EDITORIAL

    S’exprimer pour s’épanouir  «Ma patrie, c’est la langue française.» Albert Camus

Nous sommes en plein milieu de la 30e Semaine de la fierté française. Lancée lundi à l’école L’Odyssée de Moncton, elle nous offre un moment pour réfléchir aux richesses mais aussi à la fragilité de la langue française chez nous. Le concours pour trouver le slogan de cette année, «Les fenêtres de l’Acadie s’ouvrent sur la francophonie», a été remporté par l‘école Anna-Malenfant de Dieppe.

La francophonie a des nids dans tous les coins de la planète. Plus de 500 millions de personnes parlent le français et plus de 50 pays sont membres de l’Organisation internationale de la Francophonie. Au Nouveau-Brunswick, c’est une langue officielle parlée par plus de 30% de la population. Au Canada, presque 25% de la population la réclame comme langue maternelle.

En Acadie, la langue française est aussi notre patrie. Nous existons toujours grâce à elle et, sans elle, nous n’aurions pas d’âme pour nous distinguer des autres. Nos artistes, nos poètes et nos écrivains la font vivre et respirer à chaque jour. Nos enseignantes et nos enseignants la protègent et la transmettent dans les salles de classe. Imaginez pour un instant un Congrès Mondial Acadien qui se tiendrait en anglais ou des Jeux de l’Acadie organisés dans la langue de Shakespeare.

Pourtant, les signes de sa fragilité apparaissent partout. À chaque recensement, on constate que de moins en moins de résidents du Nouveau-Brunswick parlent le français. L’assimilation est lente mais elle est incontestable. Les mariages mixtes, l’immigration à prédominance anglophone, les médias sociaux et la force culturelle de notre voisin américain ont leur rôle à jouer mais notre propre attitude de laissez-faire aussi. Après 50 ans de statut officiel, seulement 15% de nos concitoyens anglophones la parle.  Parfois, on se demande si certains de nos dirigeants n’attendent pas qu’elle meure de sa belle mort ou encore s’ils ne la préparent pas carrément par des gestes que Ricky Richard (commentateur originaire de Haute-Aboujagane mais vivant maintenant au Québec) qualifie de «rage au volant politique.»

Malgré tout, même si notre avenir est loin d’être assuré, il est mieux de rester optimiste et de se retrousser les manches. Une Semaine de la fierté française, ça sert à ça! Les élèves de toutes nos écoles célèbrent leur sentiment d’appartenance et leur attachement à une belle culture, à une riche histoire et à une langue extraordinaire. Ce n’est pas le temps de baisser les bras.

Bernard Richard

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