèque spécial qui est le double du montant du crédit pour la TPS. Pour aider les enfants, on augmente le paiement de l’Allocation canadienne pour enfants. Les étudiants eux reçoivent un moratoire de six mois sur leurs prêts. Puis, les aînés un peu plus fortunés pourront  réduire de 25 % le montant du retrait obligatoire d’un Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR). 

Les organismes communautaires reçoivent elles aussi de l’aide, entre autres les banques alimentaires, les refuges pour les sans-abris, ou des organismes nationaux comme Centraide ou l’organisme Jeunesse j’écoute.

Cet énorme effort financier sans précédent dans notre histoire récente n’est possible que par un gouvernement central fort et un gouvernement qui en a les moyens financiers. Ces moyens financiers passent en autre par les taxes et les impôts payés par les individus et les corporations.

Encore dernièrement la Fédération canadienne des contribuables demandait des réductions de taxes et d’impôt. On entendait le même son de cloche de la part de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et l’ancien Atlantic Institute for Market Studies. Les chambres de commerce comme on l’a vu dans leurs propositions lors du dernier budget provincial au Nouveau-Brunswick poussaient pour des réductions de taxes.

Toutes ces organisations de lobbying du monde des affaires ont pendant des années menées d’intenses campagnes de lobbying pour que le gouvernement fédéral ou de celui des provinces, réduisent les différentes taxes qu’ils payaient et pour des allègements d’impôt. Ils ridiculisaient le secteur public comme un secteur non performant et demandaient d’importantes coupures dans les programmes publics. Ils s’insurgeaient contre les gouvernements qui mettaient en place des normes pour protéger les travailleurs ou l’environnement et exigaient moins d’intervention gouvernementale. Selon eux, il nous fallait des petits gouvernements.

Aujourd’hui, tout ce beau monde supplie à genoux nos gouvernements de courir à leur secours. Nous souhaitons qu’avec cette crise, ils se rendent enfin compte qu’on ne peut pas détruire nos programmes publics, notre pouvoir financier et nos institutions gouvernementales et s’attendre par après qu’elles puissent répondre adéquatement aux besoins de la population, et cela, pas seulement en temps de crise.

Jean-Claude Basque – Moncton