Tradition bizarre et dangereuse

Alcide F. LeBlanc

Alcide F. LeBlanc

Certaines familles américaines ont établi une bizarre et dangereuse tradition quand il s’agit de faire des cadeaux lors des anniversaires de leurs enfants. En toute confiance ou par insouciance injustifiée, elles leur offrent un fusil comme objet ludique et divertissant.

Or, la semaine dernière, aux États-Unis, une famille – ayant deux enfants, dont le fils âgé de 5 ans et la fille âgée de 2 ans – a donné au bambin une arme meurtrière qui s’en est servi pour tuer sa petite et unique sœur.

Un tel malheur a donc créé quatre victimes principales, dont la petite fille qui a perdu innocemment le droit de vivre, le garçon qui aura un cauchemar ineffaçable durant toute sa vie, les deux parents qui auront sur leur conscience cette terrible tragédie et qui affectera négativement toute la parenté et l’ensemble des citoyens de ce pays sauf la NRA.

En fin de semaine dernière, à Houston, dans l’État de Texas, pas moins de 70 000 membres de la toute puissante National Rifle Association se réunissaient en grande pompe pour ses assises annuelles. C’était alors l’euphorie la plus totale, car cette Association a empêché que soient adoptées des mesures législatives restrictives que voulait le président Obama.

À cette réunion, on rappelait avec fierté le

deuxième amendement de la Constitution adopté en 1791 qui permet de posséder et porter une arme. On disait même qu’il y avait deux valeurs égales à ne pas enlever aux Américains : la Bible et le droit garanti par ce

deuxième amendement. La Bible a donc perdu de sa valeur aux USA!

Vraiment, les opposants farouches aux restrictions que souhaitaient faire adopter le président et les démocrates, alors que 70 pour cent de la population américaine appuient ces mesures, nous donnent nettement l’impression que les législateurs républicains, tant du côté de la Chambre des représentants que du Séant, ont perdu la tête et sont complices avec la NRA, les meurtriers et les bandits crapuleux et sans conscience.

Oublient-ils qu’il y a des dizaines et des dizaines de personnes qui meurent chaque jour à cause de ce maudit amendement? Aux prochaines élections, il ne faudra pas s’attendre que les républicains subissent la pire raclée électorale de leur histoire. C’est à souhaiter!

 

Alcide F. LeBlanc

 

EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Alcide F. LeBlanc

Les marathons ne seront plus jamais les mêmes

Pendant toute la semaine dernière, la population de Boston et des environs comme celle de l’ensemble des États-Unis et du monde entier était confrontée à un profond mystère et plongée dans une stupéfaction totale. D’ailleurs, ce mystère n’est pas sur la veille d’être élucidé.

Pourquoi deux frères, d’origine tchétchène, Djokhar et Tamerlan Tsarnaev, respectivement âgés de 19 et 26 ans, vivant et étudiant dans la région de

Boston, sont soupçonnés d’avoir créé autant de malheurs, d’angoisse et de souffrances à des êtres innocents, coureurs et partisans, qui profitaient d’un des plus anciens marathons modernes?

Au moins trois individus ont été tués dont l’un n’avait que 8 ans après que sont survenues deux explosions consécutives à la ligne d’arrivée de la course. Près de 200 autres personnes ont été gravement blessées et sont traitées à l’hôpital.

Selon les commentaires dévoilés jusqu’ici, on prétend que Tamerlan, tué par les policiers une fois la chasse à l’homme commencée, n’avait aucun ami dans son entourage alors que Djokhar en avait plusieurs. Ce dernier a été arrêté en fin de semaine dernière et est présentement à l’hôpital suite apparemment à une tentative de suicide.

Anzor Tsarnaev, le père de ces deux jeunes

hommes, a déclaré aux médias que ses deux fils étaient de fervents musulmans et qu’ils avaient été piégés par les Américains. En d’autres mots, ses enfants sont des victimes comme les autres qui sont morts ou blessés.

Toutefois, l’oncle avoue que ses neveux avaient noirci le prestige de la famille. Depuis lors, il s’est racheté en ajoutant qu’il défendrait et appuierait le survivant qui végète entre la vie et la mort. La police veut l’interroger, mais elle a peu d’espoir.

Cet événement tragique à Boston nous affecte tous. Plusieurs des nôtres y vivent et y travaillent.

Sachons au moins un fait. La terreur et la violence ne recherchent qu’un objectif suprême : le pouvoir sur les autres, la plus attirante de toutes les drogues. Par ces moyens, ces deux hommes ont mobilisé des centaines de policiers, ont même obligé la fermeture des magasins et des résidences, ont mis une fin à la circulation des véhicules et créé une psychose générale.

Alcide F. LeBlanc

 

EDITORIAL

Jeannita Thériault

Jeannita Thériault

Justin Trudeau chef du PLC

C’est sans surprise que Justin Trudeau a été élu chef du Parti libéral du Canada en fin de semaine dernière. Sa victoire était attendue partout à travers le Canada – et surtout ici en Atlantique.

Parmi les quelque 127 000 militants et sympathisants qui s’étaient inscrits pour le scrutin, 104 000 personnes auront finalement voté, soit 82 %. Résultats très encourageants!

Au cours de cette longue course à la chefferie libérale, la jeunesse de Justin Trudeau a parfois été mise en cause (il n’a que 41 ans) ainsi que son manque d’expérience politique, bien qu’il soit député libéral de la circonscription de Papineau à la Chambre des communes depuis 2008.

Le mandat du jeune chef ne sera pas facile puisqu’il aura comme tâche de reconstruire le parti qui est actuellement le troisième parti à Ottawa. Lors des dernières élections générales, tenues en 2011, les libéraux fédéraux ont seulement fait élire 34 députés, avec seulement 18,9% des suffrages. Piètre performance! Il devra aussi regagner le cœur des électeurs et des électrices canadiens, et tenter de prouver qu’il a ce qu’il faut pour devenir, éventuellement, Premier ministre du Canada.

Son image en est une d’espoir, d’énergie et de bon père de famille. Il est le fils aîné de Pierre-Elliott Trudeau, ancien premier ministre du Canada. Il a grandi dans une famille politique libérale. Très jeune, il a été imprégné par les valeurs libérales de son père. Il a aussi été témoin des lourds sacrifices exigés par la vie politique, donc, il a certainement une idée de ce qui l’attend et des attentes des électeurs et électrices canadiens à son endroit.

Justin Trudeau était perçu comme étant le sauveur «tant attendu» par les militants du Parti libéral, un parti qui devra prendre les bonnes décisions afin d’intéresser davantage l’électorat canadien, non seulement les jeunes, mais les moins jeunes et les retraités. Il devra être assez avant-gardiste pour inclure les intérêts de toutes les générations de Canadiens à l’intérieur de sa plate-forme électorale en vue de la tenue des prochaines élections fédérales dans deux ans.

Mais avant, il devra se mesurer au premier ministre Harper (PC) et à Thomas Mulcair (NPD) et prouver qu’il a les capacités essentielles pour les affronter à la Chambre des communes. Pour ce faire, il devra non seulement s’entourer d’une jeune équipe de députés libéraux, mais également de députés d’expérience à travers le pays qui seront capables de l’aviser en temps et lieu et sur lesquels il pourra se fier. Certes, un grand défi pour Justin Trudeau, mais un défi réalisable – selon les sondages!

Jeannita Thériault

 

EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Alcide F. LeBlanc

L’angoisse s’installe chez les personnes

à la retraite

À travers la province du Nouveau-Brunswick, depuis quelques semaines, la Coalition Pension NB tient des réunions publiques fort animées avec l’objectif d’éclairer les personnes à la retraite. Cela inclut le personnel enseignant, les fonctionnaires provinciaux et autres catégories d’employés du secteur public.

À l’heure d’écrire ces lignes, au moins 1500 personnes ont participé à ces rendez-vous. Le nombre s’accroît constamment. D’ailleurs, on prévoit une sixième rencontre vendredi de cette semaine, soit le 12 avril à 10h45, au Collège communautaire de Dieppe.

L’intention du gouvernement Alward n’est pas tout à fait transparente. Malgré cela, les dirigeants de la Coalition pensent que le gouvernement vise à se départir de son contrat social en confiant au secteur privé la gestion du fonds de retraite.

Les risques sont donc énormes. Depuis 1995 ou 1996, le gouvernement tient compte de l’augmentation du coût de la vie et ajuste en conséquence les prestations de retraite. Si le fonds est transféré, il se peut que cette garantie soit éliminée. Qui plus est, les autorités provinciales parlent de risques partagés. Or, le risque est complètement du côté des personnes à la retraite et non du gouvernement qui s’en lave royalement les mains. À l’avenir, les prestations seront établies en fonction des revenus gérés par le fonds de retraite. Un autre élément crée encore plus d’angoisse. Il semblerait qu’au décès d’une personne bénéficiant du régime de retraite, le conjoint ou la conjointe n’aurait pas accès à la moitié du revenu mensuel comme c’est le cas actuellement. La pauvreté se créerait donc chez le survivant ou la survivante. Si le fonds de retraite est administré en dehors du régime public, on peut déjà prévoir que les dirigeants se voteront des salaires astronomiques avec des primes de performance comme le font actuellement les dirigeants bancaires. Les personnes à la retraite auront les miettes.

Il faut dire non à cette manœuvre malsaine et sournoise, car les employés publics à la retraite méritent d’être traités avec justice et selon les termes de l’entente contractuelle. Si le gouvernement n’écoute pas, les électeurs le mettront à la porte. Qu’on se souvienne du triste sort du gouvernement Graham. Le peuple est toujours fort et souverain.

Alcide F. LeBlanc

EDITORIAL

Jeannita Thériault

Jeannita Thériault

Le magasin Sears à Dieppe en anglais seulement?

Vous êtes allés vous chercher un catalogue chez Sears à la place Champlain dernièrement?

On vous a dit qu’il n’y en avait plus en français? Non, puisqu’ils n’en ont jamais eu.

Je me suis rendue chez Sears récemment en demandant un catalogue en français. «They’re all gone!», me dit sans gêne la préposée au bureau des comptes. Je lui dis : «Then, you had some French catalogues?» Elle me fait signe que oui, tout en s’affairant à servir la prochaine cliente.

Je continue à lui dire que si les catalogues en français sont tous partis, c’est signe que les gens en demandent. En face de l’indifférence de la préposée en question, je lui dis que j’aimerais déposer une plainte au siège social.  Elle m’indique de la main le téléphone accroché sur le mur où je peux déposer ma plainte. Je m’apprête aussitôt à le faire. Un monsieur de Montréal me répond gentiment. Je lui fais part de ma déception qu’il n’y ait pas de catalogues en français chez Sears à Dieppe. «Monsieur, je ne vous appelle pas de Toronto, mais de chez Sears à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, où bon nombre de francophones magasinent».

C’est alors qu’il me dit qu’ils n’ont pas envoyé de catalogues en français chez Sears à Dieppe.  «Pas du tout?»  «Non, madame, mais à l’automne nous allons en envoyer en français également et j’en prends note immédiatement». Un flash, la préposée venait de me dire qu’ils en avaient reçu en français et qu’ils étaient tous partis… La menteuse, me dis-je! J’étais toujours en ligne avec le bureau de Montréal. Le monsieur m’a demandé mon nom, le numéro de mon compte chez Sears et mon adresse postale. «Madame, je vais vous poster le catalogue du printemps et celui de l’été en français à votre adresse postale à Moncton (que j’ai reçus d’ailleurs deux jours après mon appel) et je vais m’assurer que Sears à Dieppe reçoive des catalogues d’automne-hiver en français dorénavant».

Je vous raconte tout ceci, aujourd’hui, pour vous et pour nous sensibiliser davantage au fait que l’on doit toujours militer pour nos droits et acquis en français, même chez Sears-Canada à Dieppe, et ce, dans une ville à majorité francophone.

Pourtant, la SANB publie une annonce périodiquement dans le quotidien l’Acadie Nouvelle nous demandant d’obliger les commerçants à nous servir dans notre langue.  «Je demande le service dans ma langue!» Et bien, c’est le temps de le faire chez Sears-Canada à Dieppe et d’exiger des catalogues en français.

Jeannita Thériault

EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Alcide F. LeBlanc

Une semaine de fierté française, est-ce suffisant?

Entre le 18 et le 23 mars dernier, au Nouveau-Brunswick, pour la 24e année consécutive, dans nos écoles surtout, les élèves, le personnel scolaire et les membres de la communauté ont célébré notre langue et notre culture.

Cela s’explique assez facilement car ces deux éléments, langue et culture, sont  inséparables et font partie de notre héritage historique et de notre patrimoine collectif tout en contribuant également à notre identité spécifique.

Quand une langue comme la nôtre est officielle au Nouveau-Brunswick et au Canada avec trente-deux autres pays; quand elle se classe parmi les dix langues les plus parlées; quand elle est parlée par plus de deux cent cinquante millions d’habitants; quand d’autres peuples, en dehors de la francophonie, l’étudient avec passion et acharnement ou encore quand un tiers des pays de notre planète la vénèrent et la respectent, cela ne devrait-il pas nous inciter à l’apprécier davantage? Nous sommes une grande et belle famille!

Protégée par l’Académie française, cette institution qu’a fondée le cardinal Richelieu en France au 17e siècle, notre langue, malgré tout, est constamment menacée et peu respectée par nous-mêmes et par nos compatriotes anglophones. Pour nous en convaincre,

comparons le nombre de panneaux publicitaires francophones avec ceux de langue anglaise le long des routes ou des rues, dans les magasins ou même dans l’aréna de Cap-Pelé! L’anglais domine!

N’oublions pas que le Nouveau-Brunswick, le Québec, le Canada sont membres de la franco-phonie internationale laquelle compte plus de 60 pays. N’oublions pas qu’au 19e siècle, la langue française était la langue universelle en Europe. Rappelons, enfin, que notre langue, belle, riche, noble, a permis à la France d’être le pays qui a remporté le plus grand nombre de Prix Nobel en littérature.

Posons-nous une simple question. Une semaine de fierté française suffit-elle? Pourquoi ne pas manifester fièrement notre langue chaque jour de l’année?

Alcide F. LeBlanc

EDITORIAL

Jeannita Thériault

Jeannita Thériault

Viva Papa François!

La semaine dernière, tous les yeux étaient braqués sur la télévision…et sur la fumée blanche… qui annonçait qu’un nouveau pape était choisi.

C’est alors que les différents médias se sont empressés de parler du cardinal Jorgo Mario Bergoglio (Jésuite), 76 ans, d’origine italienne, évêque de Buenos Aires (Argentine) qui était nommé pour remplacer le pape Benoit XV1.

Une grande surprise pour plusieurs puisque le nom du cardinal Bergoglio  n’était pas mentionné par les observateurs lors d’entrevues avant la décision des cardinaux le 13 mars dernier.

Qui est le cardinal Jorgo Mario Bergoglio surnommé l’homme au profil bas? Il est né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, dans une famille modeste. Son père, d’origine italienne, était employé du chemin de fer. Ce n’est qu’à 22 ans que le jeune Jorge intègre la Compagnie de Jésus où il obtient une licence en philosophie. Après un détour par l’enseignement privé où il poursuit des études en théologie, il est ordonné prêtre le 13 décembre 1969. Il est nommé cardinal le 21 février 2001.

Connu en tant que fervent défenseur des pauvres, il n’a pas hésité à œuvrer dans les bidonvilles argentins estimant que «la pauvreté est une violation des droits de la personne». Également connu pour son humilité, il est aussi connu pour ses relations tendues avec la présidente argentine, Christina Kirchener, puisqu’il faisait partie de «ceux qui ne se sont pas particulièrement intéressés à s’asseoir avec les puissants», affirme un journal argentin La Nacion (la Nation).

Depuis son ascension à la papauté, en tant que pape François «en l’honneur de François d’Assise qui, au XIIIe siècle, avait voulu reconstruire l’Église avec les pierres

vivantes que sont les pauvres», on parle de son opposition aux mariages gais, à l’homosexualité. Pourtant, en 2001, Jorgo Mario Bergoglio avait surpris le personnel de l’hôpital Muniz à Buenos Aires en lavant les pieds de douze patients atteints du sida et en les embrassant, expliquant aux journalistes présents que «la société oublie les malades et les pauvres».

En France, le journal Figaro parlait ainsi du nouveau pape la semaine dernière et je cite «… saura-t-il emmener son Église et ses fidèles vers une plus grande ouverture aux femmes, aux sexualités différentes ou, comme ses prédécesseurs, restera-t-il un rigide gardien du dogme?»

Le défi du pape François est énorme, c’est-à-dire, tenter d’affronter les enjeux de l’Église catholique, à l’heure actuelle, avec avant-gardisme et réalisme, et ce, à travers le monde. On parle de ses qualités d’homme simple et de sa faci-lité à communiquer avec les gens qui l’entourent.  Ses qualités devraient lui permettre de consulter davantage les évêques du monde entier, ce qui, selon certains, aurait manqué auparavant dans l’administration et l’orientation de l’Église universelle.

Jeannita Thériault

 

EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Alcide F. LeBlanc

Faut-il abolir le Sénat canadien?

Depuis les récents scandales commis par quelques sénateurs peu scrupuleux, le Nouveau Parti démocratique, par la voix de son chef, réclame haut et fort l’abolition totale de la Chambre haute. D’autres, au pays, souhaitent plutôt que les sénateurs soient élus, comme si cela règlerait cette épineuse question. Au Canada, quand 40 pour cent des électeurs se rendent aux urnes, c’est presque un miracle!

D’une part, et cela grâce à la Constitution canadienne, les provinces maritimes ont un énorme poids politique en dépit de leur faible population. Elles comptent 24 sénateurs tout comme le Québec, l’Ontario et l’Ouest.

D’autre part, Terre-Neuve est représentée par six sénateurs, ce qui fait que notre pouvoir en Atlantique est très puissant avec près de 30 pour cent de représentativité au Sénat.

Chacun des trois territoires, notamment le Nunavut, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest, n’a qu’un siège. Quand la Chambre haute est au complet, il y a donc 105 personnes qui ont le souci de protéger notre pays des abus des élus pressés et peu soucieux des valeurs canadiennes.

Peut-être que l’un des reproches que fait la population actuelle, c’est en partie l’abus des nominations qui sont souvent perçues comme des récompenses et des faveurs politiques. D’ailleurs, dans l’histoire de notre pays, il n’y a jamais eu autant de nominations sénatoriales alors que cette fonction relève strictement du Gouverneur général du Canada qui s’inspire des recommandations du Premier ministre.

Le maintien de l’institution du Sénat non élu ayant comme rôle essentiel d’être la conscience nationale doit demeurer tel quel. Cette institution a l’obligation morale de protéger les intérêts de tous les citoyens et surtout ceux des minorités, peu importe leur allégeance politique, leur langue, leur culture, leur couleur ou leur religion.

Quand un premier ministre agit en dictateur comme c’est malheureusement le cas présentement; quand il bouscule, force l’adoption d’énormes projets de loi alors qu’agissent comme des girouettes et des pions les ministres et les députés de son parti, le Sénat doit être vigilant, compétent et consciencieux, mettre de côté toute partisanerie, et penser et voter en fonction de l’intérêt supérieur du Canada.

Alcide F. LeBlanc

Editorial

Jeannita Thériault

Jeannita Thériault

8  mars : Journée internationale de la femme

Chaque année, les femmes d’à travers le monde se rassemblent pour souligner, d’une façon spéciale, la journée de la femme.

La journée de la femme trouve ses origines dans les mouvements révolutionnaires socialistes européens du début du 20e siècle. Les insurgés (rebelles) de l’époque, c’était elles, des femmes ordinaires, des ouvrières, des mères de famille et des femmes de soldats qui voyaient leurs droits, mais aussi leurs valeurs ignorés. Aujourd’hui, en 2013, cette lutte n’est pas terminée.

Ceci ne veut pas dire que nous n’avons pas d’hommes qui sont complices de la promotion des femmes. Au contraire, certains comprennent très bien l’enjeu que les femmes ont à affronter, soit à la maison ou au travail. Notre jeune génération d’hommes est de l’époque où l’émancipation des femmes et des hommes se fait conjointement. Malheureusement, certains

hommes plus âgés tiennent au statu quo où ils veulent maintenir leur pouvoir et leur priorité par rapport à l’égalité entre les hommes et les femmes.

«Appeler les femmes le sexe faible est une diffamation. C’est l’injustice de l’homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes», affirmait le grand Gandhi.

L’égalité entre les hommes et les femmes, il faut bien l’avouer, n’est pas encore chose faite. La Journée internationale de la femme est là pour nous le rappeler.

La violence faite aux femmes se réfère à la violence physique et verbale envers une femme de la part d’un conjoint, d’un partenaire ou d’un ami, actuel ou ancien, et d’un patron. Les femmes sont souvent les victimes de cette violence et les hommes en sont plus souvent les auteurs. Sur le marché du travail, la femme est encore victime d’humiliation et de manque de reconnaissance quant à son rendement.

Nous devons rendre hommage à Corinne Gallant, une pionnière du féminisme en Acadie, dont la biographie a récemment été lancée par Simone LeBlanc-Rainville. Voilà un livre que toutes les femmes (et les hommes) devraient se faire un devoir de lire. Ce bouquin explique, en partie, les efforts et les luttes menées par plusieurs féministes avant-gardistes afin d’obtenir certains droits. On apprend que même à l’Université de Moncton, institution du haut savoir, il existait une discrimination salariale entre le personnel enseignant. Selon le rapport Cormier-Préfontaine, «Dans plusieurs cas, l’écart entre le salaire d’une professeure et celui d’un professeur à statut comparable… se chiffrait à plusieurs milliers de dollars durant le milieu des années 70».

Le 8 mars est un rappel que les femmes doivent continuer à lutter (ensemble) pour l’obtention de leurs droits et sensibiliser certains hommes politiques à l’égard des femmes et de leur émancipation justifiée.

Jeannita Thériault

Editorial

Alcide F. LeBlanc

Alcide F. LeBlanc

Décision insensée de Harper

Lors de la dernière campagne électorale, en 2011, notre premier ministre canadien s’était engagé, s’il était réélu, à créer un Bureau de la liberté religieuse. Depuis le 19 février dernier, cette promesse est devenue réalité.

À la tête de cet organisme dont le mandat est de voir au respect de la liberté religieuse, non seulement au Canada, mais aussi au niveau international, est Andrew Bennett, un universitaire catholique qui détient plusieurs degrés en histoire, en science politique et bientôt en théologie. Cet homme est maintenant l’un des ambassadeurs canadiens.

Vraiment, la création d’une telle institution est étrange alors que l’État doit se tenir en dehors de l’Église comme cette dernière doit en faire autant par rapport à l’État. M. Harper agit-il comme Constantin? Par ce geste, faut-il penser que notre

premier ministre ait une ambition papale? Le «timing» est très stratégique! La droite religieuse l’appuiera comme ce fut le cas durant chaque élection depuis qu’il est le chef des conservateurs.

Il est vrai qu’à travers la planète, et cela depuis des siècles, il existe malheureusement un manque de respect envers la liberté de religion. Par exemple, un peu partout sur le globe, les fanatiques de certaines religions dominantes bafouent, tuent, martyrisent, emprisonnent quiconque n’adhère pas à leur foi, pratiquant ainsi la discrimination religieuse.

Parlant de discrimination, pourquoi se limiter uniquement à celle- là? N’y a-t-il pas d’autres formes de discrimination, comme la discrimination  raciale, sexuelle, économique, linguistique, politique, ethnique, sociale?

Eh bien! Comment le personnel de ce Bureau agira-t-il si un croyant d’une telle ou telle religion soutient que sa religion lui permet de traiter sa conjointe comme un objet sexuel, comme un être infé-rieur? Qu’il a le droit de la lapider si elle commet l’adultère? Ou même de tuer quiconque n’adhérant pas à ses croyances religieuses? Harper s’est créé un piège et va amèrement regretter sa décision insensée.

Alcide F. LeBlanc