
Quelques membres du nouveau Conseil d’administration de la SANB entourant leur président, Jean-Marie Nadeau.
par Jeannita Thériault
CAMPBELLTON – Environ 200 personnes (jeunes et moins jeunes) étaient au rendez-vous de la 39e Assemblée générale annuelle de la SANB (Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick) qui s’est déroulée au Centre civique de Campbellton, en fin de semaine dernière.
Le dynamisme nationaliste, la solidarité, la joie et l’amitié étaient palpables tout au long des délibérations.
Une minute de silence a été observée en tant qu’hommage posthume à l’endroit de Bernard Jean, ancien juge à la retraite, de Caraquet, dont les funérailles avaient lieu samedi dernier pour «sa contribution extraordinaire envers le fait français et le peuple acadien».
Il faut dire qu’il existait un intérêt spécial, cette année, puisqu’il s’agissait de deux candidats qui aspiraient à la présidence de la SANB dont le président sortant, Jean-Marie Nadeau, de Moncton, admettant qu’il avait juste envie de continuer pour deux ans…et de pouvoir «finaliser nos dossiers» tandis que l’avocat Martin LeBlanc-Rioux, de Dieppe, a fait preuve d’une grande maturité en avouant qu’il est jeune «…et je vais faire des erreurs… c’est pourquoi que je veux m’entourer de gens comme vous… et d’impliquer davantage les femmes et de rendre la SANB plus active».
Enfin, suite au vote, c’est Jean-Marie Nadeau qui a été réélu à la présidence. Après sa victoire, sa première remarque fut de rappeler au candidat défait l’importance de continuer à l’avoir au sein de l’équipe de la SANB. «Nous aurons besoin des services de Martin LeBlanc-Rioux!» tout en valorisant l’apport des jeunes envers la réalisation des objectifs de la SANB. Rappelons que l’avocat Martin LeBlanc-Rioux a été l’instigateur de l’affichage bilingue au sein de la municipalité de Dieppe, et ce avec succès.
Bernard Valcourt, mi-nistre fédéral responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (l’APÉCA) et ministre d’État de la Francophonie, conférencier lors du repas du midi, a parlé de l’importance de continuer d’assurer une pérennité (ce qui dure longtemps et pour toujours) «de notre langue et de son émancipation – partout dans la région de l’Atlantique et de notre pays» en ajoutant qu’il faut promouvoir l’Acadie à travers le monde. Il était porteur d’une bonne nouvelle en annonçant la somme de 170 000 $ offerte par l’APÉCA pour «permettre à bon nombre de nos artistes acadiens de se rendre au festival annuel interceltique de Lorient (en France) en août prochain».
Jean-Marie Nadeau a lancé un rappel au ministre Valcourt de ne pas «maganer l’Acadie» suivi d’une avalanche d’applaudissements en provenance de la salle.
Quelque 17 propositions ont été adoptées par l’Assemblée durant les délibérations, notamment le projet de loi C-38 et les nouveaux règlements et exigences du programme Assurance-Emploi du gouvernement Harper qui touche de près les Acadiens (et surtout les travailleurs saisonniers); la promotion du principe de l’égalité entre les hommes et les femmes; l’immigration; la petite enfance; la mise sur pied d’un comité provincial de santé en français; une proposition proposée par Benoit Duguay et appuyée par Gastien Godin dénonçant la représentativité linguistique au sein des membres du Conseil d’administration du Conseil des arts du Canada (Ottawa) – seulement deux des 11 membres qui font partie du Conseil d’administration sont francophones – les neuf autres sont unilingues anglophones, dont deux du Nouveau-Brunswick et un de Terre-Neuve à l’heure actuelle; que le lieu de la prochaine AGA de la SANB se déroule à Shippagan…
Plusieurs participants ont fait la remarque en sortant de l’AGA qu’ils souhaitaient que les nombreux jeunes «futurs leaders de l’Acadie» qui étaient présents à l’AGA 2012 vont continuer à s’intéresser et à s’impliquer activement dans l’avenir de la SANB.
Nous avons été témoins d’une assemblée bien organisée et bien présidée par
maître Luc Desjardins, nouveau maire de Petit-Rocher.