EDITORIAL

Caricature

Entre bien paraître et bien faire

«La vérité pure et simple est rarement pure et jamais simple.» Oscar Wilde

   Le 7 février dernier, l’ombud Charles Murray a rendu public un rapport choquant et désolant. Le rapport, Échec à Protéger, décrit le climat de peur et de silence qui existait au Centre hospitalier Restigouche (CHR) durant la période de l’enquête menée par Me. Murray et son équipe. Il décrit aussi des traitements scandaleux infligés aux patients par certains membres personnel.

Le CHR est la principale institution psychiatrique du Nouveau-Brunswick et ses problèmes ne sont pas nouveaux. En 2017, le Dr Simon Racine, un expert embauché par la Régie de santé Vitalité pour examiner l’opération du CHR, parlait de la «piètre réputation» de l’hôpital, décrivait une «situation alarmante» et une «culture asilaire, principalement orientée sur l’internement». Le Dr Racine a présenté 30 recommandations pour permettre à Vitalité d’améliorer ses services et il dit sans détour que le CHR «est à une croisée des chemins vitale pour son futur».

Un 2e rapport d’expert a été complété en même temps que celui du Dr Racine, mais il n’a jamais été rendu public.

La réponse de Vitalité a été sans équivoque. Son PDG a déclaré que le rapport de l’ombud était «déphasé» et que des améliorations avaient été apportées depuis 2017. Pourtant, des anciens employés du CHR témoignent du contraire. Aussi, un rapport interne de Vitalité contredit directement son PDG. Qui dit vrai? Vendredi dernier, après huit jours (HUIT JOURS!), le PDG de Vitalité s’est enfin excusé auprès des patients et des membres de leurs familles. S’agit-il d’un changement d’attitude ou simplement d’un changement de stratégie de communications?

Vitalité aura beaucoup à faire pour retrouver la confiance du public, en particulier des proches de malades qui s’y trouvent placés pour obtenir de l’aide et des traitements. Des améliorations ont peut-être été faites, mais on est loin d’un centre d’excellence.

Et le nouveau gouvernement a hérité d’une autre patate chaude : est-ce qu’il peut maintenant laisser ouvrir un Centre d’excellence de santé mentale pour jeunes au même endroit, un centre qui devra se buter aux mêmes difficultés de recrutement et de rétention d’expertise que le CHR. Pour le bien des patients et de la qualité des soins qu’ils et elles méritent de recevoir, il devra faire le nécessaire pour ne pas répéter les erreurs du passé. Autrement, il n’aura que lui-même à blâmer.

Bernard Richard

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