EDITORIAL

La réconciliation, un petit pas à la fois

«Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à voir avec de nouveaux yeux.» Marcel Proust

Pour pouvoir s’entendre, il faut d’abord se connaître. Les élèves de la 5e année de l’école Père-Edgar-T.-Le-Blanc ont fait un pas dans cette direction la semaine dernière en se rendant à Fredericton pour participer au 5e pow-wow annuel Mi’gmaq et Wolastoqey (Malécite) à UNB. Le trajet en autobus scolaire a dû être pénible mais quelle belle expérience!

Les jeunes ont pu visiter des kiosques, faire l’expérience de cultures autochtones belles et vivantes et voir des costumes traditionnels. Ils ont observé et même participé à des danses traditionnelles aussi.

En quelques mots, voilà ce qu’a vécu la classe combinée des enseignantes Jolaine Cormier et Chantal Bourque le 4 avril dernier. Avec l’aide de l’agente communautaire de l’école, Diane Richard, et de Paryse Suddith, ils ont embarqué sur leur propre trajet de la réconciliation, un trajet qui devrait comprendre aussi un échange avec une classe de la 5e année de l’école élémentaire de la Première nation d’Elsipogtog.

Pour Paryse Suddith, c’est une passion qui occupe une bonne partie de son temps. Son entreprise, Les Productions et Services Juridiques de la Vieille Rivière Inc., produit présentement des activités afin de renouer l’alliance entre le peuple Mi’kmaq et les Acadiens au niveau communautaire; telles que des échanges culturels entre les jeunes et des rassemblements/conférences. Nous parlerons d’un autre de ses beaux projets dans les mois à venir.

L’histoire colonialiste du Canada a été marquée par le racisme et les injustices dans les relations entre blancs et autochtones : tentatives d’assimilation, d’élimination, de génocide culturel, de perte des terres et des ressources, de non-respect des traités, des écoles résidentielles et j’en passe. On ne peut pas refaire le passé mais on peut construire un meilleur avenir.

C’est exactement ce que les élèves de l’école Père-Edgar-T.-LeBlanc sont en train de faire, en acceptant de regarder le monde qui les entoure «avec de nouveaux yeux».

Bernard Richard

EDITORIAL

Une taxe pour réchauffer les débats politiques  «La vie est simple, c’est le monde qui est compliqué.» Anonyme

Les gens du Nouveau-Brunswick se sont réveillés lundi en accueillant une nouvelle taxe sur l’essence, le gaz naturel, le propane et l’huile à chauffage. Et non, ce n’était pas un poisson d’avril! Notre province fait partie d’un groupe de quatre provinces, incluant aussi l’Ontario, la Saskatchewan et le Manitoba, qui se font imposer la taxe carbone. Il s’agit des provinces qui n’ont pas mis en place un système de prix du carbone acceptable au gouvernement fédéral.

Ces provinces jugent qu’il y a de meilleures façons de combattre les changements climatiques. Les gouvernements de ces provinces, tous conservateurs, reconnaissent que nous devons agir mais ils disent pouvoir atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) sans augmenter les taxes. C’est surtout à la méthode utilisée par Ottawa qu’ils s’opposent, se disant convaincus d’avance que la taxe fera mal au commerce et à l’emploi sans pour autant réduire les GES.

Qui croire?

   L’impact se fait sentir à la pompe au coût d’environ 4,4 cents de plus par litre. Mais le fédéral offre en même temps des remboursements lorsque les contribuables remplissent leur rapport d’impôt. Il dit que la pollution n’est pas gratuite et que la taxe fera changer les comportements des consommateurs et nous aidera à respecter les promesses faites dans l’accord de Paris.

Il faut dire que le défi n’est pas mince. Le réchauffement de la planète est une réalité dont on ne peut plus ignorer les conséquences. Les glaciers fondent, plusieurs espèces de vie animale sont en danger, l’érosion est de plus en plus visible sur nos côtes et les feux de forêts atteignent des niveaux historiques.

Mais est-ce que ça marche?

   La Colombie-Britannique a adopté une taxe carbone en 2008. Depuis, elle a réussi à diminuer son impact environnemental tout en menant le reste du pays en croissance économique. Elle a aussi un des plus bas taux de chômage au pays. Et si le fédéral admet que la taxe carbone à elle seule ne suffira pas à jouer le tour, il assure que c’est un outil essentiel pour atteindre les cibles adoptées.

On verra bien qui remportera la guerre des chiffres…et des mots. On peut être certain d’une chose : ce sera un des enjeux importants de la prochaine campagne électorale.

Bernard Richard

EDITORIAL

    S’exprimer pour s’épanouir  «Ma patrie, c’est la langue française.» Albert Camus

Nous sommes en plein milieu de la 30e Semaine de la fierté française. Lancée lundi à l’école L’Odyssée de Moncton, elle nous offre un moment pour réfléchir aux richesses mais aussi à la fragilité de la langue française chez nous. Le concours pour trouver le slogan de cette année, «Les fenêtres de l’Acadie s’ouvrent sur la francophonie», a été remporté par l‘école Anna-Malenfant de Dieppe.

La francophonie a des nids dans tous les coins de la planète. Plus de 500 millions de personnes parlent le français et plus de 50 pays sont membres de l’Organisation internationale de la Francophonie. Au Nouveau-Brunswick, c’est une langue officielle parlée par plus de 30% de la population. Au Canada, presque 25% de la population la réclame comme langue maternelle.

En Acadie, la langue française est aussi notre patrie. Nous existons toujours grâce à elle et, sans elle, nous n’aurions pas d’âme pour nous distinguer des autres. Nos artistes, nos poètes et nos écrivains la font vivre et respirer à chaque jour. Nos enseignantes et nos enseignants la protègent et la transmettent dans les salles de classe. Imaginez pour un instant un Congrès Mondial Acadien qui se tiendrait en anglais ou des Jeux de l’Acadie organisés dans la langue de Shakespeare.

Pourtant, les signes de sa fragilité apparaissent partout. À chaque recensement, on constate que de moins en moins de résidents du Nouveau-Brunswick parlent le français. L’assimilation est lente mais elle est incontestable. Les mariages mixtes, l’immigration à prédominance anglophone, les médias sociaux et la force culturelle de notre voisin américain ont leur rôle à jouer mais notre propre attitude de laissez-faire aussi. Après 50 ans de statut officiel, seulement 15% de nos concitoyens anglophones la parle.  Parfois, on se demande si certains de nos dirigeants n’attendent pas qu’elle meure de sa belle mort ou encore s’ils ne la préparent pas carrément par des gestes que Ricky Richard (commentateur originaire de Haute-Aboujagane mais vivant maintenant au Québec) qualifie de «rage au volant politique.»

Malgré tout, même si notre avenir est loin d’être assuré, il est mieux de rester optimiste et de se retrousser les manches. Une Semaine de la fierté française, ça sert à ça! Les élèves de toutes nos écoles célèbrent leur sentiment d’appartenance et leur attachement à une belle culture, à une riche histoire et à une langue extraordinaire. Ce n’est pas le temps de baisser les bras.

Bernard Richard

EDITORIAL

Jody, Justin et les voies ensoleillées   «Il est plus aisé d’être sage pour les autres que pour soi-même.»
 La Rochefoucauld

L’affaire SNC-Lavalin a secoué le gouvernement Trudeau au moment d’amorcer le dernier droit vers l’élection d’octobre. Jusqu’au Nouvel An, il semblait se diriger vers une réélection confortable. Maxime Bernier venait de créer un nouveau parti qui ne pouvait que nuire au chef conservateur Andrew Scheer, déjà pas très attrayant pour l’électorat canadien. Jagmeet Singh n’arrivait vraiment pas à prendre sa place. Le Bloc Québecois semblait en pleine déconfiture.

   De réelles voies ensoleillées pour le parti libéral.

Chronologie des événements qui sont venus brouiller les cartes :

  • Le 14 janvier – Jody Wilson-Raybould, première femme autochtone occupant le poste de ministre de la Justice et de procureure générale dans l’histoire du Canada, est mutée à un autre ministère.
  • Le 7 février – le Globe and Mail publie un article en première page, citant des «sources anonymes», qui suggère que le changement de ministère de la ministre était relié à son refus de se plier aux pressions de l’entourage du PM pour qu’elle offre à SNC-Lavalin une porte de sortie douce de sa poursuite criminelle pour corruption.
  • Le 11 février – le PM Trudeau nie les allégations ajoutant que le fait que Wilson-Raybould soit toujours ministre parle de lui-même.
  • Le 12 février – Jody Wilson-Raybould démissionne du Cabinet.
  • Le 15 février – le PM Trudeau confirme qu’il y avait eu des discussions entre lui et l’ancienne ministre mais affirme être en désaccord avec l’interprétation de celle-ci voulant que les pressions placées sur elles étaient politiques et inappropriées.
  • Le 18 février – le secrétaire principal du PM, Gerald Butts, démissionne de son poste pour tenter d’éteindre le feu.
  • Le 4 mars – la ministre Jane Philpott démissionne à son tour du Cabinet disant qu’elle avait perdu confiance dans la gestion, par le gouvernement, de l’affaire SNC-Lavalin et que son sens de l’éthique l’obligeait de quitter son poste.

L’analyse

Les deux femmes disent avoir l’intention de se présenter aux prochaines élections en tant que candidates du Parti libéral. Pourtant, elles ont causé plus de dommages au gouvernement que tous les députés de l’opposition mis ensemble. En fin de compte, pour Justin Trudeau, le scénario pourrait difficilement être pire. La toile de fonds de son mandat était celle d’un PM féministe et pour qui la réconciliation avec les peuples autochtones était au cœur de sa promesse de gouverner autrement. Il doit maintenant gérer une crise de confiance qui porte atteinte à l’essentiel de son message, une crise dont on a pas encore vu la fin.

Bernard Richard

EDITORIAL

La pauvreté toujours une réalité pour des enfants du Canada

   «Nous vivons dans une mer de pauvreté. Notre travail n’est qu’une goutte d’eau dans un seau, mais cette goutte est nécessaire.» Mère Teresa (1910 – 1997)

Fernand Arsenault et Armand Bannister ont bien voulu partager avec les lecteurs du Moniteur Acadien leur plaidoyer pour le Revenu de base garanti (RBG). C’est une idée qui fait son bout de chemin depuis quelques années et certains pays ont même mis en place des projets pilotes pour évaluer ses bienfaits. Le défi reste entier : trouver un modèle qui fonctionne, c’est-à-dire qui s’attaque à la pauvreté sans entrainer des coûts importants pour les contribuables.

Il y aura 30 ans cette année que les parlementaires fédéraux de tous les partis adoptaient unanimement une motion les engageant à éliminer la pauvreté infantile avant l’an 2000.  L’engagement était donné en même temps que le Canada faisait la promotion de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant. C’était un geste louable et, puisque le vote était unanime, on aurait pu croire que le but serait   atteint.

Pourtant, la pauvreté des enfants demeure un problème au Canada malgré sa grande richesse. Jusqu’à très récemment, 25 ans plus tard, les progrès étaient minimes. L’allocation canadienne pour enfants, mise en place en 2016, a certainement contribuer à faire baisser des chiffres gênants pour un pays comme le nôtre. Malgré la réduction, plus de 600 000 enfants vivaient encore dans la pauvreté en 2017, selon des chiffres rendus publics par Statistiques Canada il y a quelques jours. Ces enfants habitent dans les quartiers pauvres de nos villes, y compris au Nouveau-Brunswick. Ils font partie de ménages mono-parentaux. Et un grand nombre d’entre eux sont autochtones.

Les conséquences sont désastreuses pour eux… et pour nous. Des résultats scolaires faibles, des problèmes de santé et des rêves brisés.

Que ce soit le Revenu de base garanti décrit par Arsenault et Bannister, une allocation pour enfants augmentée ou une plus grande reconnaissance de l’importance du problème, nous devons faire encore mieux pour adresser cette tache noire sur notre identité nationale.

Bernard Richard

EDITORIAL

Joanne Losier

Des bonnes nouvelles parmi les mauvaises

«Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.» Mark Twain

  Contrairement aux fausses nouvelles qui se sont répandues aussi rapidement que les flammes après l’inferno qui a ravagé l’usine de Cap-Pelé, dimanche dernier, les propriétaires ont déjà annoncé que l’usine sera reconstruite le plus tôt possible. C’est une annonce qui en a soulagé plusieurs, des employés aux pêcheurs en passant par les fournisseurs et clients de cette entreprise ancrée au Coeur de l’Acadie depuis plus de 70 ans.

Il s’agissait du 2e sinistre en 17 jours pour Cape Bald Packers, après la perte de leur usine de Richiboutou-Village. En tout, près de 500 travailleurs se trouvaient affectés par ces feux destructeurs. Les propriétaires se préparaient à accueillir à Cap-Pelé les femmes et les hommes mis au chômage par l’incident du 7 février lorsque la dernière catastrophe est survenue.

Décrivant l’entreprise comme «une famille tissée serrée», la directrice des affaires corporatives de Cape Bald Packers, Joanne Lo- sier, a déclaré que tous les employés auraient du travail. L’employeur compte rencontrer les employés du Nouveau-Brunswick au courant de la semaine afin de répondre à leurs nombreuses questions. Les personnes touchées par les incendies proviennent des comtés de Westmorland et de Kent surtout, mais aussi d’ailleurs, y compris du Mexique, de la Jamaïque et des Philipines.

L’édifice situé au Bas-Cap-Pelé était assuré, selon Joanne Losier. Cape Bald Packers peut encore comp-ter sur son usine située sur le chemin Acadie au centre de Cap-Pelé, mais il sera nécessaire d’ajuster les quarts de travail afin de répondre aux besoins durant la période de reconstruction. Tout de même, l’entreprise est déterminée d’être prête pour transformer le crabe des neiges, le homard et les moules dès le début mai. C’est un défi qui semble impossible, mais tout porte à croire qu’ils réussiront l’exploit. Tant mieux pour eux et tant mieux pour nous.

Une tragédie d’une telle ampleur exigera des gouvernements provincial et fédéral un appui tangible et immédiat. Ils ont déjà indiqué leur volonté d’aider. Il reste à voir s’ils seront capables de collaborer afin d’assurer le remplacement de ces usines importantes pour l’économie provinciale.

Bernard Richard

EDITORIAL

Caricature

Entre bien paraître et bien faire

«La vérité pure et simple est rarement pure et jamais simple.» Oscar Wilde

   Le 7 février dernier, l’ombud Charles Murray a rendu public un rapport choquant et désolant. Le rapport, Échec à Protéger, décrit le climat de peur et de silence qui existait au Centre hospitalier Restigouche (CHR) durant la période de l’enquête menée par Me. Murray et son équipe. Il décrit aussi des traitements scandaleux infligés aux patients par certains membres personnel.

Le CHR est la principale institution psychiatrique du Nouveau-Brunswick et ses problèmes ne sont pas nouveaux. En 2017, le Dr Simon Racine, un expert embauché par la Régie de santé Vitalité pour examiner l’opération du CHR, parlait de la «piètre réputation» de l’hôpital, décrivait une «situation alarmante» et une «culture asilaire, principalement orientée sur l’internement». Le Dr Racine a présenté 30 recommandations pour permettre à Vitalité d’améliorer ses services et il dit sans détour que le CHR «est à une croisée des chemins vitale pour son futur».

Un 2e rapport d’expert a été complété en même temps que celui du Dr Racine, mais il n’a jamais été rendu public.

La réponse de Vitalité a été sans équivoque. Son PDG a déclaré que le rapport de l’ombud était «déphasé» et que des améliorations avaient été apportées depuis 2017. Pourtant, des anciens employés du CHR témoignent du contraire. Aussi, un rapport interne de Vitalité contredit directement son PDG. Qui dit vrai? Vendredi dernier, après huit jours (HUIT JOURS!), le PDG de Vitalité s’est enfin excusé auprès des patients et des membres de leurs familles. S’agit-il d’un changement d’attitude ou simplement d’un changement de stratégie de communications?

Vitalité aura beaucoup à faire pour retrouver la confiance du public, en particulier des proches de malades qui s’y trouvent placés pour obtenir de l’aide et des traitements. Des améliorations ont peut-être été faites, mais on est loin d’un centre d’excellence.

Et le nouveau gouvernement a hérité d’une autre patate chaude : est-ce qu’il peut maintenant laisser ouvrir un Centre d’excellence de santé mentale pour jeunes au même endroit, un centre qui devra se buter aux mêmes difficultés de recrutement et de rétention d’expertise que le CHR. Pour le bien des patients et de la qualité des soins qu’ils et elles méritent de recevoir, il devra faire le nécessaire pour ne pas répéter les erreurs du passé. Autrement, il n’aura que lui-même à blâmer.

Bernard Richard

EDITORIAL

Des Jeux mal joués    «Ce qui commence mal finit mal.» Euripide

   Durant les derniers mois, nous avons observé avec consternation le gâchis qu’est devenu la triste saga des Jeux de la Francophonie. Il faut comprendre la déception des artistes et des athlètes qui voyaient les Jeux comme une vitrine pour leur créativité ou un tremplin pour leurs talents athlétiques.

Les libéraux ont bâclé complètement ce dossier et ont tenté de mettre toute la responsabilité sur le dos de Higgs. Pourtant, ils ont eu presque deux ans, avec le comité organisateur, pour s’entendre avec le fédéral sur un budget acceptable et des Jeux à la mesure du Nouveau-Brunswick.

D’après l’ancien président du Conseil du trésor, Roger Melanson, le gouvernement libéral a rejeté un budget proposé de 45 millions $ en février 2018. Ce budget a pourtant gonflé à 130 millions $ avant les élections de l’automne sans que personne n’en glisse un mot.

Bien sûr, Higgs a lui-même, habilement d’ailleurs, fait de la gymnastique politique lorsqu’il a hérité de la patate chaude. Sans réellement chercher de compromis raisonnable et appuyé par Kris Austin, il s’est présenté comme le prudent administrateur des fonds publics. C’était pourtant évident que l’incompétence du gouvernement Gallant dans ce dossier faisait bien son affaire.

Il semble maintenant peu probable que les plus petites provinces puissent prendre en charge les coûts importants qui accompagnent les événements sportifs de cette envergure que si le gouvernement fédéral absorbe la majorité des coûts. La formule 50/50 ne tient que si on est prêt à accepter que, dorénavant, ces genres d’événements n’auront lieu que dans les plus grandes villes du Canada.

Pour éviter le pire, on aurait pu chercher une alliance des provinces maritimes et présenter une proposition des Jeux de la Francophonie de l’Acadie. On aurait pu trouver une formule modifiée en mettant davantage l’accent sur les arts et la culture. On aurait pu organiser des Jeux uniques et abordables. On aurait pu. Mais à la fin, il ne restait plus de bonne volonté entre la province et le fédéral et le match était perdu.

Bernard Richard

EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Monsieur Brian Gallant doit-il démissionner comme chef du parti libéral?

            L’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, monsieur Brian Gallant, a finalement reconnu qu’il n’occupait plus ce poste le jour même pendant lequel le discours du Trône de son parti a été refusé par les membres de l’Assemblée législative.

Depuis lors, certaines personnes se demandent s’il va continuer comme chef ou offrir sa démission. La tradition de sa formation politique semble indiquer qu’il devrait lâcher prise, mais au niveau national, il nous semble que monsieur Trudeau soit revenu au pouvoir après une défaite. La même aventure pourrait sans doute arriver ici au Nouveau-Brunswick!

D’après plusieurs, en raison de l’incertitude d’un gouvernement minoritaire progressiste-conservateur qui peut lui aussi être battu sur un vote de non-confiance, il serait nettement prématuré de démissionner et de céder la direction à un autre membre du parti ou de s’aventurer dans une course.

D’ailleurs, contrairement à la mentalité du président actuel des États-Unis, qui blâme constamment les autres pour camoufler ses propres erreurs, monsieur Gallant a officiellement reconnu les siennes ce qui lui donne une grande dignité personnelle et professionnelle. Après tout, son bilan de réalisations pendant les quatre ans contient plusieurs éléments positifs.

Quand il a pris le pouvoir en 2014, n’avait-il pas déclaré qu’il ferait la politique autrement que les autres. C’est cela qu’il a fait et le malheur l’a attrapé.  De nos jours, pour gouverner habilement et pour longtemps, cela nécessite d’être plus à l’écoute de la population, de ses députés et de ses conseillers.

Donc, pour l’instant, que le Parti libéral et monsieur Gallant soient aux aguets, attentifs et patients. Que l’on mette un frein à la recherche d’un nouveau leader car monsieur Gallant a sans doute beaucoup appris durant ses six ans comme personnalité politique et il pourrait tout autant en apprendre encore comme chef de l’opposition officielle et ainsi devenir à nouveau un meilleur premier ministre dès que monsieur Higgs connaîtra une expérience semblable.

Alcide F. LeBlanc

Editorial

Jeannita Thériault

Pour ne pas oublier de dire merci

            Dimanche prochain sera le jour de l’Armistice alias le jour du Souvenir. C’est un jour consacré annuellement pour ne pas oublier nos anciens combattants, ceux qui sont morts durant la guerre et ceux qui sont revenus apportant avec eux les séquelles de combats violents contre des ennemis inconnus.

Nous avons presque l’obligation de porter fièrement le coquelicot rouge – presque la couleur du sang – de nos chers anciens combattants qui sont partis, encore très jeunes, sur le continent européen pour participer aux efforts de paix.

Ici au Canada, nous avons le bonheur de vivre dans un climat de paix, et ce, grâce aux sacrifices de nos soldats, morts ou vivants, qui sont trop souvent oubliés.

Le jour de l’Armistice est l’occasion spéciale pour ne pas les oublier en participant aux diverses cérémonies qui sont organisées ici et dans le monde entier.

Ce ne devrait pas être uniquement une journée pour les politiciens et leurs discours!  Ce jour appartient aux familles des soldats morts et aux familles des soldats vivants.  Un jour qui est consacré pour rendre hommage au courage de nos soldats et leur dire «merci» d’avoir défendu, pour nous tous, le droit à une paix durable.

C’est impressionnant et touchant de voir quelques anciens combattants vendre des coquelicots à l’entrée des épiceries et des supermarchés et même de nous les épingler, le sourire aux lèvres.

Le 6 juin 2019 marquera le 75e anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie, auquel ont pris part plus de 18,000 soldats canadiens.  Ils ont débarqué sur la plage Juno de Saint-Aubin-sur-Mer et Courseulles-sur-Mer. Plusieurs centaines d’Acadiens y ont participé principalement avec le régiment North Shore et d’autres avec le Régiment de la Chaudière et les North Nova Scotia Highlanders.

Une bonne destination pour nous, Canadiens et Canadiennes, de se rendre sur le sol français en juin 2019?

Dimanche prochain, portons fièrement notre coquelicot et rendons-nous aux cérémonies organisées dans nos communautés réciproques pour dire «merci» à nos anciens combattants et leur démontrer que nous n’oublions pas leurs sacrifices, leur courage et leurs jeunesse vécue sur les champs de bataille pour nous assurer une paix durable.

Jeannita Thériault