L’alphabétisme au Nouveau-Brunswick : pistes de solution (suite)

Cyrille Sippley
Cyrille Sippley

L’alphabétisation des adultes fait partie du continuum de l’éducation tout au long de la vie. Le système des écoles publiques en est un jalon également. À cette étape de formation, la Cour suprême du Canada a statué qu’en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, la gestion des écoles, incluant les programmes et la dépense des fonds qui sont affectés aux écoles, appartenait à la communauté de langue officielle minoritaire. La jurisprudence affirme que c’est la communauté elle-même qui connaît le mieux ses besoins et les meilleurs moyens à mettre en œuvre pour y répondre. Elle soutient également que l’objet ultime de l’article 23 est la survivance et l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire au pays.

Forts de ce diktat, ne pouvons-nous pas conclure que les autres volets de l’éducation continue, dont l’alphabétisation des adultes, tombent également sous la protection de l’esprit de l’article 23, puisque, tout comme le système scolaire, ils constituent des maillons essentiels dans la sauvegarde de la langue et de la culture la communauté francophone partout au pays? Et tout comme le système scolaire, le programme d’alphabétisation des adultes et la dépense des fonds qui doivent le soutenir ne devraient-ils pas se retrouver, de droit constitutionnel, entre les mains de la communauté ou ses représentants dans le domaine?

Il faut reconnaître que l’analphabétisme est endémique dans la province. À un problème aussi profondément ancré et qui affecte l’ensemble de la population, je le répète, la stratégie abordée pour le régler doit impliquer également l’ensemble de cette population. Le temps est à la concertation et je suis persuadé que le signal de départ doit venir de la communauté.

L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB), les Commissions régionales de services locaux (CRSL) et le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB), en unissant leurs forces, constitueraient un point de départ crédible et prometteur, quitte à rallier les autres intervenants communautaires à une étape subséquente du projet. Étant conscients que l’économie de la province (PIB) est en fonction directe du niveau d’alphabétisme de sa population, dont la recherche constante de main-d’œuvre qualifiée en est une preuve criante, ces organismes à vocation économique et sociale n’ont d’autre option, à mon avis, que de se montrer engagés et solidaires, de s’asseoir ensemble et développer une stratégie globale de développement qui inclut en tête de ligne un plan d’alphabétisation des adultes à mettre en œuvre immédiatement à travers la province. Qu’ils exigent du gouvernement la reconnaissance du droit de la communauté à son autodétermination en matière d’éducation et le respect du rôle qu’il se doit de jouer pour assurer la réussite du projet collectif.  (À suivre)

Cyrille Sippley pour le CODACNB

506-876-2709 / 506-869-9926

 

 

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