Malgré tout, joyeuses fêtes de l’Acadie

 

Alcide F. LeBlanc

Les quatre meurtres sordides survenus le 10 août dernier dans la capitale provinciale causeront évidemment un impact négatif sur les célébrations des Acadiennes et des Acadiens. Cela se comprend. La perte brutale de deux de nos policiers dont une femme et un homme, comme les deux personnes civiles, nous convainc que notre société est gravement malade et violente.

Sans doute, ce triste événement nous rappelle les deux meurtres qu’a connu Moncton le 13 décembre 1973 alors que les policiers Aurèle Bourgeois et Michael O’Leary furent également et sauvagement abattus dans l’exercice de leurs fonctions. Et que dire de la récente et terrifiante tuerie des trois policiers à Moncton le 4 juin 2014?

Mais qu’a pu déclencher cette dernière fusillade à Fredericton? Est-ce la jalousie familiale? La vengeance? La tendance à croire que la violence peut résoudre les problèmes de notre société?

Au début de cette tragédie, tout probablement pour ne pas nuire au processus d’enquête, on dirait que les autorités policières et municipales s’étaient manifestées assez discrètes. Par contre, elles nous ont révélé les noms et les âges des deux victimes policières : Robb Costello, 20 ans de services et père de quatre enfants et Sarah Burns, deux ans de services et mère de trois enfants. Quant aux deux autres victimes, la situation était beaucoup moins claire. Enfin, on nous a annoncé les noms des deux civils: Donnie Robichaud, père de trois enfants, et sa conjointe, Dobbie Lee Wright, 32 ans. Tout pour dire que 10 jeunes sont devenus orphelins en raison de ce drame.

Autant qu’on le sache, la ville de Fredericton qui compte une population dépassant légèrement les 65 000 habitants n’a jamais connu dans son histoire ce genre de crimes. Malgré cela, les médias internationaux en parlent abondamment depuis le 10 de ce mois!

Quand on ne respectera pas davantage la vie humaine comme celle aussi du personnel policier dont le rôle est de nous protéger 24 heures sur 24, notre société se dirige graduellement et sûrement vers la décadence sociale et chaotique. Depuis ces dernières années, ne remarque-t-on pas ce phénomène à travers notre fragile planète?

Alcide F. LeBlanc

EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

La pauvreté est omniprésente au Nouveau-Brunswick

            Tout récemment, la combattante et courageuse sœur Auréa Cormier nous brossait un assez triste tableau de la pauvreté dans notre coin de pays. En lisant sa réflexion, intitulée «Lettre à ceux qui méprisent les pauvres», elle a profondément conscientisé les lecteurs et les lectrices du Moniteur Acadien et des journaux du Nouveau-Brunswick.  Par ce texte bien documenté et bien réfléchi, elle nous révèle que près de 37 000 néo-brunswickois dépendent de l’aide sociale pour se nourrir, se loger, s’habiller et rencontrer les autres besoins de la vie. Grâce à sa recherche basée sur une étude auprès de 16 personnes bénéficiant de l’aide sociale, on a pu se rendre compte, en noir et blanc, de la vraie misère que vivent certains de nos citoyens et de nos citoyennes.

Selon elle, il est urgent d’améliorer le programme gouvernemental en y investissant plus de fonds publics de sorte à favoriser de meilleures conditions de vie chez ces personnes. Elle nous rappelle que leur pauvreté est souvent causée par la maladie physique, mentale ou sociale et ne relève aucunement de leur volonté ou de leur faute.

Sans doute, en raison de nombreux préjugés négatifs d’un certain nombre de nos citoyens envers les assistés sociaux, les autorités gouvernementales hésitent à investir davantage et en quelque sorte se justifient à ne pas agir.

Pour supplier à l’insuffisance, il est heureux, malgré tout, que ces pauvres puissent compter sur la bonté, le bénévolat et la générosité des gens et des magasins. Par contre, sans doute, en venant se nourrir dans les comptoirs alimentaires, ou encore ailleurs, ces gens doivent se sentir humiliés, indignés, voire critiqués. Leur dignité personnelle doit en prendre un coup dur.

Quand on voit dans les journaux les salaires versés à certains dirigeants bancaires, à des chefs d’entreprises ou à des athlètes professionnels, qui se font payer par millions de dollars à chaque année, comment font-ils pour dormir devant cette misère humaine? Si vous connaissez le secret, n’hésitez pas à le révéler à cet hebdo.

Ajoutons à cela un dernier fait. Au Canada, les 87 familles les plus riches possèdent 259 milliards de dollars, soit en moyenne trois milliards par famille. Avec ses 7, 7 milliards $, notre famille Irving se classe en 7e rang. Trop de richesses entre les mains de certains expliquerait-elle en partie la pauvreté chez les autres?

Alcide F. LeBlanc

EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Madame Corinne Gallant n’est plus, mais son œuvre se continuera

           Samedi dernier, le 28 juillet, lors d’une cérémonie tenue en la chapelle de la Maison funéraire à Dieppe, qui visait principalement à célébrer la vie et l’illustre carrière de madame Corinne Gallant, de longs et merveilleux éloges furent présentés avec cœur et écoutés avec grand intérêt.

D’abord, chaque présentation nous rappelait le côté humain de cette grande dame, l’amour qu’elle entretenait avec les membres de sa famille ou avec ses nombreux ami.e.s. En plus de tout cela, l’auditoire a pu mieux comprendre et apprécier son œuvre et ses causes.

Douée d’une très brillante intelligence, femme très socialement engagée; bien avant son temps, féministe convaincue et convaincante, madame Gallant aurait pu enseigner avec aisance et compétence les sciences, les mathématiques ou la littérature. Elle a accepté de se spécialiser en philosophie qu’elle a enseignée à l’Université de Moncton. D’ailleurs, elle est l’une des premières Acadiennes à décrocher un doctorat en cette matière. Pendant plus d’un quart de siècle, elle était membre de la Congrégation des religieuses Notre-Dame du Sacré-Cœur. Comme honneurs fort mérités, elle a obtenu le Prix du Gouverneur général du Canada, l’Ordre de Moncton et le Prix des droits de la personne de notre province.

Elle avait une grande sagesse, une immense culture, une passion pour les échanges philosophiques, pour l’apprentissage et cela, non seulement pendant la pratique de sa profession, mais aussi tout au long de sa vie, de sa retraite et jusqu’aux derniers instants de son séjour terrestre.

Elle était une femme de combat et surtout un combat pour l’égalité et la dignité de la femme. Elle croyait profondément à la justice sociale, à la lutte contre la pauvreté, contre la discrimination, sans recourir évidemment, à la violence comme moyen d’atteindre cet idéal.

Il est à se demander, si durant son existence, on lui a exprimé les mêmes éloges que ceux entendus le 28 juillet!

Grâce à sa persévérance et à sa détermination, l’Acadie et tout le pays se portent beaucoup mieux. Pour continuer son travail, elle peut compter sur une relève bien formée, éclairée et motivée.

Alcide F. LeBlanc

Editorial

Alcide F. LeBlanc

Raymond Frenette, une personnalité politique digne d’être imitée

            Toutes les personnes ayant eu la chance de connaitre Raymond Frenette sont unanimes à dire qu’il représente le modèle et l’excellence de l’engagement social. Sa vie a été celle de servir. D’abord, comme conseiller municipal, ensuite comme membre de la législature provinciale, comme ministre de nombreux ministères, et même, pour une certaine période, comme premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Homme courageux, compétent et loyal; orateur distingué et éloquent, personnalité attachante et sincère, Raymond Frenette a grandement marqué l’histoire de notre province. S’il commettait une erreur politique, il la reconnaissait et la regrettait.

Les nombreux éloges dans les médias comme ceux prononcés lors des funérailles en l’église à Shédiac, nous ont offert une image vraie de sa personne.  On vient de perdre un grand homme.

En consultant la liste des trente-trois premiers ministres de notre province, on note qu’il n’y a eu que 32 personnes à occuper ce poste. Le premier Acadien, né à Richibouctou, est Pierre-Jean Vigneau. Il dirigea la province entre 1923 et 1925. Plus tard, ce monsieur Vigneau prendra le nom de Peter Veniot!

Le 2e premier ministre acadien, originaire de Saint-Antoine, fut Louis J. Robichaud. Élu cette fois par la population et non seulement par son parti, Louis J. Robichaud a régné pendant une glorieuse décennie (1960-1970). Lui n’a pas changé son nom et a transformé notre province en profondeur et à tout jamais.

Quant à monsieur Frenette, né à Beresford, il est le 3e des nôtres à être premier ministre. Il le fut en 1997 et 1998.

En plus de ces trois Acadiens à être premiers ministres, rappelons d’autres personnalités : Camille Thériault, originaire de Baie-Sainte-Anne; Bernard Lord, né à Roberval, province de Québec; Brian Gallant, né à Shédiac. En d’autres mots, sur les 33 premiers ministres, seulement six des nôtres ont occupé cette prestigieuse fonction alors que du côté anglophone, on en compte 26 étant donné que George Luther King a été à la fois le 2e et le 4e premier ministre!

Revenons à Monsieur Frenette. L’Université de Moncton a reconnu en lui un homme de grande valeur. En 1994, elle lui décernait un doctorat honorifique, alors que depuis 1998 le Pavillon médical de l’Université de Moncton porte aussi fièrement son nom.

Espérons que Beresford érigera un monument de reconnaissance en faveur de cet homme. Puisqu’on y est, comme cela a été réalisé à Saint-Antoine pour honorer Louis J. Robichaud, pourquoi les autres municipalités de la province n’en feraient pas autant avec les personnalités politiques ayant occupé cette fonction? Ainsi, Cocagne pourrait honorer Allison Dysart, le 22e premier ministre du Nouveau-Brunsick tandis que Richibouctou pourrait poser le même geste avec Pierre-Jean Vigneau ou Peter Veniot, le 18e!

Alcide F. LeBlanc

EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Le Marché de Bouctouche ou Le Ventre de Kent! 

            Comme on le sait, chaque année, la France célèbre fièrement sa fête nationale le 14 juillet. Est-ce par coïncidence si la pittoresque Ville de Bouctouche a ouvert son nouveau marché le 14 juillet?

Fondée en 1785, soit 333 ans passés, cette ville est reconnue comme l’un des plus beaux coins de l’Acadie. Sa fière population compte près de 2500 habitants et a eu le courage de rebâtir un nouveau marché remplaçant celui détruit par les flammes en 2015. Grâce à cela, cette ville est encore plus belle.

Pour réaliser ce marché, qui a l’air d’un véritable musée, il a fallu d’abord panser les plaies comme c’est toujours le cas quand un précieux édifice disparait de la communauté. Aux sceptiques, renseignez-vous auprès des gens de Sainte-Anne-de-Kent ou du Bas-Caraquet après leurs églises brulées!

Après le deuil complété, à Bouctouche, un groupe de courageux citoyens et de courageuses citoyennes s’est pris en main et a décidé de rebâtir, plus beau, plus grand. Un résultat splendide, multifonctionnel, intégré.

Ce projet s’élève à plusieurs millions de dollars. L’assurance a dû en fournir une certaine somme. La Ville de Bouctouche, une autre. Sans doute, de Fredericton et d’Ottawa, plusieurs deniers publics se sont ajoutés. Faut-il le dire ou garder silence? L’une des plus nanties et des plus généreuses familles du Nouveau-Brunswick, dont l’origine est de Bouctouche, a dû combler le manque.

En visitant le marché de Bouctouche, on peut voir des gens heureux, sourires aux lèvres, sympathiques et accueillants. En plus de tout cela, de la bonne nourriture, du bon café, des produits agricoles variés et de qualité, de même que des objets de toutes sortes.

Si le célèbre romancier parisien du 19e siècle, Émile Zola, a pu écrire un roman sur le marché de sa ville natale, en l’appelant Le Ventre de Paris, peut-être Bouctouche pourrait appeler le sien Le Ventre de Kent!

Alcide F. LeBlanc

Un honneur fort mérité

 

Quelle belle reconnaissance pour l’Acadie lorsqu’en juin dernier, on annonça que l’une des deux nouvelles écoles élémentaires de Dieppe portera dorénavant le nom École Antonine-Maillet!

Madame Maillet a d’abord été une enseignante en plus d’avoir été professeure au niveau collégial et universitaire. Sa prolifique carrière d’écrivaine s’étend sur plus de six décennies. En 1979, elle décroche le Prix Goncourt, symbole de l’excellence littéraire dans la francophonie internationale. En plus de trois doctorats mérités par les études, elle en a obtenu des dizaines et des dizaines de doctorats honorifiques.

Lors d’une récente causerie prononcée par l’historien Maurice Basque, il démontra l’importance de mettre l’accent à nommer les écoles, comme les édifices publics, d’après des personnalités qui ont marqué notre histoire. L’aéroport du grand Moncton est reconnu à juste titre comme l’Aéroport international Roméo-LeBlanc. La ville de Moncton a décidé de reconnaitre également un des illustres maires francophones de la ville en nommant la rue qui mène à la seule école secondaire francophone de cette ville, la rue Léopold-F.-Belliveau.

Il est donc tout à fait vital qu’un établissement scolaire poursuive cette tendance. Ainsi, les grands et grandes de notre Acadie ne seront pas oubliés tels Marguerite Michaud, Louis J Robichaud et bien d’autres.    Par ce simple moyen, on fait connaitre et reconnaitre aux jeunes comme aux moins jeunes des héroïnes et des héros qui peuvent leur inspirer confiance et susciter chez eux un idéal de vie et de carrière.

Tout récemment, en Ontario, dans la ville industrielle d’Oshawa, le conseil scolaire a voulu honorer deux de nos plus illustres acadiennes. Une école portera désormais le nom de l’École Viola-Léger alors que la deuxième sera appelée École Antonine-Maillet. L’Acadie rayonnera maintenant dans la francophonie canadienne!

Or, la tendance des dernières années au Nouveau-Brunswick ne poursuivait pas cet objectif.  En 2018, on a su renverser un peu cet élan.  Rendons donc hommages à toutes les personnes qui ont suggéré son nom aux autorités scolaires et ministérielles. Décidément, c’est un choix incontestable, judicieux et honorablement mérité.

Alcide F. LeBlanc

Editorial

Alcide F. LeBlanc

Elle n’est pas la seule à être profondément troublée

            Kim MacPherson occupe depuis 2010 le prestigieux poste de vérificatrice générale de notre province. Dans son tout récent rapport révélé la semaine dernière, elle s’est dite profondément troublée devant la situation des finances du Nouveau-Brunswick. À ce chapitre, elle compte sans doute plusieurs adeptes qui devraient comme elle s’alarmer.

Au rythme que se déroulent nos activités financières, elle soutient que d’ici la fin du présent exercice financier 2018-2019, notre dette gouvernementale pourrait atteindre la jolie somme de 14,5 milliards de dollars. Cela signifie donc que la dette de notre province a doublé au cours des sept dernières années.

D’un autre côté, pour bien effectuer son travail, elle voudrait qu’on lui attribue 250 000 dollars de plus par année et cela pendant quatre ans. Selon elle, son personnel ne suffit pas à vérifier tous les ministères.

Au cours des dix dernières années, la dette provinciale a presque doublé car on exige de meilleurs soins de santé, donc plus de médecins; plus de personnel dans les écoles malgré la diminution des effectifs scolaires; on veut garder ses écoles ouvertes près de chez soi, de plus belles routes, de meilleurs ponts, diminuer le nombre de pauvres, etc., etc….

Ce que l’on oublie peut-être dans toutes ces réalités, quand une province atteint un trop lourd fardeau d’endettement, la cote de crédit diminue et l’on doit payer un plus taux d’intérêt sur les emprunts.

Les élections de septembre 2018 s’approchent à grands pas et les promesses électorales vont polluer nos cerveaux. Aucun candidat n’oserait dire qu’il va augmenter les taxes ou couper dans les services publics. En agissant ainsi, ce serait un suicide politique.

Comme citoyen, que faut-il donc faire? C’est d’exiger des candidats et des élus d’être moins généreux avec l’argent des contribuables sans quoi ce sera la banqueroute financière ou encore le fardeau de la dette devra être payé par les futures générations.

Alcide F. LeBlanc

Editorial

Alcide F. LeBlanc

L’urgence d’un code du savoir-vivre?

            Malgré les quelques commentaires négatifs exprimés ici et là par certaines personnes au sujet du nouveau code vestimentaire auquel les élèves de Matthieu-Martin ont à se conformer, il faut louer l’initiative de la direction, le personnel enseignant, le conseil des élèves de même que les autres jeunes ayant été consultés.

Dans toute cette courageuse initiative, on aurait dû sans doute employer un langage plus inclusif et sollicité l’avis des parents avant de rendre officielle la directive.

Dans son essence même, l’école est plus qu’une institution d’apprentissages académiques. Tout autant, elle doit être un centre éducatif où est privilégiée la formation des valeurs humaines comme l’honnêteté, la vérité, la démocratie, la générosité, l’écoute, sans oublier évidemment la socialisation comme le respect de soi, des autres et de l’environnement.

À l’instant, revenons au code vestimentaire. Ne serait-il pas tout à fait approprié d’énoncer comme simple principe que les élèves et le personnel se présentant dans le milieu scolaire doivent s’habiller avec décence, dignité et propreté comme s’ils se rendaient à une entrevue pour un emploi?

Pour susciter une réflexion plus poussée ou une alternative au code vestimentaire, pourquoi ne pas considérer la préparation et l’adoption d’un code du savoir-vivre? Par exemple, lorsque deux personnes se donnent la main lors d’une rencontre, n’est-il pas plus approprié qu’elles se regardent directement dans les yeux au lieu de regarder d’abord les mains ou les voisins?

En prenant son repas, pourquoi ne pas mastiquer les aliments avec la bouche fermée?  La même formule est de mise avec la gomme à mâcher!

Pourquoi ne pas enseigner la différence entre le tutoiement et le vouvoiement? Dans plusieurs pays, comme en France, les élèves vouvoient les enseignants et la discipline est plus respectueuse.

Est-il normal et poli de nos jours de porter une casquette lors d’un repas à la maison ou au restaurant?

Pourquoi ne pas jeter les déchets dans les poubelles au lieu de les déposer dans la salle de classe, dans la cour de l’école ou dans la rue?

Si l’espace le permettait, plusieurs autres exemples pourraient être évoqués d’où l’urgence d’un code du savoir-vivre.

Alcide F. LeBlanc

EDITORIAL

Jeannita Thériault

L’industrie de la pêche et ses défis…

            Oui, certes, l’industrie de la pêche représente plusieurs défis autant du côté des pêcheurs que du côté des employés d’usines de transformation et du ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Dominic LeBlanc.

Les pêcheurs ont une tâche difficile car leur métier les oblige à se lever très tôt, prendre la mer, parfois houleuse parfois calme, afin de ramener à bon port leurs prises qui ne sont pas toujours très encourageantes. De plus, les quotas d’une saison de pêche sont imposés par le ministère des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, ce qui ne fait pas toujours le bonheur des pêcheurs.  Cependant, le dit ministère a la responsabilité de voir à ce que les espèces (homard et autres) soient conservées afin d’assurer leur survie.

Ce n’est pas toujours facile pour les pêcheurs de comprendre l’importance du moratoire imposé à l’endroit de certaines espèces. Ils ont l’inquiétude de pouvoir gagner assez de timbres pour avoir droit aux prestations de l’assurance-emploi une fois la saison de pêche terminée. La même inquiétude existe également chez les employés d’usines de transformation.

Une certaine mentalité saisonnière s’est imposée au fil des ans chez les pêcheurs, c’est-à-dire, pêcher durant une saison désignée et gagner assez de semaines pour avoir droit aux prestations d’assurance-emploi, et ce, jusqu’à la prochaine saison de pêche.

Selon certaines rumeurs, et je dis bien selon certaines rumeurs non fondées, ont circulé à l’effet que quelques pêcheurs ont profité de la période du «trou noir» pour s’envoler vers la Floride durant quelques jours en attendant l’ouverture de la saison de pêche.  Si les pêcheurs avaient accès à certains programmes, avec salaires, mis sur pied hors-saison, ce serait peut-être un moyen pour permettre un soulagement financier en période de chômage…

Il est difficile de prévoir l’avenir dans l’industrie de la pêche.  On pourrait dire que la «mer a ses secrets» et que parfois un moratoire imposé est nécessaire afin de réduire la surpêche de certaines espèces.

Ici, je viens à la défense de Pêches, des Océans et de la Garde côtière qui a la responsabilité politique, et je dis bien politique, d’assurer que l’industrie de la pêche soit protégée à tout prix! Bien sûr, il y aura toujours de l’opposition de la part de certains pêcheurs qui ne le voient pas ainsi car on attaque directement leur gagne-pain saisonnier.

C’est à souhaiter qu’un dialogue franc et réaliste continue à exister entre les pêcheurs et le ministère des Pêches, des Océans et de la Garde côtière, et ce, dans un climat de compréhension mutuelle quant à la survivance réaliste de l’industrie de la pêche.

Jeannita Thériault

EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Les libéraux du Nouveau-Brunswick se sentent-ils inquiets?

         Chez le Parti libéral, le dernier sondage devrait provoquer une profonde réflexion quant aux résultats possibles en septembre 2018.

En effet, depuis leur victoire obtenue en 2014, c’est la première fois que cette formation politique se fait dépasser par les conservateurs qui obtiennent 43 pour cent de la faveur, un gain de six ou de sept points en l’espace de cinq mois. Quant aux libéraux, leur popularité s’est fondue de 11 points. Le Parti vert se situe maintenant à 11 pourcent, un gain de deux points tandis que le NDP traine encore de la patte. Malgré un gain de deux points, il est à quatre points derrière les verts.

Ce qui est le plus désolant dans toute cette affaire politique, c’est le fait du grand pourcentage des indécis ou encore si oui ou non l’électorat votera au prochain scrutin. Actuellement, plus de 40 pour cent se trouvent dans cette catégorie.

Dans plusieurs pays où la dictature est maitresse de la destinée humaine, au risque de leurs vies, les gens luttent pour obtenir la démocratie. Ici, au pays, comme chez nos voisins, c’est l’indifférence totale pour ne pas dire tout simplement le mépris.

Mais comment expliquer cette dégringolade populaire chez le parti au pouvoir? Est-ce que le fait que le ministre Donald Arsenault ait dû quitter son poste alors qu’il en occupait un autre sans que l’électorat ait eu la chance d’avoir une élection partielle pour le remplacer? Présentement sous enquête pour harcèlement, est-ce l’affaire Chris Collins qui a été très mal gérée par le premier ministre? Ou est-ce encore l’annonce surprise du départ de la vie politique de Serge Rousselle?

Se peut-il que le facteur prépondérant qui a grandement diminué l’appui envers l’équipe de l’honorable Brian Gallant, c’est surtout la privation de l’extra-mural. Pour notre premier ministre, il est encore temps de faire volte-face et de remettre ce service là où il était auparavant. Du courage politique!

Alcide F. LeBlanc