Le virage. Quel virage?

Réunion à Halifax le temps d’une fin de semaine de formation-réflexion, les femmes de l’escalier Nathalie Brunet, Marcia Enman et Jacinthe Tremblay. Les pieds sur terre en première rangée, Francis Robichaud, Sylvain Lafrance, Janine Saulnier et Gilles Haché.  (Photo : Gracieuseté)

Voilà la question qui lançait les échanges d’une rencontre de quatre médias écrits francophones en Atlantique

en novembre dernier, à Halifax. Au fil des discussions, le virage de la collaboration a pris le haut du pavé

sur les changements à effectuer pour foncer dans le virage numérique.

Un texte collaboratif du Moniteur acadien, de La Voix acadienne, du Courrier de la Nouvelle-Écosse et du Gaboteur.

Le temps d’une fin de semaine, les directions de quatre médias écrits francophones en Atlantique se sont donné un temps de formation et de réflexions communes, animé par Sylvain Lafrance, directeur du Pôle Média HEC Montréal et ancien vice-président des services français de Radio-Canada.

Autour de la table, Gilles Haché, propriétaire et éditeur du Moniteur acadien, au Nouveau-Brunswick; Marcia Enman, directrice générale de La Voix acadienne, à l’Île-du-Prince-Édouard; Janine Saulnier, présidente du conseil d’administration du Courrier de la Nouvelle-Écosse et Francis Robichaud, directeur général de ce journal; et Nathalie Brunet, présidente du conseil d’admi- nistration du Gaboteur et Jacinthe Tremblay, directrice générale de ce journal.

Les échanges d’information autour de la baisse des revenus publicitaires fédéraux des dernières années ont été brefs. Inutile de tourner très longuement le fer dans la plaie d’une perte de revenus allant jusqu’à 75% de placements d’annonces par le gouvernement du Canada et ses agences depuis 2000. L’intérêt de cette rencontre entre pairs était surtout d’en savoir plus sur les stratégies mises en place pour continuer à exister.

Moyens d’adaptation

Pour assurer leur survie, les médias présents ont adopté plusieurs mesures, parfois les mêmes, parfois non.

La minceur des ressources humaines est un trait commun de ces médias et LA bête noire de leurs directions. Même si les mesures adoptées pour compenser la baisse des revenus publicitaires sont différentes selon chaque média, il y a unanimité autour du constat qu’il est impossible de couper encore plus les dépenses : il faut augmenter et diversifier les revenus.

Le numérique : oui mais…

Les quatre médias réunis à Halifax ont en commun de tirer, encore, la majorité de leurs revenus de leur version papier, aussi bien au chapitre de la publicité que des abonnements. Bien que les revenus de publicité et d’abonnements tirés du numérique soient en hausse, ils arrivent à peine à compenser les dépenses liées à cette forme de diffusion, notamment les frais de serveurs, de logiciels, mais surtout, les ressources humaines nécessaires à la mise en ligne des contenus.

Dans un tel contexte, les participants à la rencontre d’Halifax ont fait consensus sur deux points. Le premier : oui à une plus grande présence dans l’univers numérique, mais pas au point d’y consacrer la majorité de nos minces ressources humaines et financières. Le second : oui à des contenus diffusés gratuitement sur nos sites Internet, mais pas au point d’abandonner le traitement privilégié de nos abonnés payants.

La perspective de se revoir pour réfléchir et esquisser ensemble des pistes de collaboration a été accueillie, pour sa part, par un grand OUI, sans bémol.

 

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