EDITORIAL

Une taxe pour réchauffer les débats politiques  «La vie est simple, c’est le monde qui est compliqué.» Anonyme

Les gens du Nouveau-Brunswick se sont réveillés lundi en accueillant une nouvelle taxe sur l’essence, le gaz naturel, le propane et l’huile à chauffage. Et non, ce n’était pas un poisson d’avril! Notre province fait partie d’un groupe de quatre provinces, incluant aussi l’Ontario, la Saskatchewan et le Manitoba, qui se font imposer la taxe carbone. Il s’agit des provinces qui n’ont pas mis en place un système de prix du carbone acceptable au gouvernement fédéral.

Ces provinces jugent qu’il y a de meilleures façons de combattre les changements climatiques. Les gouvernements de ces provinces, tous conservateurs, reconnaissent que nous devons agir mais ils disent pouvoir atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) sans augmenter les taxes. C’est surtout à la méthode utilisée par Ottawa qu’ils s’opposent, se disant convaincus d’avance que la taxe fera mal au commerce et à l’emploi sans pour autant réduire les GES.

Qui croire?

   L’impact se fait sentir à la pompe au coût d’environ 4,4 cents de plus par litre. Mais le fédéral offre en même temps des remboursements lorsque les contribuables remplissent leur rapport d’impôt. Il dit que la pollution n’est pas gratuite et que la taxe fera changer les comportements des consommateurs et nous aidera à respecter les promesses faites dans l’accord de Paris.

Il faut dire que le défi n’est pas mince. Le réchauffement de la planète est une réalité dont on ne peut plus ignorer les conséquences. Les glaciers fondent, plusieurs espèces de vie animale sont en danger, l’érosion est de plus en plus visible sur nos côtes et les feux de forêts atteignent des niveaux historiques.

Mais est-ce que ça marche?

   La Colombie-Britannique a adopté une taxe carbone en 2008. Depuis, elle a réussi à diminuer son impact environnemental tout en menant le reste du pays en croissance économique. Elle a aussi un des plus bas taux de chômage au pays. Et si le fédéral admet que la taxe carbone à elle seule ne suffira pas à jouer le tour, il assure que c’est un outil essentiel pour atteindre les cibles adoptées.

On verra bien qui remportera la guerre des chiffres…et des mots. On peut être certain d’une chose : ce sera un des enjeux importants de la prochaine campagne électorale.

Bernard Richard

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