L’extra-mural au privé et un service qui empire

La photo fait voir, à la gauche, Robert Melanson de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et Jacques Verge, d’Égalité Santé en français (ÉSF), s’entretenant avec une personne présente à la conférence de presse tenue mercredi dernier à la place de la Cathédrale de Moncton.  (Photo : Gracieuseté)

Hector Cormier

Un nouveau groupe Retour de l’extra-mural au secteur public a vu le jour au début janvier. Il veut faire de la privatisation un enjeu des prochaines élections. Il entend défendre le système de santé contre son démantèlement et assurer la présence de régies avec pleins et entiers pouvoirs avec des membres tous élus ayant comme tâche d’embaucher le directeur général ou la directrice générale. Les porte-parole Robert Melanson de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et Jacques Verge d’Égalité santé en français (ÉSF) ont fait connaître les nombreux organismes francophones qui appuient le mouvement.

La décision de privatiser le programme extra-mural ne date que du 1er janvier et déjà il connaît des ratés importants. Un communiqué en provenance de Medavie Croix-Bleue aux professionnels de la santé de la région se lit comme suit : «Ce message est pour vous informer qu’étant donné un manque important de personnel, le Programme extra-mural Blanche-Bourgeois évaluera étroitement chaque nouvelle référence avant d’accepter d’autres admissions.»

Le groupe pose les questions suivantes : Va-t-on devoir garder les gens à l’hôpital plus longtemps? Peut-on s’attendre à une ruée vers les salles d’urgence, ce qui serait contraire aux intentions du gouvernement en privatisant le programme extra-mural?

On nous dit que les  patients de l’oncologie ne seraient plus assurés de bénéficier des services du programme. Il manquerait six infirmières ou infirmiers au sein de l’unité de l’extra-mural du Grand-Moncton. Il manque de physiothérapeutes, les listes d’attentes s’allongent, on refuse des patients, les professionnels désertent le programme extra-mural pour aller travailler dans les hôpitaux et les foyers de soins.  Selon Jacques Verge, «c’est un service qui est en train de détériorer. Le gouvernement nous avait promis des améliorations, mais ça empire.»

Des communications venant de Medavie s’adressant à un médecin francophone relativement à un patient francophone sont écrits en anglais. Peut-on se plaindre de ces accros à la loi sur les langues officielles à Medavie? «Il s’agit d’une entreprise privée qui n’est redevable à personne, de dire Robert Melanson. Pour nous, c’est un net recul sur le plan linguistique. C’est une perte de gouvernance en ce qui concerne les droits des francophones du Nouveau-Brunswick.»

Medavie gère déjà le service Ambulance NB et on ne pas dire qu’il s’agit d’une histoire à succès. Au cours de trois ans, les ambulances ont été immobilisées pas moins de 14 000 fois faute de personnel. Quel sort réserve-t-on à l’extra-mural?

Le groupe de défense de l’extra-mural se pose d’autres questions importantes: Pourquoi la province a-t-elle choisi de payer plus pour un programme qui offre moins dans le secteur privé? Pourquoi a-t-on offert le programme à Medavie sans appel d’offre? Quelles étaient ses déficiences pour que le ministère de la Santé procède à sa privatisation sans aucune étude? Et enfin, qui profite réellement de ce contrat?

 

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