Le français s’apprend, l’anglais s’attrape!

Alcide F. LeBlanc

Le taux d’assimilation se situe à onze pour cent chez les Acadiens et les Acadiennes du Nouveau-Brunswick. On comprend mieux alors la vive inquiétude pour la survie et à l’épanouissement de l’Acadie et de la  francophonie. Comme conséquence de ce fléau, nous perdons constamment un poids politique, linguistique et culturel.

Parce que notre province et notre pays sont officiellement bilingues, à tort ou à raison, certains parents francophones pensent qu’il est préférable d’envoyer leurs enfants dans une école anglophone. Pour eux, leur progéniture complètera mieux sa formation scolaire avec une plus grande compétence linguistique. Or, rien n’est plus loin de la vérité. Le système scolaire francophone produit, chaque année, un grand nombre de finissants maîtrisant à la fois les deux langues officielles et souvent une troisième et même une quatrième langue.

De plus, une telle pratique comporte de sérieux risques. Une fois leur formation scolaire complétée, ces jeunes diplômés se dirigeront tout probablement vers des institutions anglophones au détriment de la francophonie.

Tout récemment, les médias nous ont dévoilés qu’un haut représentant de la France habitant Moncton avait d’abord inscrit ses enfants dans une école élémentaire du district no 01. Pour des raisons que nous ignorons et qui relèvent de son libre choix, ce parent a décidé par la suite d’envoyer ses enfants dans le système anglais. Ayant appris ce fait, le président de la SANB a vivement critiqué cette décision en rappelant à ce monsieur qu’il avait manqué de solidarité envers l’Acadie et la francophonie.

À l’instar du président de notre organisme provincial voué à la défense et à la promotion de nos droits, nous regrettons vivement ce geste de ce monsieur comme celui de tous les autres boudant l’Acadie et la fragile francophonie.

Alcide F. LeBlanc

 

Le vrai visage de Harper?

Étrange, étonnante, provocante, bizarre pour ne pas dire choquante la déclaration de notre premier ministre canadien, Stephen Harper, qui a soutenu la semaine dernière sur les ondes du réseau anglais de Radio-Canada que l’islamisme constitue la plus grande menace à notre sécurité nationale.

Comment réagirions-nous s’il avait dit que le catholicisme est une religion du genre? Ne serions-nous pas blessés au plus profond de nous-mêmes? Et comment alors se sentent nos frères et nos sœurs musulmans après avoir entendu une remarque aussi blessante et aussi indigne? Ne seraient-ils pas tentés d’agir violemment?

L’extrémisme n’est pas le propre de cette

religion pas plus qu’il ne l’est dans le protestan-tisme, le bouddhisme, l’hindouisme, le judaïsme ou n’importe quelle autre religion. L’extrémisme se situe chez les esprits imbus de fanatisme politique et religieux.

Rappelons certains faits. Que penser du suicide collectif à Jonestown où sont décédées près de mille personnes, en 1978, sous l’influence du chef religieux chrétien Jim Jones? Ou encore du 19 avril 1993 alors que David Koresh, chef d’une secte religieuse, fut responsable de la mort de 154 personnes, comprenant 80 hommes et femmes et 74 enfants, à Waco, au Texas?

Exactement deux ans après ce crime haineux, qui a pu oublier l’épouvantable attentat perpétré à Oklahoma City, le 19 avril 1995, par Timothy McVeigh et un complice qui, au moyen d’explosifs, ont détruit de nombreux édifices publics où mou-rurent 168 victimes et où furent blessées gravement 768 personnes? Quelle fut alors la première réaction des médias? «Cela a dû être causé par un terroriste musulman ou un Arabe.»

Vraiment, la paix sociale et l’harmonie entre les peuples et les diverses religions ne seront pas concrétisées par de tels énoncés venant de notre premier ministre. Haut et fort, dénonçons ce mépris. 

Alcide F. LeBlanc

Vive l’école française!

Alcide LeBlanc

Autant pour les enfants, les parents ou le personnel scolaire, cha-que mois de septembre amène son lot de défis. Les premières journées de classe ressemblent un peu à la vie conjugale. Les divers éléments et partenaires doivent s’ajuster, s’accommoder à des exigences sociales. Les vacances étant terminées, on ne peut plus dormir jusqu’à midi ou veiller très tard en soirée!

Cependant, chanceux sommes-nous encore que l’école française nous soit toujours accessible. Là, on y inculque l’amour, la fierté et la reconnaissance de notre langue et de notre culture. On s’évertue à transmettre les vertus d’une discipline rigoureuse; on vise l’épanouissement des cerveaux et des cœurs de ces jeunes francophones qui nous remplaceront un jour et qui continueront à propager nos valeurs de notre héritage linguistique et culturel.

Cependant, tous les parents francophones n’optent pas pour l’école acadienne. Plusieurs d’entre eux envoient leurs enfants dans l’institution anglaise où progressivement et sûrement leur progéniture s’assimile à une autre langue et à une autre culture. En cas de doute, vous n’avez qu’à visiter certaines écoles anglaises à Moncton, Fredericton, Saint-Jean, Miramichi, Kent ou Nord-Ouest. Dans les classes, vous y rencontrerez plusieurs Allain, Bastarache, Cormier, LeBlanc, Pelletier et bien d’autres du genre.

Que nous réserve l’avenir? Eh bien! Notre proportion linguistique au Nouveau-Brunswick comme celle au Canada est en perte de vitesse. Et si le Québec devenait un jour indépendant, le nouveau Canada ne compterait même pas un million des nôtres.

Nous sommes en déclin. Deux facteurs l’expliquent. Les couples francophones n’ont plus de grandes familles comme autrefois. Juste pour nous maintenir, il nous faut plus de deux enfants par famille et nous sommes en dessous de cela. La seconde raison, c’est que plusieurs parents acadiens et francophones choisissent l’école qui n’est pas la nôtre. Now you know the rest of the story!

Alcide F. LeBlanc

Editorial La Sagouine a 40 ans!

Jeannita Thériault

Bien qu’il soit juste de créditer une bonne partie du succès de la Sagouine, à notre romancière, Antonine Maillet, qui a créé ce personnage, la comédienne Viola Léger en a assuré sa survivance sur scène au fil des derniers 40 ans.

Certes, la grande comédienne qu’est Viola Léger a eu le talent de nous présenter ce personnage à la fois psychologue, réaliste et muni d’un sens de l’observation de la société au sein de laquelle nous vivons d’une façon humo-ristique, c’est vrai, mais aussi d’une façon convaincante, sensible et sympathique tout en nous offrant un examen de conscience théâtral sur nos propres préjugés concernant les moins nantis de notre société.

Récemment, Viola Léger se confiait à Anne Godin, animatrice à la radio de Radio-Canada-Acadie, qu’elle avait trouvé sa prestation théâtrale un peu «plus difficile cet été» sans donner de raisons spécifiques à l’appui de cette confidence.

C’est incroyable que cette grande comédienne ait pu soutenir le coup et les exigences de ces nombreuses présentations sur scène au fil des ans et d’une continuité aussi remarquable. Trop souvent, le public en demande davantage à nos artistes. «Pourvu qu’ils soient là pour nous divertir et nous offrir des moments de détente, de rires et de relaxation…»

Certains refusent même d’y voir une prise de conscience à travers les textes d’Antonine Maillet et, pourtant, l’interprétation théâtrale de Viola Léger de La Sagouine réussit à toucher et sensibiliser certains autres membres de son public. On pourrait penser que c’est très naturel et facile pour une comédienne de monter sur les planches à chaque spectacle.  Certes non, Viola Léger doit s’intérioriser et de se réserver un long moment de réflexion avant chacune de ses représentations sur scène.

Son répertoire théâtral a prouvé, au fil des ans, qu’elle a le calibre d’une grande comédienne, notamment dans Grace et Gloria; Harold et Maude avec Roy Dupuis; Évangéline Deusse avec Guy Provost, etc.

Viola a également trouvé le temps, au cours de sa carrière, de s’impliquer dans de nombreuses causes béné-voles, dont celle de La Maison de Nazareth de Moncton. Sa présence au Pays de la Sagouine a non seulement attiré des gens des alentours, mais également bon nombre de touristes de l’extérieur.

Ce que madame Viola Léger a offert à son public dans le rôle de La Sagouine durant ces derniers 40 ans est un travail de missionnaire culturelle incroyable en Acadie et bien au-delà de ses frontières. Merci Viola!

Jeannita Thériault

 

Mille mercis Normand Robichaud!

 

En l’espace d’une trentaine d’années, Normand Robichaud de Barachois a consacré son bénévolat à la promotion de la musique et de l’art dans l’église historique de son milieu. Ce fut un véritable succès. Plus de 225 concerts y ont été présentés.

Sous son habile direction, lui et son équipe ont permis aux gens du Sud-est et aux vacanciers de savou-rer de la grande musique et de très beaux chants dans une église vouée à la destruction. Il a été le pionnier de cette nouvelle institution. Depuis lors, cet édifice est devenu un lieu privilégié d’art et de culture.

Lors de la soirée du 11 aout dernier où l’on a entendu et vu deux magnifiques artistes acadiens, le baryton Dion Mazerolle, originaire de Rogersville, et le pianiste Julien LeBlanc, originaire de Cocagne, tristement on apprenait le départ de cet homme qui avait à peine à retenir ses larmes. On le comprend! Spontanément, la foule s’est levée pour lui témoigner de sa plus vive reconnaissance. M. Robichaud ne s’est pas rendu compte de l’admiration des gens présents, car il avait quitté très rapidement le micro pour reprendre ses fonctions en arrière de l’église. Nous lui disons mille mercis!

Le 31e Été musical portait le titre de Rêveries vespérales et chacun des huit spectacles présentés avait lui aussi son propre thème. Le 11 juillet dernier, lors du concert d’ouverture, le thème avait comme titre Chaleur et légèreté. Devant une salle comble, la soprano Marie-Josée Lord, originaire de Haïti, mais qui vit à Montréal depuis l’âge de cinq ans, n’a certes pas déçu l’assistance. C’est une grande chanteuse. À son sujet, on a déjà dit : «Une voix d’une profondeur et d’une souplesse étonnante, un timbre radieux et cristallin. Une présence fascinante.»

Quand le légendaire pianiste Roger Lord a offert son spectacle, le 1er aout dernier, une autre salle comble. C’est à ce moment qu’il a présenté son hommage au pianiste hongrois Franz Liszt. L’Acadie est privilégiée de compter de si bons artistes de chez nous tout  comme la très talentueuse soprano Chantal Dionne qui fait carrière en Europe.

On dirait que l’assistance est surtout peuplée de gens venus de l’extérieur de la région immédiate. Peut-être veulent-ils donner la chance aux gens de l’extérieur d’y assister!

Alcide F. LeBlanc

Dame nature et les touristes…

«De la pluie, de la pluie et encore de la pluie».  Nous entendons ce commentaire partout où nous sommes en cet été pluvieux.  À qui la faute?  À Dame nature bien sûr! Elle a ses sauts d’humeur… elle est imprévisible… même les meilleurs météorologues, y inclus notre beau William à la télé de Radio-Canada Acadie, se font avoir parfois par Dame nature!  Elle change d’idée et d’humeur «sur le vif» et dérange les prédictions météorologiques à sa guise.

Cette abondance de pluie dérange tout le monde, les agriculteurs, les activités en plein air sans oublier les touristes qui se font de plus en plus rares au Nouveau-Brunswick durant cet été 2011.

De plus, les plages sont moins parcourues, les hébergements touristiques moins occupés, ce qui entraîne une baisse dans les retombées économiques en général. On a beau assurer une publicité bien conçue au printemps pour attirer les touristes, Dame nature a toujours le der-nier mot durant l’été.

Heureux sont ceux et celles qui ont la force, l’optimisme et le courage de se dire que l’été 2012 sera meilleur pour les touristes et qu’ils continuent à se trouver des activités à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur tel que faire plus de lecture, écrire, écouter de la belle musique, visiter les musées, se rendre au cinéma, jouer aux cartes et au scrabble, faire des sorties dans les restaurants, préparer des repas entre ami(e)s et en famille ainsi que de se déplacer pour assister à des concerts et des performances artistiques et culturelles (théâtre, danse, musique) présentés à l’intérieur et à l’abri de la pluie.

Sur ce, je vous souhaite une bonne fin d’été 2011 et beaucoup de soleil pour mûrir les bleuets et assécher toutes ses gouttes de pluie récente!

Jeannita Thériault

Imaginez, U2 à Moncton!

Bono en spectacle

L’un des groupes musicaux les plus populaires de la planète a offert, lors de sa dernière tournée mondiale, le 30 juillet dernier, une prestation jugée inouïe, inoubliable, grandiose même. D’après les nombreux commentaires entendus et lus, ici et là, ce méga spectacle n’est pas sur la veille d’être oublié, car il a comblé et a même dépassé les attentes des 75 000 spectateurs venus de partout.

Mais qui est U2? YOU TOO! En provenance de l’Irlande, doué d’une conscience sociale remarquable, ce groupe existe depuis une trentaine d’années et il appuie financièrement et généreusement de nombreuses causes humanitaires comme l’Amnistie Internationale, les prisonniers politiques de divers pays, Greenpeace, la lutte contre la participation des enfants à la guerre, et plus récemment la famine en Somalie. D’ailleurs, dans ce malheureux pays, on prévoit la mort de plusieurs millions de victimes en raison de la famine et de la soif causée par les conflits internes et les sécheresses.

Le chanteur Paul David Hewson, de Dublin, âgé d’une cinquantaine années, mieux connu sous le nom de Bono, est sans doute la personnalité la plus dynamique, la plus populaire et la plus charismatique du groupe. La plupart des chansons sont ses propres créations. Il ne craint pas de rappeler aux chefs d’État de faire leur part pour alléger la souffrance, la misère et la pauvreté un peu partout sur la planète.

Par contre, la pluie abondante au cours de la journée du 30 juillet a grandement découragé la venue de plusieurs autres milliers de personnes intéressées à voir les groupes Carney, Arcade Fire et U2. Sur les terrains du site papal, il y avait suffisamment de boue pour que les fans s’en rappellent encore longtemps!

Pour la grande région de Moncton, encore plus connue et renommée que jamais, les affaires ont été merveilleuses. Les hôtels, les restaurants et les bars furent abondamment achalandés.

Bravo donc aux vaillants et débrouillards organisateurs et aux généreux commanditaires qui ont réussi un exploit aussi promotionnel.

 Alcide LeBlanc