Le vrai visage de Harper?

Étrange, étonnante, provocante, bizarre pour ne pas dire choquante la déclaration de notre premier ministre canadien, Stephen Harper, qui a soutenu la semaine dernière sur les ondes du réseau anglais de Radio-Canada que l’islamisme constitue la plus grande menace à notre sécurité nationale.

Comment réagirions-nous s’il avait dit que le catholicisme est une religion du genre? Ne serions-nous pas blessés au plus profond de nous-mêmes? Et comment alors se sentent nos frères et nos sœurs musulmans après avoir entendu une remarque aussi blessante et aussi indigne? Ne seraient-ils pas tentés d’agir violemment?

L’extrémisme n’est pas le propre de cette

religion pas plus qu’il ne l’est dans le protestan-tisme, le bouddhisme, l’hindouisme, le judaïsme ou n’importe quelle autre religion. L’extrémisme se situe chez les esprits imbus de fanatisme politique et religieux.

Rappelons certains faits. Que penser du suicide collectif à Jonestown où sont décédées près de mille personnes, en 1978, sous l’influence du chef religieux chrétien Jim Jones? Ou encore du 19 avril 1993 alors que David Koresh, chef d’une secte religieuse, fut responsable de la mort de 154 personnes, comprenant 80 hommes et femmes et 74 enfants, à Waco, au Texas?

Exactement deux ans après ce crime haineux, qui a pu oublier l’épouvantable attentat perpétré à Oklahoma City, le 19 avril 1995, par Timothy McVeigh et un complice qui, au moyen d’explosifs, ont détruit de nombreux édifices publics où mou-rurent 168 victimes et où furent blessées gravement 768 personnes? Quelle fut alors la première réaction des médias? «Cela a dû être causé par un terroriste musulman ou un Arabe.»

Vraiment, la paix sociale et l’harmonie entre les peuples et les diverses religions ne seront pas concrétisées par de tels énoncés venant de notre premier ministre. Haut et fort, dénonçons ce mépris. 

Alcide F. LeBlanc

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