La jeunesse dans les yeux

Je suis les coulisses du prêt-à-porter

Lola Godin

lgodinn12@gmail.com

«La société de consommation a privilégié l’avoir au détriment de l’être.» Jacques Delors

Je sors un t-shirt de ma garde-robe. Je lis l’étiquette. Il est fait au Bangladesh. Qui sont ceux qui l’ont fa- briqué et dans quelles conditions? Combien ont-ils touché pour ce travail? Ma main palpe frénétiquement mes vêtements, cherchant les étiquettes : Vietnam, Chine, Cambodge, Bangladesh… Aucun ne provient d’un pays développé. Je les ai probablement achetés en partie parce qu’ils n’étaient pas chers. Mais ai-je pensé aux êtres humains à l’arrière-plan?

Je suis troublée. Une réfle-xion s’impose. Je sors mon ordinateur et tape sur Internet : Conditions de vie des ouvriers du textile au Bangladesh. Les articles, les photos, les faits qui défilent devant mes yeux me laissent perplexe. Perplexe car la catastrophe du Rana Plaza en 2013 était redoutée et presque prévisible. Et pourtant rien n’a été entrepris pour l’éviter. Perplexe car finalement, je réalise que je ne sais rien du quotidien des gens qui travaillent dans ces ateliers étrangers.

À présent, la perplexité     me quitte, seule l’incompréhension subsiste. Et puis vient la colère. D’abord celle contre moi-même, contre ces compagnies, ces usines. Et ensuite contre cette société individualiste dans laquelle je me reconnais de moins en moins.

Dans cette chaine d’exploitation, nous nous retrouvons à la toute fin de ce triste commerce. Ce sont nos achats qui font en sorte que le cycle perdure. Nous nous dissimulons la face derrière le voile de l’ignorance et notre silence nous rend complices. Ce que je condamne aujourd’hui, c’est cette société de consommation (dont j’ai conscience de faire partie) qui achète de plus en plus, tout en voulant toujours dépenser moins. Pour notre confort occidental, des millions de personnes sont chaque jour sacrifiées sur l’autel des inégalités.

Alors, Société, quel est le vrai coût pour t’habiller?

Exprimez vous!

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